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Modeste Kérékou se dit incompris des populations de Natitingou
Modeste Kérékou

Le peuple béninois continue de pleurer la disparition du Général Mathieu Kérékou décédé dans l’après-midi d’hier mercredi 14 octobre 2015. Les témoignages des proches et amis de l’illustre disparu en disent long sur l’homme. Au lendemain de cette nouvelle, c’est l’un des fils de celui qu’on nomme affectueusement « le caméléon », Modeste Tihounté Kérékou qui a tenu à rendre un hommage à son feu père décédé à l’âge de 82 ans. (Lire ci-dessous l’intégralité de sa déclaration).

« Va en paix papa.Je bénis le Seigneur, unique dispensateur de grâces à qui il a plu de te rappeler. Tes enfants (pas que nous sommes biologiques) tous tes enfants du Bénin te pleurent. Tout honneur et toute Gloire à Dieu. Maître de l’univers visible et invisible. Lui qui connait la fin avant le commencement. Papa tu m’as appris que la Bible déclare que « la fin de toute chose est plus importante que son commencement ». Merci à Jésus Christ pour ta vie pour ton œuvre et pour ta fin. J’ai le cœur serré. Je n’ai pas pu dormir cette fameuse et triste nuit du 14 octobre au 15 octobre. Tout est grâce. Je perds mes mots moi qui suis si alerte habituellement. Tout mon corps tremble. Ma foi vacille. Mais je refuse de perdre ma foi en notre sauveur. J’ai cette nuit invoqué la puissance du Saint Esprit sur tes enfants qu’il nous protège et nous inspire. Les souvenirs se bousculent et s’entremêlent dans ma tête. Je pense à ta maman, ma grand-mère ma bien aimée maman Yokossi Ondo Maria Firmine. Elle qui nous a tout appris Yama et moi. Ma seule consolation serait qu’elle soit heureuse que tu la retrouves chez le père céleste là-bas. Tant elle vous aimait vous ces 2 fils. Papa Madougou et toi qu’elle n’a jamais appelé Mathieu mais plutôt si affectueusement Tchâ. Pardonnez-moi si vous trouvez mes mots inappropriés. J’ai perdu mon vocabulaire. Je suis désemparé. Mon papa qui nous a appris le désintéressement et le détachement des choses matérielles n’est plus. Sans avoir désigné un autre maître pour nous. Papa, tu m’as enseigné que le silence est le maître de la parole. « Tihounté tais toi et écoute. Apprends à écouter » voilà comment tu m’arrêtais ou encore « Tihounté va écris ce que tu veux me dire pour ordonner ta pensée » car tu savais que je n’aime pas écrire. A qui vais-je écrire à présent ? Tu n’es qu’un immortel, mais combien nous aurions toutes et tous aimé t’avoir encore. Ces derniers mois ont été particulièrement éprouvantes pour moi à tous égards. Mais jamais je n’ai abandonné ni me suis résigné. Mes amis ont souffert de mes périodes de vide de silence se sentant ignorés ou pas considérés. Je leur demande pardon. Pardon à tous ceux à qui je ne trouverai pas la force de répondre d’écrire et de parler. Mais je sais que vous êtes et serez là. Prions, priez pour papa. C’est notre papa à tous. C’est votre papa à chacun. Nous ne voulons aucune exclusion. Il a fait dont de sa vie à son pays. Et n’est-il pas un don de Dieu au Bénin, à l’Afrique ?

Papa le reste je te le dirai en Wama que maman Yokossi nous a appris Yama et moi. Wé tori ô ta tibahi man nou ? Tu Tchéni ti manhi. Ô bissou sou manhi.

J’ai pleuré seul dans ma chambre une bonne partie de la nuit et dès l’aube.

Va papa. Va mon Général. Tu es un modèle pout toute ta famille. Et à présent que Dieu veille sur nous tous et nous aide à nous montrer digne de toi.

Papa papa papa………Je t’aime à tout jamais.

Repose en paix soldat de l’Unité nationale, infatigable bâtisseur de la paix. »

Transcription : Léonce ADJEVI