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Photo Cultura
Les artistes de la musique traditionnelle doivent revenir à la case départ

Ecouter de la musique est un plaisir, mais écouter une musique qui éduque est encore mieux. Car, la musique qui sensibilise oriente et participe au développement personnel. Au   Bénin, dans les années 60, la plupart des musiciens traditionnels composaient leurs chansons dans la vision d’éduquer et de sensibiliser. Ils  jouaient un grand rôle, car cela touchait plus d’un avec comme objectif le retour sur le droit chemin. De Cotonou à Natitingou en passant par Abomey, Bohicon, Dassa-Zoumè et Parakou,  la formule était la même. Les  artistes utilisaient une approche commune dénommée en goun « hanlo ». Un ensemble de proverbes taillés sur mesure juste pour attirer l’attention des mélomanes. Les  curieux se rapprochaient de leurs aînés pour comprendre ces citations qui ne sont pas accessibles à tous. « Il faut de la matière », expliquaient certains. Quand on parle de « hanlo », tout de suite, on se rappelle du feu chanteur compositeur Yédénou Adjahoui. Il utilisait cette approche dans toutes ses chansons. Ce qui l’a rendu très célèbre. Très vite, Dossou Lètriki et bien d’autres chanteurs s’étaient  aussi lancés dans la danse. On chantait, on dansait mais en plus, on éduquait. Les  dérives en société diminuaient. Ces  artistes s’inspiraient énormément des dérapages en société. C’était leur source d’inspiration. Et  cela marchait bien. De  nos jours, les données ont changé. La  musique qui permettait d’éduquer ne joue plus son role. Les  thématiques abordées dans les chansons ne sont plus instructives. Plus de proverbes ! Plus  de « Hanlo ». On chante aujourd’hui pour inciter à la violence et pour encourager la dépravation. Un état de choses que certains mélomanes dénoncent sous cape. Et  cela plait plutôt à d’autres. Pour  ces derniers, le monde change et tout évolue. Un point de vue que ne partage pas le président de l’Association des fédérations de musiciens traditionnels du Bénin. Selon Jean-Pierre Kiki Hountin, c’est une perte de valeurs. Il  faut vite revenir à la case départ si l’on veut éviter le pire, souligne-t-il. La présidente de l’Ong Gbéto Yènonmon, Olga Badou, regrette également ce chemin emprunté par la jeune génération. Pour elle, le Hanlo participe à l’école de la vie. Il  est vrai que le « Hanlo » tend à disparaître, mais remarquons que certains artistes continuent tout de même de le valoriser. Comme exemple, on peut citer  Anice Pépé, Gbessi, Zolawadji, Kalamoulaye, Rico, Campos, Alèkpéhanhou et bien d’autres.

 
Boris Koumagnon