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Nazaire Hounonkpè
Nazaire Hounnonkpè est revenu sur les circonstances de l’assassinat

Le Directeur général de la Police républicaine, Nazaire Hounnonkpè, a expliqué les circonstances de l’assassinat du Libanais Michael Kheir, promoteur de la société Mobilia à son domicile ce week-end. Ceci, à travers une interview accordée aux confrères de Frisson radio. Lire l’interview.

Frisson radio : Quelles sont les circonstances de l’assassinat de Michael Kheir, Directeur général de Mobilia à la Haie-vive à Cotonou?

Nazaire Hounnonkpè : En ma qualité de Directeur général de la Police républicaine, je présente d’abord les condoléances de la Police à la famille éplorée. Je dois vous préciser qu’on ne pourra pas aller dans les détails puisque l’enquête est en cours. Mais ce qui est constant, c’est que des individus ont fait irruption au domicile de l’intéressé tard dans la nuit et la Police a été alertée aux environs de 3 heures du matin. Cela veut dire que les assaillants ont eu le temps d’opérer avant que les voisins ne fassent appel à la Police. Il faut également préciser que le gardien a été déjà assommé avant que ces hors la loi n’aient accès à la victime. Par rapport à tout ce qui se dit sur les réseaux sociaux, je voudrais souligner que la réaction de la Police a été prompte sinon les sanctions seraient déjà tombées. Si le voisinage avait eu le reflexe d’appeler le 166 qui est un numéro gratuit, la Police serait arrivée tôt. Encore que les forces de l’ordre étaient au carrefour de l’église Bon Pasteur et au niveau de la mosquée de Cadjèhoun en ce moment précis. Dire que la Police n’a pas réagi, c’est chercher une bête noire là il n’y en a pas. La Police n’a aucune excuse à ne pas aller au secours des populations promptement, parce que le gouvernement a fait des efforts pour mettre les moyens à notre disposition. L’enquête suit son cours et les individus seront rattrapés. Nous sommes déterminés à élucider ce crime.

Un quartier comme la Haie-vive, n’est-il pas normal qu’il y ait des patrouilles nocturnes ?

Bien sûr qu’il y a des patrouilles. C’est un quartier bien sécurisé. Mais, vous savez, c’est un crime qui se commet à l’intérieur d’une maison. Et personne n’appelle au secours, et contrairement à tout ce qui est publié sur les réseaux sociaux, il n’y avait pas eu usage d’armes. Le Directeur a été achevé à coup de gourdin. Une patrouille n’est pas non plus immobile. Donc, elle ne peut pas savoir ce qui se passe dans les maisons. Quand ce crime sera élucidé, vous allez comprendre que ça doit être un coup fourré. Je ne l’affirme pas mais, nous allons utiliser les indices qui sont à notre disposition afin de mettre la main sur ces vils individus.

Est-ce que Monsieur Kheir était menacé ?

La Police n’a jamais reçu une quelconque plainte ou de dénonciation de sa part. Mais, son épouse n’a jamais dit jusque-là qu’il faisait objet de menace.

Vous donnez combien de temps pour rendre publics les résultats sur l’enquête de ce crime ?

Une enquête n’est pas du maraboutage pour qu’on donne un délai. Mais de toutes les façons, nous avons l’obligation de satisfaire le droit à l’information des populations dès que le Procureur aura levé un coin de voile sur ce dossier.

Est-ce que vous envisagez de sanctionner vos éléments ?

Actuellement, par rapport à ce qui s’est passé, il n’y a eu aucune faute puisque les agents n’ont pas été alertés et qu’ils étaient sur leur position. Ils ont réagi dès que l’information leur est parvenue, mais 2 heures après le crime. J’invite chaque citoyen à enregistrer le numéro 166 dans son portable. Si vous appelez la Police et elle met assez de temps à réagir, vous aurez pleinement raison de nous accuser. Nous ne sommes pas des devins pour savoir ce qui se passe dans les maisons.

Comment éviter ce genre de crime à l’avenir ?

Chaque citoyen doit pouvoir se dire qu’il a un rôle à jouer. Il doit être un acteur prépondérant dans la lutte contre l’insécurité au Bénin. Je suis désolé de constater que la communauté de vie qui était au Bénin et en Afrique est malheureusement en train de disparaître. Nous devrons tisser des réseaux dans chaque quartier et alerter immédiatement la Police dans tous les cas où il y a d’actes d’insécurité.

Pour appeler la Police, contactez le 166 à partir de tous les réseaux Gsm.

Propos recueillis par Frisson radio