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Adrien Houngbedji1La naissance samedi 08 septembre 2018 à Porto Novo de la Coalition pour un Bénin révélé (Cbr) traduit en acte concret  la volonté du chef de l’Etat qui appelle au grand regroupement autour de lui de toutes les forces politiques le soutenant. Née dans le bastion du Parti du Renouveau démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji, la Cbr apparait comme une pression sur les « tchoco tchoco » qui ne laissent pas transparaître leur intention sur cette ambition de Patrice Talon, dont ils soutiennent les actions.

Désormais coordonnatrice de la Coalition pour un Bénin révélé (Cbr), Adidjatou Mathys, actuelle ministre de la Fonction publique, serait-elle devenue le joker du chef de l’Etat pour permettre à ce dernier de gagner une autre bataille politique? Depuis samedi dernier, où elle a pris les rênes de ce regroupement, tout porte à croire que la native de Porto-Novo est promise à jouer les premiers rôles dans une nouvelle marche entreprise par le président de la République pour imposer un nouvel ordre politique. Le choix de la ministre de la Fonction publique pour diriger ce grand ensemble né dans le fief du Prd n’est pas de nature à faire les yeux doux à Adrien Houngbédji, mais plutôt à le prendre de court. Le chef de l’Etat qui ne doit pas être à l’écart de cette initiative à laquelle les barons du Prd ont pourtant pris part, veut que ses partisans aillent plus vite au regroupement pour conjurer les velléités de ceux qui rechignent à suivre le chemin qu’il a indiqué. C’est désormais clair dans la tête de chacun. Patrice Talon ne veut pas autour de lui des structures politiques aux intérêts opposés susceptibles de susciter l’adversité entre elles ou même la haine réciproque nuisible à la cohésion de tous et difficilement contrôlables. C’est pourquoi il préfère deux structures voire trois dirigées par ses plus fidèles lieutenants qui vont mieux défendre ses idées et qui auront tout de même une parcelle de pouvoir pour organiser leur groupe. Un des critères auquel tient le chef de l’Etat, c’est d’avoir des hommes et des femmes qui ont réellement compris sa vision afin de la défendre partout où besoin sera. Beaucoup aujourd’hui, bien que clamant haut et fort leur soutien au régime, ne répondent pas à ces critères. Et c’est là où on sent  que  la volonté affichée et affirmée de  Patrice Talon de regrouper tous ses partisans dans un seul bloc ou deux, semble contrarier les intérêts de certains alliés, qui sans l’affirmer publiquement continuent de s’accrocher à leur formation de base et refusent de se jeter à l’eau. C’est dans ce contexte qu’est née la Cbr. Bien avant elle, les intentions de se mettre ensemble viennent déjà de deux principaux blocs, à savoir : la dynamique unitaire défendue par le Ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané  et le bloc progressiste sous les ordres d’un renard appelé Bruno Amoussou. Un autre ensemble baptisé l’Union nationale démocrate (Und) conduite par Auguste Vidégla, fidèle compagnon du chef de l’Etat s’est récemment signalé. Le grand Prd de Me Adrien Houngbédji ne s’identifie pas encore à aucune de ces initiatives. Serait-il de ceux dont les intérêts contrarient avec le projet du président Patrice Talon ? Peut-être.  Le Prd actuellement miné par des querelles intestines ponctuées de nombreux départs donne l’impression de ne pas vouloir se fusionner. Car malgré autant de tempêtes qui secouent la maison « tchoco tchoco », certains caciques affirment que le parti résistera à toutes les intempéries. A chacun d’en faire une idée. On en était là quand la Cbr est venue s’annoncer sur son terrain. Comme si l’initiative conduite par Mathys Adidjatou était dans le vent et n’attendait que le moment opportun pour se faire connaître.

 Le Prd et Houngbédji à la croisée des chemins

 Que fera désormais Adrien Houngbédji? Se ranger dans un bloc ? Lequel ? Ou bien contourner tout cela en proposant un autre schéma? Une chose est sûre, il a une difficile décision à prendre à six mois des élections législatives. Personne n’est encore sûr de rien, mais les tractations pourraient déboucher sur des contrats secrets avec le chef de l’Etat, qui,  faut-il le souligner, veut en finir avec les chantages politiques. Houngbédji acceptera-t-il d’avaler l’amère  pilule et se résigner à disparaître comme chef de parti entrainant la dissolution de son état-major ou prendra-t-il le risque de chercher à s’affirmer en tenant tête au chef de l’Etat? Les observateurs laissent croire que ce projet du président de la République risque de faire apparaître des nuages dans le ciel des relations entre Patrice Talon, chef de l’Etat et Adrien Houngbédji, deuxième personnalité de l’Etat. Mais à vrai dire, il serait de l’intérêt du Prd qui a voté en faveur du code électoral rénové de se mettre ensemble avec les autres alliés pour espérer avoir ses lieutenants à la prochaine  mandature de l’Assemblée nationale. C’est plus que vrai d’affirmer qu’avec les nouvelles dispositions du code électoral qui exigent d’avoir réuni 10% de l’ensemble des suffrages exprimés avant d’espérer des postes de députés, le Prd ne peut pas à lui seul tirer son épingle du jeu. Si l’on s’en tient aux derniers chiffres des législatives de 2015,  les 10% de suffrages exigés avoisinent 300000 voix. Le Prd encore fort en son temps n’avait pas approché cette performance. Or, aujourd’hui, plus que diminué, il est contraint de partager le terrain avec  Sébastien Ajavon qui a déjà érodé son électorat lors de la présidentielle de 2016. Mais surtout il aura fort à faire avec le pouvoir s’il n’était pas dans sa dynamique.

   Wadoud Alokpo

(Br Ouémé-Plateau)