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Yayi Boni reconnaît enfin les insuffisances dans la gestion par l’Etat de la filière coton

La question du coton béninois a été au centre de la rencontre qui s’est déroulée hier, mercredi 21 octobre 2015 à la salle d’alphabétisation de Parakou. Ladite séance a réuni autour de Yayi Boni, quelques ministres et députés Fcbe, tous les acteurs de la filière coton. L’objectif était de faire le bilan à mi-parcours de la campagne 2015-2016, fortement secouée par les aléas climatiques et l’improvisation gouvernementale.

Après la rencontre du 30 août dernier, dans la même salle, le chef de l’Etat était, une fois encore, face aux acteurs de la filière coton, mercredi 21 octobre 2015, à Parakou. Malgré donc les profondes réformes engagées par le chef de l’Etat pour donner un nouveau souffle à cette filière, le chemin est encore long pour l’atteinte des objectifs. Depuis trois ans, le gouvernement a pris le monopole de la filière coton avec pour objectif, d’atteindre 500 mille tonnes par campagne. A cette occasion, le chef de l’Etat est revenu sur les prouesses enregistrées par son régime. Le coton est passé de 174.000 tonnes depuis 2011-2012 à près de 400 000 tonnes pour la campagne dernière. Malheureusement, l’échec a été toutes les fois au rendez-vous. « Pour la campagne en cours, il est attendu environ 360 mille tonnes », a informé Jacob Ishola, le Directeur général de la Sonapra. Mieux, l’Etat reste devoir quelques milliards de nos francs à certains acteurs dont les transporteurs et les égreneurs. Pour les spécialistes, l’état de déconfiture de cette filière est dû à l’improvisation du gouvernement et à sa volonté de gérer seul, le secteur. Selon le chef de l’Etat, le gouvernement avait pris sa décision afin d’éviter le monopole d’un seul privé qui a fait tomber tous les autres pour jouir de la filière. « C’est une erreur abominable », a souligné Yayi Boni. Analysant la situation actuelle du coton, après environ trois ans de gestion, le chef de l’Etat a estimé que le pouvoir du décideur a des contraintes. C’est pourquoi, a-t-il martelé, il faut placer l’intérêt général au détriment de celui personnel.   « C’est ensemble que la filière pourra se porter mieux », a-t-il indiqué. Poursuivant ses propos, le président de la République a déclaré que l’heure de la vérité a sonné. « Le monopole de tout Etat est désastreux de même que celui du privé », a-t-il signifié. Puisque, selon lui, l’Etat providence n’existe plus. Ces propos du chef de l’Etat, à quelques mois de la fin de son 2ème et dernier mandat, semblent traduire un aveu d’échec dans le cadre de la gestion de la filière coton exclusivement par son gouvernement. Ceci, en dépit du fait que lui-même clame qu’il n’a jamais tué le coton béninois.

Clément Dognon

Br-Borgou-Alibori

Yayi Boni, l’imprésario

Lors de la rencontre du chef de l’Etat avec les acteurs de la filière coton qui s’est déroulée à Parakou le mercredi 21 octobre 2015, Yayi Boni a montré l’autre face de sa personne. Préoccupé par les problèmes liés au coton qu’il ne pourra jamais finir de gérer, le chef de l’Etat décide de conduire la séance en passant outre le service du protocole. A l’entame de la rencontre et juste après l’exécution de l’hymne national, il brûle la politesse à l’imprésario et se saisit du micro. De fait, le déroulé de la séance prend une autre tournure. Le président interpelle qui il veut et prend le temps de répondre à son aise. Il redonne la parole. La séance a fait des heures pour n’accoucher que de promesses et des regrets. En tout cas, Yayi Boni aura démontré son talent d’imprésario et de chef d’orchestre.

CD

Br-Borgou-Alibori