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Coupure de rubanLe Poste de contrôle juxtaposé (Pcj) de Sèmè-Kraké est désormais opérationnel. Il a été mis en service, mardi 23 octobre 2018, par le président Patrice Talon et son homologue nigérian, Muhammadu Buhari. L’inauguration de cette infrastructure ouvre une nouvelle ère sur les relations bénino-nigérianes.

Il sonnait environ 11 heures quand les deux chefs d’Etat ont fait leur apparition sur le site abritant le Poste de contrôle juxtaposé de Sèmè-Kraké. Si le chef de l’Etat béninois est venu par voie terrestre, son homologue nigérian a, quant à lui, choisi la voie aérienne pour rallier le site en vue de la mise en service du Poste de contrôle juxtaposé de Sèmè-Kraké. Un joyau qui traduit la volonté des deux pays à faciliter les échanges et la coopération. L’infrastructure est l’une des avancées notables de la bonne coopération entre les deux pays pour la sécurité du peuple bénino-nigérian. Le président Patrice Talon, confiant que le Poste de contrôle juxtaposé (Pcj) renforcera les relations entre les deux pays, a fait observer, dans son mot de bienvenue, que Sèmè-Kraké est le patrimoine des deux peuples. Il est le symbole de leur passé commun, de leur présent interdépendant et de leur avenir éternellement inséparable. Selon lui, au-delà de la mise en exploitation du Pcj, cette rencontre témoigne la volonté des autorités du Bénin et du Nigéria d’œuvrer en convivialité pour faciliter les échanges et les fréquentations des frères et sœurs vivant de part et d’autre de ce que « nos administrations appellent frontière ». L’événement de ce jour, a poursuivi le président Talon, est une étape importante dans le processus de construction de l’espace de libre circulation au sein de la Cedeao. « Nos concitoyens et les autres voyageurs qui passent, de l’un de nos deux pays à l’autre, auront la vie un peu plus facile », a déclaré le chef de l’Etat béninois. L’ouverture de ce poste entre dans le cadre d’une coopération aisée entre les administrations policières afin d’assurer la sécurité des deux peuples. « Nos administrations douanières assureront avec plus d’efficacité leur mission », a souligné le chef de l’Etat. Il a fait observer que le rapprochement des deux administrations frontalières dans un même espace et leur connexion l’une à l’autre contribueront à l’amélioration des performances des administrations des deux pays et au confort de la circulation des personnes et de leurs biens. « Loin de ce petit pas notre ambition est de parvenir au plus vite à notre objectif : la libre circulation des personnes et des biens et l’intégration effective de nos économies, voire de nos peuples, qui sont les mêmes si ce n’est les affres de la colonisation », a déclaré le locataire de la Marina. Le président de la République a indiqué que les deux mots notamment, contrôle et juxtaposé, matérialisent bien le chemin qui leur reste à parcourir pour satisfaire l’exigence de libre circulation de leurs peuples ». Il a invité alors les deux pays à œuvrer davantage afin que ce reste de chemin soit fait sous leur gouvernance.

 Révolution du transport dans l’espace Cedeao

 Frontière moderne entre le Bénin et le Nigéria, le Pcj est construit selon les normes internationales pour répondre aux attentes des peuples de la Cedeao. Financé par la commission européenne dans le cadre du programme de facilitation des transports, son coût de réalisation est estimé à 21 milliards de dollars. L’infrastructure couvre une superficie de 17 hectares. Il est subdivisé en trois zones pour le transport. Il s’agit de la zone des véhicules commerciaux passagers, celle de la manutention des marchandises et celle des piétons. Il a pour objectif d’assurer une meilleure facilitation du commerce grâce à la combinaison des activités de dédouanement au même endroit en vue de réaliser des économies d’échelle, de simplifier les procédures douanières et d’accroitre la coopération et la coordination des contrôles. De même, le Pcj vise à encourager le partage de données et des renseignements et de renforcer la lutte contre les fraudes. Il comporte également de nombreux avantages sur les plans économique, environnemental, social et politique.

 Odi I. Aïtchédji