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La montée des eaux crée des dégâts à Athiémé

Les dernières pluies dans la Commune d’Athiémé et ses environs, au cours des deux dernières semaines, ne sont pas sans conséquences sur le quotidien des populations. Elles ont occasionné de nombreux dégâts dont un mort et de nombreux  champs, baraques et habitations inondées. Face à cette situation, le maire de la Commune d’Athiémé, Joseph Anani Amanvi en appelle à la vigilance des sinistrés et sollicite l’aide des Partenaires techniques et financiers.

La Commune d’Athiémé fait déjà les frais des inondations issues des dernières pluies. Ses quartiers et arrondissements  sont presque tous immergés par l’eau. Par conséquent, des champs de maïs, d’haricot et de légumes en passant par les habitations situées en bordure du fleuve Mono, tout a été ravagé par l’inondation provoquée par la montée des eaux.  Le bilan est lourd. Des centaines d’habitations ont été inondées. En effet, tout a commencé selon le maire Joseph Amanvi Anani, le 21 août dernier. A cette date, les victimes avaient fait le constat selon lequel le fleuve Mono montait progressivement et redescendait quelques temps après. Mais, c’est le 23 août 2017 que la situation s’est aggravée. Selon les populations, c’est ce jour-là qu’elles ont constaté que le niveau de l’eau du fleuve a monté d’un cran et a atteint les 7 et 8 m de hauteur. « C’est en ce moment précis que l’eau a commencé par nous envahir. Elle a englouti nos meubles et nos champs », a déploré une des victimes. A partir de ce moment, l’inquiétude a commencé par gagner  les populations. « Nous avons été surpris par cette inondation qui a atteint un niveau surprenant. Il y a 26 localités et des champs qui  sont inondés. La situation est dramatique», a fait remarquer Rigobert Mensah, le chef de l’arrondissement de Dédékpoé, une des localités sinistrées. En dehors des localités de l’arrondissement d’Adohoun qui sont inondées, il y a également des quartiers d’Adjanougouin, de Togbo et d’Amikoué sis dans l’arrondissement d’Atchanou qui sont sous l’eau. Ces villages sinistrés font partie des localités de la dépression de la commune qui sont les plus touchées. Outre ces dégâts, il y a les adductions d’eau villageoise et les latrines qui sont inondés. « Ces différents dégâts créent de nombreux désagréments aux populations qui ne pouvaient plus faire leurs besoins au bon moment et à l’endroit indiqué. Il y a la famine et des maladies diarrhéiques qui s’annoncent dans la commune, car quand les paysans cultivent et que l’eau les envahit, c’est la famine qui  s’installe », a mentionné Benoît Accrombessi, le président de l’Organe consultatif de la jeunesse. Egalement, si les sinistrés ne boivent pas de l’eau potable, c’est indéniable qu’ils attrapent la diarrhée ou d’autres maladies liées à la non-consommation de l’eau potable.
 La sensibilisation, l’ultime remède
 Pour les sinistrés, ce sont les dernières pluies qui les ont plongés dans cette situation. Mais pour les autorités communales, cette situation n’a nullement surpris ces populations, car les responsables du barrage de Nagbéto ont alerté de ce qu’elles vont « lâcher » les eaux du fleuve qui vont inonder les populations. Avant cela, a-t-il fait remarquer, le maire de la Commune, Joseph Amanvi Anani a entamé des séances de sensibilisation à l’endroit de ces sinistrés, à travers les radios communautaires conformément aux différentes formations reçues et à son plan de contingence. « Ainsi, j’ai alerté les responsables de l’agence nationale de protection civile pour qu’ils me viennent en aide. Malheureusement, malgré toutes ces dispositions, nous avons enregistré un cas de noyade au début de cette semaine », a-t-il confié. Mais le maire avoue qu’il ne peut faire autrement. Il a confié que la plateforme de risque ne peut faire que la sensibilisation, car la commune fait  frontière avec le fleuve Mono sur plus de 40 Km. « On ne peut pas savoir tous ceux qui se déplacent dans les communes.  Nous avons des pairs éducateurs et des pairs secouristes. Mais  on ne peut pas savoir quand est-ce que quelqu’un est sorti de sa chambre pour aller à tel ou tel endroit. La victime était un homme qui sait nager. Et cela s’est passé dans un champ d’Assedji situé dans l’arrondissement central. Il avait tendu un piège aux animaux sauvages. Les gens lui ont dit que l’eau a noyé son piège. C’est  au moment où il allait retirer son piège qu’il s’est noyé. C’est son corps que les populations ont retrouvé. On continue la sensibilisation. Dès que le niveau de l’eau monte dans le barrage, ces agents de la Communauté électrique du Bénin (Ceb) se sentent obligés de laisser passer l’eau qui est en surplus dans le barrage. Etant donné qu’ils n’ont pas construit d’autres infrastructures pour contenir cette eau, ils se voient dans l’obligation de la ‘’lâcher’’. C’est cette eau qui provoque la montée du fleuve Mono et les inondations que nous observons aujourd’hui », a-t-il expliqué. Quant à la dernière partie du plan de contingence mis en œuvre, les autorités communales s’engagent à reconstruire les maisons dévastées et baraques détruites par le sinistre. Egalement, elles ont pris l’engagement de reboiser les berges et sensibiliser les populations sur les actions à ne pas faire pour éviter les affres du drame. Outre les sites, le plan de contingence prévoit des tentes. Sur ce point, les autorités communales ont fait des plaidoyers auprès des partenaires pour le financement des tentes. « Nous invitons les Partenaires techniques et financiers à répondre à notre appel. Dès qu’on va regrouper les sinistrés sur les lieux du sinistre, on va faire venir l’eau potable, l’énergie électrique et des médicaments », a fait savoir l’autorité communale. Par rapport à la deuxième partie, les autorités communales envisagent d’acheter des vivres dont des sacs de riz, du mais, des kits de cuisine pour les victimes pour assurer leur sécurité alimentaire. « Au cours de cette période, nous avons envisagé faire venir des techniciens pour traiter des cas de maladies », a-t-il renchéri.
 
Claude Ahovè
 (Br Mono-Couffo)