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Reckya Madougou pense que le moment n’est pas favorable à Lionel Zinsou

L’ancienne ministre de Yayi en charge de la microfinance s’invite dans le débat sur la nomination du premier ministre franco-béninois, Lionel Zinsou. Réckya Madougou ne dénie pas au premier ministre des qualités. Seulement, elle regrette le moment où Yayi Boni l’a choisi.

« Je considère monsieur Lionel Zinsou comme une chance pour asseoir au Bénin les bases d’une économie émergente au-delà de simples professions de foi. Cependant, je joins ma voix à celles de nombreux concitoyens qui s’interrogent sur l’opportunité du moment eu égard à l’imminence de l’achèvement du mandat du président Yayi Boni. La densité du parcours hexagonal de notre illustre compatriote pourra-t-elle suffire à opérer le miracle en dix mois? C’est notre profond souhait en dépit de la lucidité que nous imposent les stratagèmes politiciens qui ont sans doute prévalu à son choix. En vérité, outre la contrainte temps, de quelle marge de manœuvre disposera-t-il exactement pour opérer les profondes réformes et engager les grands projets dont il brûlera à juste titre d’impatience? Au demeurant, les priorités, pour mon humble part, doivent résider en:

– la consolidation des acquis et des réalisations des gouvernements successifs des deux quinquennats

– la valorisation du bilan dans un esprit d’objectivité (promouvoir les méthodes à succès et déduire les leçons des choix stratégiques qui se sont avérés infructueux)

– la rectification des stratégies peu efficientes

– le renforcement des mesures sociales qui ne nécessitent pas souvent des ressources astronomiques, mais qui pourtant changent substantiellement la vie d’un grand nombre d’exclus.

Bonne chance au nouveau et probablement ultime gouvernement du président Yayi Boni, dans un environnement socio-politique qui sera de plus en plus tendu comme il est de coutume dans les contextes de fin de règne, d’autant que de nombreuses voix partisanes s’élèvent déjà pour dénoncer une trahison de la part de leur leader. Retenons qu’en politique il n’y a pas d’amis mais que des intérêts, étonnamment très peu partisans et assurément égoïstes ».

 Réckya Madougou