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Le chargé de missions du chef de l’Etat, Nazaire Hounnonkpè explique le bien-fondé de la mesure

Le Chargé de mission du président de la République pour les affaires de sécurité intérieure revient sur le communiqué de la Présidence relatif aux rançonnements dont sont victimes les populations sur les voies de la part des forces de défense et de sécurité. Pour l’inspecteur général, Nazaire Hounnonkpè, « le but de la mesure, n’est pas de livrer les forces de l’ordre. 

Océan Fm : Les contacts mis à la disposition de la population pour dénoncer les faits de rançonnement dont sont responsables les forces de l’ordre sur les voies sont-ils des numéros verts ?
 
Nazaire Hounnonkpè : Ce sont des lignes pour des appels payants. L’expérience a prouvé que lorsqu’on met en place des numéros verts, certains citoyens, en raison du niveau de maturité de notre peuple, se permettent de s’amuser, d’appeler ou d’occuper constamment la ligne,  empêchant ceux qui sont vraiment dans le besoin de s’en servir. Il y a une ligne fixe  et un second numéro qui est dédié à recevoir des messages par whatsapp. 
 Comment les plaintes des usagers de la route seront-elles traitées ?
 Lorsque vous êtes témoins ou victimes, et vous avez l’information à passer, vous appelez ou vous envoyez un message. Les équipes  en place reçoivent le message. Ensuite, le chef de l’unité concernée  sera actionné pour prendre des mesures  immédiates.  L’objectif du chef de l’Etat, c’est  de soigner l’image de notre pays.
 Quelles sont les sanctions prévues ?
 Des sanctions disciplinaires seront appliquées.  Lorsqu’un citoyen dénonce un agent et que les faits se passent au moment  où l’information est envoyée,  notre rôle  est de descendre sur le terrain pour vérification.  Dans le cas où, c’est après les faits que la dénonciation a été faite, nous allons investiguer. Si les faits sont avérés, l’agent sera puni. Le chef de l’Etat a été clair là-dessus.
 Quel est le contenu du « package » sanctions ?
 Nous avons une kyrielle de sanctions. Cela va être apprécié au cas par cas. Une procédure a été instituée par les différents textes qui régissent les corporations de ces personnels. Ce sont les textes qui seront appliqués. 
Ces sanctions iront-elles jusqu’à la radiation ?
 La radiation fait partie des sanctions. Lorsque la faute commise a pour corolaire,   une sanction qui  nécessite de passer à la radiation, les textes seront appliqués.  Le but de la mesure n’est pas de livrer les forces de l’ordre à des représailles.  C’est de les protéger. Elles subissent parfois des pressions, qui ne leur permettent pas d’appliquer la loi. Il arrive que des usagers en infraction, fuyant la rigueur de la loi, obligent les forces de l’ordre à céder à leurs desiderata. Avec cette décision, chacun saura à quoi s’en tenir.  Nous souhaitons avoir une police et une gendarmerie professionnelles. Les forces de l’ordre, ce sont des personnes dignes, et l’Etat ne fait que préserver leur dignité.
 L’ancien secrétaire général intérim du Synapolice, Barnabé Amagbégnon, avait déclaré que le rançonnement permet aux agents de sécurité de s’approvisionner en carburant. Ce problème a-t-il été résolu ?
 Les dispositions sont prises. Le gouvernement a pris la mesure de la situation  afin que le minimum soit donné. 
 Pourquoi la mesure a été prise par la présidence de la République et non le ministère de l’Intérieur ?
 Le ministre de l’Intérieur reçoit délégation du président de la République. Le premier responsable qui doit garantir tout ce qui reflète tous les attributs de l’Etat, c’est le président de la République. Il a voulu élever la barre pour que les gens puissent prendre la chose au sérieux. Ce n’est pas que le ministre est défaillant. Il n’y a aucun problème que le chef de l’Etat lui-même prenne cette décision.  
 Propos recueillis par  Rachida Houssou