Spread the love

okoude-et-iko6 ministres du gouvernement étaient face aux responsables des 5 centrales et confédérations syndicales le jeudi 22 octobre 2015 à l’Infosec à Cotonou. Les parties en présence n’ont pas pu accorder leurs violons car le volet financier des statuts particuliers des enseignants est toujours en étude au niveau du Ministère des finances. Les partis se retrouvent mardi.

Ambiance pratiquement relaxe le jeudi dernier. Les négociations conduites par le Vice- premier ministre François Abiola n’ont pas connu de crise de nerfs. Les syndicats sont restés compréhensifs. Le gouvernement, sans doute, a trouvé les mots justes. Au début de la session, le Ministre François Abiola a exposé l’ordre du jour. Il porte sur l’élaboration et l’adoption des statuts particuliers des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire. Pascal Todjinou, Noel Chadaré, Dieudonné Lokossou et Paul Essè Iko ont, à l’unanimité, rejeté le libellé de l’ordre du jour, puisqu’ils estiment que le processus d’élaboration des statuts est déjà vidé. Pour eux, la seule personne qu’ils brûlent d’impatience d’écouter, c’est le Ministre des finances Komi Koutché pour faire le point de l’évolution du dossier à son niveau. Face à la fermeté des partenaires sociaux, le gouvernement a cédé et le Ministre Koutché a pris la parole. Dans ses explications, il a fait savoir qu’après évaluation, la masse salariale générée par les statuts particuliers des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire s’élève à 152 milliards de FCfa ; soit plus de la moitié de la masse salariale cumulée de tous les fonctionnaires du Bénin. L’incidence financière, argumente-t-il, est énorme et aucun gouvernement sérieux ne peut la payer. « Si nous l’acceptons, la masse salariale passera de 340 milliards à 500 milliards. Le gouvernement ne veut pas faire de la démagogie. Il faudra être concret », a-t-il déclaré. La solution trouvée, affirme-t-il, est de trouver le juste milieu en faisant des estimations qui répondent, à la fois, aux aspirations des travailleurs et qui restent supportables par le gouvernement. « Je tiens à vous rassurer. Nous faisons un travail sérieux. L’objectif est de parvenir à faire un arbitrage entre l’idéal des enseignants et la capacité de supporter les charges que cela générera. Ce que nous faisons s’échelonnera jusqu’en 2025 et tiendra compte de l’effectif des enseignants et des incidences à long terme. Cinq cadres du Ministère travaillent, de façon acharnée, sur la question », a-t-il expliqué. Il faudra donc attendre la fin des travaux du côté du ministère. Mais, quand ? Les syndicalistes, en l’occurrence Pascal Todjinou, ont souhaité que cela soit fait au plus tard le lundi. Le Ministre, quant à lui, préfère le mercredi. Après une courte pause, il a été décidé que les deux parties se revoient mardi, avec sur la table, les estimations chiffrées du Ministère des finances. C’est à partir de cet instant que démarreront les débats à proprement parler.

 Confusion dans les luttes, le Front reconduit la grève mardi

 Les responsables des centrales et confédérations acceptent la démarche du gouvernement, mais le Front et la Cstb ne comptent pas bouger. Les deux organisations pensent qu’il faut d’abord adopter les statuts avant toute négociation. Pour Maxime Okoundé, porte-parole du Front, le gouvernement ne peut pas dire qu’il n’a pas les moyens. « Ils ont les moyens. Nous exigeons la signature. Sans cela, le mouvement ne s’arrêtera pas », a-t-il déclaré. Ils reconduisent la grève pour la semaine prochaine. « La discussion n’enlève rien à la grève. Ils peuvent continuer la discussion. Nous poursuivons la grève. Sans la signature, on ne démord pas », a-t-il déclaré. L’autre danger qui guette ce début de dialogue, c’est le travail du Ministère des finances. Il n’est pas exclu que les syndicats, après analyse, rejettent les propositions du gouvernement mardi prochain. Si cette hypothèse est à envisager, la brèche de la radicalisation sera ouverte. De report en report, on risque de ne pas en finir. Tout se compliquera avec la paralysie déjà lancée par le Front et qui est appelée à se radicaliser. Le temps reste le seul indicateur dans cet épisode qui vient de commencer.

 H A