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Michel-AmoussouL’affaire  « faux médicaments » dans laquelle est impliquée le député de la 15ème circonscription électorale, Atao Hinnouho continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Dans une déclaration de presse, Michel Amoussou (photo), président de l’Union nationale des jeunes pour le progrès (Unjp), déplore l’attitude du député qui s’est mis délibérément en contradiction avec la loi au mépris des engagements républicains qu’il a pris devant le peuple.  Lire sa réaction !

« Nous commençons par en avoir assez de cette pratique politicienne qui consiste à commettre des infractions et par la suite, chercher des boucs émissaires. L’affaire «  faux médicaments » dans laquelle est impliqué le député Atao Hinnouho, suscite quelques interrogations. Des médicaments ont-ils été retrouvés au domicile du député Atao ? Oui. La vente et la détention de ces médicaments par le député est-elle légale ? Non. En référence à l’article 90 de la constitution béninoise du 11 décembre 1990 qui stipule « aucun député ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou vote émis par lui dans l’exercice de ses fonctions. Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle qu’avec l’autorisation de l’Assemblée nationale  sauf en cas de flagrant délit »,  le « sauf » a du sens ,ne l’oublions pas. Le député s’était précipité sur les lieux pour reconnaître être le propriétaire des entrepôts et des médicaments retrouvés à son domicile. Il a tout de même essayé de faire obstruction à l’enquête de police en usant de sa position de député et de son immunité parlementaire. Au-delà de l’enquête de perquisition qui établit le flagrant délit, le député a reconnu être le propriétaire des produits retrouvés. Cela ne fait donc plus l’ombre d’un doute, il y a bel et bien  flagrant délit. Comme tous les citoyens béninois, j’ai vu les autorisations de mise sur le marché brandies sur les réseaux sociaux par le député et ses avocats. Sauf que l’autorisation précisait qu’il pouvait vendre des consommables médicaux mais pas des produits pharmaceutiques. Ce que je regrette est que le sieur Atao est un législateur et a une parfaite connaissance du contenu de l’article 90 de la Constitution béninoise et des dispositions légales qui proscrivent la vente de ces produits pharmaceutiques. Il s’est donc délibérément mis en contradiction avec la loi au mépris des engagements républicains qu’il a pris devant le peuple, qui lui a donné un mandat  souverain, d’agir dans l’intérêt du peuple. Au sujet de la violence policière dont il aurait été victime au sein du tribunal, je voudrais préciser que pendant que Atao Hinnouho était dans le bureau du juge des libertés et de la détention, il y a  un mandat d’arrêt qui courrait. Et toute personne sous mandat d’arrêt, peut être contrainte par tous les moyens y compris la force. C’est l’arrestation qui conditionne  la nullité du mandat. Le mandat ne tombe pas parce qu’on a rendu visite au juge. Le parlement est l’expression de la souveraineté nationale et ne devrait pas servir de refuge pour les fossoyeurs, les criminels. Outre le député Atao Hinnouho, nous demandons la levée de l’immunité de tous les députés qui sont mêlés  de près ou de loin à des malversations afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice. »  

Michel Amoussou, Président de l’Unjp