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Fortuné Dégbégni, pdt de l’association culturelle Miss Bénin

Dans la soirée de demain samedi 23 juillet au Bénin Marina Hôtel, Miss Bénin Edition 2016 dévoilera l’ambassadrice de la beauté béninoise. A quelques heures de l’ultime phase, un entretien avec le président de l’association culturelle Miss Bénin, Fortuné Dégbégni, nous replonge dans le processus et les non-dits de cet événement annuel dont la valeur n’est pas toujours perçue.

Le Matinal : Nous sommes dans la dernière ligne droite de Miss Bénin 2016. Rappelez-nous le processus qui a conduit à la phase finale.

Fortuné Dégbégni : Miss Bénin ne se limite pas à la cérémonie de l’élection de la miss. C’est tout un processus qui commence par les inscriptions, ensuite la phase de présélection des candidates qui vont concourir lors des soirées régionales et enfin la phase finale qui se déroulera demain. Pour ce qui concerne Miss Bénin 2016, les inscriptions ont commencé depuis le lancement le 13 novembre 2015 et ont pris fin le 22 janvier passé. Nous avons ensuite connu 6 soirées régionales pour l’élection des miss départementales. Cette phase a démarré le 17 avril avec la soirée de Natitingou qui a permis d’élire les miss Atacora et Donga et s’est achevée le 22 mai avec l’élection des miss Mono et Couffo lors de la soirée de Comè. Aujourd’hui, nous avons donc 12 miss départementales qui travaillent et s’apprêtent pour la phase finale.

Sur quels critères se base le jury pour l’élection des miss ?

Ce sont des critères bien connus qui ont toujours prévalu. Nous essayons de nous aligner sur les critères internationaux. Car, il ne s’agit pas seulement d’élire une miss pour le Bénin, mais aussi de choisir une miss qui pourra valablement et fièrement représenter le Bénin. Il faut donc que la fille soit béninoise, célibataire et qu’elle ait entre 18 et 25 ans avec au minimum une taille de 1,70 m et le niveau de la Terminal. Elle doit correctement parler français. Il s’est fait qu’au terme de certaines soirées régionales, des filles de 1,68m ont été élues par les jurys qui après avoir pesé les potentialités des candidates en lice, n’ont pas eu d’autres choix. Puisque nous n’influençons pas le jury, nous avons dû faire avec.

Qu’est-ce qui va se passer demain ?

Demain samedi 23 juillet, la phase finale de Miss Bénin 2016 va se dérouler au Bénin Marina hôtel à partir de 21h. La mise en place sera achevée à 20h45. L’organisation est faite de façon professionnelle. Le site est fin prêt. Tous les prestataires engagés ont un cahier de charges net et précis. Les filles sont en formation et répètent pour que le spectacle soit meilleur. Les lots sont prêts, la voiture est acquise. Tout suit son cours, la soirée sera belle. Et les tickets sont pour la plupart écoulés.

A propos du jury, parlez-nous de sa composition ?

Dans la composition des jurys, nous accordons une bonne part aux sponsors qui nous accompagnent d’une part et, d’autre part, nous choisissons parmi les journalistes culturels, les élus locaux, ou des personnes dans le public, tout en veillant à ne pas choisir des personnes parentes aux candidates. La bonne part accordée aux sponsors se justifie par le simple fait qu’un sponsor ne peut pas s’amuser à financer ou à accompagner un événement et ne pas veiller à son sérieux. Car le label, la crédibilité et la notoriété des sponsors sont aussi en jeu. Si en matière d’art et de certains domaines spécifiques, il faut des spécialistes pour apprécier, pour ce qui concerne l’élection d’une miss, l’on n’a pas besoin de spécialistes outre le visagiste. Dans le cas d’espèce, le Bénin n’en a pas et à défaut, nous faisons confiance au choix des sponsors. Dans le choix des membres du jury, nous insistons sur le mélange de différentes classes sociales et couches professionnelles pour avoir des résultats qui se rapprochent de l’objectivité et sont acceptés de la majorité. A chaque étape et selon les localités, la composition du jury change.

Quelles sont les spécificités de cette édition ?

La première, c’est que nous avons renforcé la communication autour de l’événement. Nous avons été exigeants sur les critères notamment en termes de culture générale. S’agissant de la phase finale, nous avons déplacé le lieu. L’année dernière, c’était au « Dream Beach », trop proche de la mer avec une forte fraîcheur. Cette année, ce sera sur l’espace vert du Bénin Marina Hôtel qui est un peu plus éloigné de la berge. Toutefois, je recommande aux participants de s’habiller un peu chaudement.  Par ailleurs, nous avons décidé d’offrir un spectacle au-delà de ce que nous avons fait jusque-là. Et pour des questions de brassage culturel, nous avons décidé de faire venir 2 artistes étrangers. Globalement, ce ne sera pas la même chose.

Un mot sur la cagnotte des lauréats ?

Cette année, les prix ont été revus à la hausse. Outre les moyens roulants, voitures, motos et autres avantages, nous avons gonflé les enveloppes financières. Au départ, Miss Bénin avait une enveloppe de 500 mille. L’année dernière, c’était 2 millions et cette fois-ci nous passons à 3 millions. Pour la 1ère dauphine, c’était 750 mille l’année passée. Cette année, c’est 1 million. La 2ème dauphine prendra 750 mille cette année au lieu de 500 mille. Et la 3ème  dauphine aura une enveloppe de 500 mille cette année contre 250 mille l’année dernière. Chaque finaliste sera récompensée, car nous voulons motiver les filles à travers non seulement les prix, mais aussi les formations données pour en faire des leaders. Aujourd’hui, le concours Miss Bénin est une compétition professionnelle qui se fait dans des conditions éthiques, loin des rumeurs obscènes.

Des difficultés ?

Ce que nous offrons chaque année, nous le faisons à coup de sacrifices. Nous avons trois difficultés majeures. La première, c’est le site. Le Bénin n’a pas de salle de spectacle adaptée à l’événement. Nous espérons que ça va venir avec le temps. Car nous sentons avec le gouvernement actuel que la chose est prise au sérieux avec la volonté politique de faire de la culture et du tourisme un levier de développement. La deuxième difficulté est relative aux moyens matériels et logistiques dont le comité d’organisation ou l’association culturelle Miss Bénin a besoin. L’événement Miss Bénin ne se résume pas à la phase finale. De gros moyens entrent en ligne de compte lors de la phase d’inscription et des soirées régionales. Il faut entendre les déplacements, les hébergements, la communication, l’accompagnement des candidates… La troisième difficulté est liée à la précédente et est afférente aux moyens financiers. Et c’est là où le bat blesse. Il y a des événements culturels qui sont financés au Bénin et qui n’ont pas le même impact à l’international que Miss Bénin. Les pays développés ou plus près la Côte d’Ivoire ont compris l’enjeu et misent de gros moyens pour l’organisation des soirées Miss. Mais je sais qu’avec le gouvernement actuel, de meilleurs jours arrivent. Par le passé, la contribution de l’Etat était d’environ 25%, mais le gouvernement actuel a promis aider à la mobilisation intégrale des ressources.

Propos recueillis par Anselme Pascal Aguéhoundé