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Dominique Zinkpè fier d'avoir créé "le centre"
Dominique Zinkpè fier d’avoir créé « le centre »

Le nouvel espace de promotion des arts et de la culture, dénommé « Le Centre» a officiellement ouvert ses portes le vendredi 06 février dernier. C’était en présence du ministre de la Culture, Jean Michel Abimbola. A cette occasion, l’artiste plasticien béninois, Dominique Zinkpè, directeur de ce centre situé au quartier Lobozounkpa dans la Commune d’Abomey-Calavi, plus précisément à Atropocodji, a accepté répondre à nos préoccupations. Dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, Dominique Zinkpè évoque ses ambitions pour cet espace qui est censé accueillir les acteurs de toutes les disciplines artistiques.

Le Matinal : Dominique Zinkpè, vous êtes le Directeur de l’Espace culturel dénommé ’’Le Centre’’. Pourquoi avoir accepté cette mission ?

Dominique Zinkpè : Je suis un artiste-plasticien. Mais, quand on a beaucoup travaillé et que la Mairie d’Abomey-Calavi offre un domaine pour construire un centre pour l’éducation nationale et également pour l’art, alors, ça m’intéresse beaucoup. Je me suis donc mis à travailler pour l’aboutissement de ce projet avec une association qui existe en France, conjointement avec l’Ong ’’L’Hospitalité et développement’’ (L’Hed) du Bénin. Ensemble, elles ont œuvré pour construire les locaux. ’’Le Centre’’ offre une salle d’exposition pour l’art plastique, des documentations pour les apprenants, un espace scénique qui permet aux artistes musiciens, danseurs de s’exprimer et des résidences pour héberger des artistes. Les musiciens ont la possibilité de répéter et de concevoir leurs projets au niveau de la musique.

J’ai accepté cette mission parce qu’il y a longtemps qu’on rêvait d’avoir un Centre culturel béninois. Et, je suis aussi très heureux que la Mairie d’Abomey-Calavi ait offert ce domaine pour la construction de ce centre. C’est tellement important pour nous qui sommes dans le domaine des arts et de la culture. Moi-même, j’ai construit un Centre culturel à Abomey. Mes relations avec les acteurs du théâtre, de la danse et de la musique me permettront, au moins, de donner une impulsion à cette initiative culturelle. Ce qui m’a motivé, c’est de pouvoir dire qu’en dehors des centres culturels que nous avons, ici, au Bénin, depuis des années, il existe maintenant un autre espace culturel béninois auquel nous pouvons avoir accès facilement.

Qu’est-ce que ’’Le Centre’’ propose de nouveau aux amoureux des arts et de la culture ?

Pour répondre à cette question, je suis obligé de faire une petite comparaison. Par exemple, l’Institut français, anciennement ’’Centre culturel français’’, aide des artistes qui exposent leurs œuvres dans ses locaux. Nous, notre mission, c’est d’aller même à la base, de permettre aux artistes qui ont besoin d’un cadre pour créer leurs œuvres d’y rester. Ils ont l’espace qu’il faut pour les résidences de création et même pour les expositions.

Quelles sont les perspectives pour faire du ’’Centre’’ un lieu incontournable de promotion de la culture béninoise ?

On se base sur les attentes du public béninois. Si un scolaire a envie de lire dans sa zone géographique, il n’a pas besoin de parcourir beaucoup de kilomètres pour avoir accès à la lecture. Si le public de Godomey veut voir un bon spectacle, il peut être servi. Notre souci, c’est d’offrir aux Béninois, un centre de proximité. Nous avons de l’espace. Et, ça devient pressant de dire que nous avons une identité culturelle à défendre. Nous ne sommes pas là pour vendre autre chose. Notre devoir est de pouvoir exporter la culture béninoise. C’est notre priorité, même si nous devons aussi laisser la place aux artistes d’autres pays. Notre ambition, c’est de voir l’art se développer dans ses différentes disciplines, c’est-à dire que le peintre, même en étant au Bénin, peut avoir son lieu de prestige pour exposer ses œuvres et aussi avoir accès au monde occidental, parce que ce que nous faisons, ce n’est pas seulement montrer les œuvres ici, mais, œuvrer pour que les artistes sortent pour participer à de grandes expositions, à l’extérieur. Il faut réussir à amener la création à une qualité supérieure. Les résidences sont comme des bourses que nous offrons aux artistes pour développer leurs travaux, pour leur propre carrière.

Propos recueillis par Valentine Bonou Awassi