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L’unanimité est faite au sortir des assises sur une certitude. Le système de Yayi doit prendre fin. Il ne doit être transformé en aucune forme de recolonisation pour imposer au peuple un candidat. La candidature de Lionel Zinsou n’est pas la bienvenue. Les propos des uns et des autres le prouvent à suffisance.
albert-tAlbert Tévoédjrè : « Le candidat Zinsou est déconnecté du vécu social du Bénin »
« Ce jour que fit le seigneur est un jour de joie. Vous avez raison de vous indigner et d’élever la voix dans ce tourbillon où l’argent et les intérêts personnels semblent tout emporter dans le flot y compris les fondements étiques de notre société. La vie politique n’est pas figée. Elle est dynamique, faite de détour, de volte-face soudaine, de convergence et de recoupements avec des intersections où les destins se croisent. Le Président Soglo a estimé que les circonstances nous obligent  à parler d’une même voix pour crier notre indignation. Notre indignation face aux dérives constatées. Les élections prochaines sont une période de tous les dangers pour notre jeune démocratie qui continue de chercher ses marques. Elles doivent être l’occasion de nous affirmer et de conforter cette position au risque d’opérer un recul qui serait synonyme de reniement de soi-même. Tout se passe comme si on invente pour nous une forme de dévolution du pouvoir en imposant un candidat officiel. C’est le vice-premier ministre François Abiola qui nous apprend dans une déclaration publique publiée : « le premier ministre n’est pas le candidat que nous avons choisi, c’est le candidat désigné par le chef de l’État ». Tous les journaux ont publié. Ceci nous renvoie au simulacre des élections coloniales gérées par les gouverneurs que nous avons connus. Cher président Soglo, je suis à votre disposition pour que nous écrivions officiellement à Ban Ki Moon et à toutes institutions compétentes en Afrique et sur le plan mondial pour que l’usage illégal des institutions, du personnel, des moyens de transport et des biens de l’État au bénéfice d’un pseudo candidat officiel soit proscrit et les voix portées sur lui dans ces conditions soient purement et simplement annulés. Je cite N’Krumah qui dit : « Un pays qui n’est pas gouverné par ses fils est infirme et absurde ». Il est difficile à faire prendre en charge ce pays par un candidat sans doute de bonne foi mais qui doit réaliser que ne parlant aucune langue de ce pays il est déconnecté du vécu social exposé en permanence aux manipulations et au ridicule. Cette machination, dernière trouvaille d’aventuriers en perte de vitesse, est caractéristique d’une irresponsabilité majeure. Elle ne saurait prospérer face au front du refus massif qui se dresse sur son chemin et que vous inaugurez. Une manœuvre consistant à faire débarquer quelqu’un pour la régenter ne saurait prospérer. Une seule illustration. L’accident ou l’incident du crash de l’hélicoptère présidentiel du 26 décembre dernier est un signe  prémonitoire dont le Bénin devrait apprendre à tirer toutes  les leçons qui s’imposent et ouvrir les yeux en vue de l’examen de conscience conduisant à une renaissance.  Le ministre des transports (c’est officiel) dans un point de presse à imputer ce crash à une erreur humaine, ce qui est très grave et symptomatique du mal dont souffre la gouvernance actuelle.  Dans l’erreur humaine, il y a manque de concentration, il y a précipitation, il y a improvisation, il y a erreur d’appréciation. Par erreur humaine, il y a la confusion des intérêts personnels avec les intérêts de la nation. L’erreur humaine, c’est l’incompétence, c’est la promotion de la médiocrité, c’est aussi la puanteur suffocante des concours frauduleux qui n’augure rien de bon pour le devenir de ce pays. Voilà ce qui aurait pu nous conduire à deux obsèques le même mois. Aux obsèques du Premier ministre. Un homme probablement de bonne foi, mais pris dans un engrenage vicieux à même de le broyer tôt ou tard dont il ne s’aperçoit peut-être pas. Mon souhait est que mon cher premier ministre soit rapidement exfiltré du guêpier de l’irresponsabilité arrogante ignorante et prétentieuse où il s’est malencontreusement fourvoyé ».
Mathurin Nago : « Il faut que la France clarifie la candidature de Zinsou »Le président Nago n'y est pas allé du dos de la cuillère

« Le Bénin et la France doivent rester des pays amis. Il n’est pas permis que les responsables de l’Etat français ou des société françaises se permettent de prendre des initiatives qui nous arrivent à ce niveau. Dans la promotion de cette candidature il a été dit par des autorités au plus haut niveau de ce pays. Il a été dit je le dis avec conviction puisque les propos ont été rapportés par l’entourage immédiat du Chef de l’Etat. Il a été dit : « Ce candidat est celui-là qui va passer parce que c’est  la France qui décide. Le reste c’est une formalité. Je voudrais demander aux autorités françaises que si la France n’avait pas décidé qu’il y ait une telle candidature que les autorités françaises démentent cela publiquement. Il faut que par un communiqué largement diffusé, la France prenne une position officielle pour dire que le gouvernement français n’en est pour rien dans la présentation d’une telle candidature. Parce que cela a été dit par des autorités béninoises et cela a été pratiquement été imposé à un certain nombre de responsables politiques béninois qui nous l’ont rapporté. Si les autorités françaises souhaitent que les relations entre les deux pays demeurent excellentes (en tout cas nous du côté du Bénin nous le souhaitons), il faut qu’un certain nombre d’initiatives soient prises. Je plaide pour que le gouvernement Français communique sur cette affaire par un certain nombre de médias internationaux voir nationaux béninois pour que nos relations redeviennent ce qu’elles étaient. Si ce qui est envisagé devrait se produire, j’ai peur que demain ces relations avec la France deviennent exécrables. J’ai bien peur que le peuple béninois tout entier se lève comme un seul homme pour combattre une telle candidature ».
lokossouDieudonné Lokossou : « La candidature de Zinsou ne me dit rien ».
« J’ai vu des gens de Yayi Boni ici. On ne va pas leur couper la tête. Je ne suis pas effrayé par la candidature de Zinsou. Vous lui faites une publicité gratuite. Il n’est pas le premier franco-béninois, mais il ne passera pas. S’il passe, nous allons le bloquer. S’il passait, il n’y aura pas de travail. Rassurez-vous. Il faut que les gens fassent une campagne saine. La classe politique a failli. Les partis politiques n’ont plus de pouvoir. Vos militants s’en vont. Il y a la ruée vers l’or. On a dit que les partis politiques animent la vie politique mais les partis politiques n’existent plus. Il n’y a plus de discipline de groupe. On a réussi à diviser les gens. Zinsou ne me dit rien. Il a dit qu’il a roulé vélo à Bopa. Il l’a fait pendant combien de temps ? Il a dit qu’il a fréquenté à Nikki. Cela ne suffit pas. Le peuple est conscient. Les Français ne viendront pas voter ici. Ce sont les Béninois. Ils sont tous conscients. Il faut que les partis politiques se regroupent. Les hommes d’affaires disent que c’est eux qui financent les partis politiques et disent même qu’ils ont pris de gros sous. Pourquoi les partis politiques ne peuvent pas se regrouper pour dégager quelqu’un ? Tout le monde veut être candidat. Il n’y a plus de projet de société, c’est l’argent. Moi je n’ai pas peur de Zinsou. S’il jouit de ses droits civiques, on ne peut pas l’éliminer sur tapis vert. Il faut le laisser, mais il ne peut pas gagner. S’il gagne, vous allez voir. Il faut que les partis fassent leur propre critique. Ils ont failli. Ils sont sous la coupe des hommes d’affaires et c’est cela le problème ».
Rapport de concertation
 Sur invitation du président Nicéphore Dieudonné Soglo, une concertation ayant réuni d’éminentes personnalités politiques, des autorités religieuses, des syndicats, des têtes couronnées et une forte représentation de la jeunesse pour se pencher sur la situation sociopolitique que traverse notre pays a eu lieu au Chant d’oiseau ce jour mardi 5 janvier 2016 sous sa présidence effective. L’heure est grave, l’heure de nous même a sonné, mentionne en effet la carte d’invitation à ce forum. L’objectif étant d’éviter à notre pays un cataclysme et dissiper les inquiétudes légitimes et les angoisses de plus en plus grandes au sein du peuple, les différentes personnalités qui ont pris la parole ont abouti aux propositions ci après.
1- Le système politique né de la conférence nationale de 1990 semble être au bout du rouleau et face à la catastrophe engendrée, la seule solution reste les états généraux ou encore les assises afin de transformer l’essai de ce jour 5 janvier 2016 en un début d’affirmation de la volonté des filles et fils du Bénin.
2- Dans notre pays devenu soudain sans boussole, notre première indignation doit être le rejet du complot politique qui se profile avec la candidature imposée de Lionel Zinsou car un pays qui n’est pas gouverné par ses fils est condamné au suicide. De ce point de vue, la candidature de Lionel Zinsou a été au cœur de presque toutes les déclarations et sans nous focaliser sur la personne, c’est le schéma qui le porte qui est source de déstabilisation pour le pays et non la couleur de sa peau.
3- L’impasse politique aujourd’hui palpable avec le parachutage d’un candidat justifie la saisine des autorités françaises pour d’une part infirmer leur implication dans ce choix et d’autre part leur faire savoir le danger qu’elle représente en interne comme à l’extérieur du Bénin. Cette démarche a pour objectif de sensibiliser l’opinion internationale sur les risques que cette candidature fait planer sur le pays et le peuple béninois.
4- La dérive dictatoriale du pouvoir en place mérite une pause, une transition politique dont les modalités doivent être étudiées dans le cadre d’un comité tout en restant collé à notre constitution qui dans son préambule déjà dénonce les neuf (09) péchés capitaux à ne jamais admettre.
5- La faillite de la classe politique béninoise avec la multiplicité des partis politiques et sa cohorte de problèmes d’éthique ainsi que les erreurs dans le choix des dirigeants mérite attention afin de prévenir des catastrophes du genre de ce que nous vivons en ce moment et c’est encore là que la transition s’impose pour repenser le système partisan au Bénin.
6- Les menaces sur les libertés individuelles ont été abordées et une dénonciation a été faite avec interpellation du gouvernement sur ce qui pourrait être appelé l’assassinat d’un journaliste à Parakou.
7- Dans un rappel des thèmes d’un forum de la diaspora, l’accent a été mis sur les technologies de l’information et de la communication et leurs rôles pour endiguer la fraude en cours de préparation. Les moyens doivent donc être mutualisés pour lutter contre la fraude qui commencera déjà par l’utilisation illégale des moyens de l’Etat dans la campagne électorale.
8- Les faiblesses de l’actuelle Liste électorale permanente informatisée (Lépi) ont fait qualifié cet outil de diversion et ce qualificatif mérite intérêt au regard de l’auteur de cette affirmation. En outre et dans le cadre des élections à venir, le non respect du code électoral assorti d’impunité est un élément constitutif de l’impasse politico institutionnelle dans laquelle se trouve aujourd’hui le peuple béninois  et l’édition de nouvelles cartes d’électeurs est loin d’être la solution.
9- Les dispositions du code électoral en son article 133 disposent clairement le lieu de compilation des résultats qui reste l’arrondissement et non la Céna. Il s’en suit qu’une attention particulière doit être portée sur cette institution qu’est la Céna si nous volons que les élections à venir soient transparentes et cette institution n’a guère besoin d’un programme informatique pour compiler quelques résultats que ce soit car, ce sera la porte ouverte à la grande fraude.
10- Un comité de suivi est souhaité pour faire aboutir la présente concertation à un rassemblement plus grand qui prendrait le nom d’état généraux ou assises. Ce rassemblement se pencherait sur les questions spécifiques qui ont nom : 1- le vivre ensemble du peuple béninois qui fait une bonne place à notre culture avec le retour au pays du trône de Béhanzin dont l’errance pourrait être la cause de nos errements. 2- le cadre a fixé pour le choix de tous les présidents qui vont diriger notre pays. 3- la définition de feuille de route pour tout président élu afin d’éviter la navigation à vue et enfin la définition d’un modèle économique qui fasse une bonne place à l’agriculture, à l’énergie afin d’impulser le développement de notre pays. Le seul que nous avons le devoir de bâtir ensemble.
Transcription : Marcus Koudjènoumè