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le Président Boni Yayi appelle à un hommage national  à Mathieu Kérékou

Il est de notoriété publique que le régime en place est celui qui a battu le record des scandales économico-financiers sous l’ère du renouveau démocratique. La liste va s’allonger.  A  trois mois de la fin de ce régime, un autre scandale est dans le vent. Le gouvernement  appelle de tous ses vœux, la justice à prononcer     la   dissolution   du   Projet d’appui   au   développement   des   micro-entreprises   (Padme). Le dossier passe dem     ain mercredi 13 janvier,  devant le Tribunal de 1ère instance de Cotonou. Et pourtant, le portefeuille financier de Padme affiche un cash flow.

Un scandale de plus… Sauf retournement de dernière heure, les membres ou associés de Padme   et   le   Gouvernement   de  Yayi   Boni   par   le   biais   de   l’Agent judiciaire du Trésor Sévérine Lawson, se retrouveront pour une énième fois demain mercredi 13 janvier 2016 devant le juge de la chambre civile moderne du Tribunal de 1ère instance de Cotonou. Et, c’est l’Etat béninois qui a assigné le Padme à l’effet de voir le juge prononcer sa dissolution au motif qu’il y a mésintelligence entre ses membres ou  associés (Conf. Fac-similé).   Une   démarche gouvernementale, pour le moins, curieuse quand on sait d’où est partie cette histoire fabriquée de toutes pièces par  le régime du Chef de l’Etat Yayi Boni, deux ans après son accession au pouvoir   précisément   en   2008. La  situation est si inquiétante voire désolante. Dans cette affaire,  on a l’impression d’être devant un acteur qui, un jour entre par effraction dans une maison familiale, sème le bordel et la zizanie entre les enfants et les deux géniteurs puis, rentre à l’affût et attise le feu qui embrasa toute la concession. Alors, se   prévalant du fait qu’il y a mésintelligence entre les membres d’une famille, il   demande au Tribunal de déchoir le père de famille et son épouse de l’éducation de leurs progénitures pour en devenir lui, le  nouvel éducateur et propriétaire de la maison et tous ses habitants. En droit, c’est ce que rejette toute disposition   légale, à savoir que : « Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ». Et pourtant, c’est ce que le Gouvernement du Bénin, que l’autre a qualifié de   ventilateur, s’apprête à faire contre les intérêts des travailleurs de Padme qui se trouvent actuellement dans le désarroi total, vu que les caisses de leur unité de production afficheraient des indicateurs de performances économiques n’eût été l’incursion malsaine du régime de Yayi Boni dans le fonctionnement du Padme qui a déclenché toute la situation bordélique qui y a court actuellement et remontant à un fait de prince. Car, on se rappelle que par arrêté en date du 14 mars 2008, le ministre de la Microfinance d’alors, Sakinatou Alfa Orou Sidi a, maladroitement fait immixtion dans la gestion du Padme en révoquant de ses fonctions de Directeur général, David Azocly et y a nommé un Dg intérimaire en la personne de Didier Joï, alors Conseiller technique de ladite ministre. Ce fut un tollé général  dans le pays. Au sein du Padme, cela fut ressenti  comme un choc. Les victimes qui n’ont eu d’autres recours que de se confier aux juridictions publiques attendent  d’être rétablies dans leurs droits. Alors que  ces actions judiciaires suivent actuellement leur cours normal,  ce même régime à l’origine du désordre dans la maison Padme décide par des arguties juridiques de demander la dissolution de la société au mépris des intérêts des travailleurs. Toute chose qui conduira inévitablement à la mise à la porte des agents de Padme et déboucher sur une nouvelle crise sociale.
 
Les causes à effets bordéliques
 
Qu’il nous souvienne que c’est suite à un rapport établi par l’ex-Dg/Padme ; David Azocly en sa qualité d’expert en microfinance de la Banque mondiale   sur l’état des activités des institutions de microfinance au Bénin que ses   déboires et ceux de Padme ont commencé avec le régime de Yayi Boni. En effet, dans son rapport M. Azocly a stigmatisé les méthodes maladroites utilisées par le Chef de l’Etat et son gouvernement par le biais du Fonds national   de microfiance (Fnm) pour exercer l’activité de microcrédits au détriment des autres institutions de microcrédits qui exerçaient sur la plateforme avant   l’avènement  du   Fnm. Ledit rapport destiné à la Banque mondiale ayant atterri sur le bureau du chef de l’Etat,  a provoqué  la colère  de ce dernier étant donné que cet outil qu’est le Fnm devrait servir de paravent pour impacter la grande majorité des femmes béninoises pendant que lui, Yayi Boni travaillait à se faire réélire en 2011. Alors, la tête de l’ex-Dg/Padme M. Azocly est mise à prix. Conséquence : prétextant d’une mauvaise gestion, l’ex-ministre de la microfinance, Alfa   Orou   Sidi   révoque   de   ses fonctions M. Azocly pour y nommer son Conseiller technique M. Joï. Cette décision viole la Loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association  étant entendu que le Padme est une association. En effet, remontant dans l’histoire, le Padme était dans un 1er temps une initiative de l’Etat béninois s’inscrivant dans le cadre de la prise de mesures tendant à atténuer les   effets   sociaux du Programme d’ajustement structurel (Pas) auquel le Bénin,   au   bord   de la banqueroute à la fin des années 80 a souscrit auprès des institutions de Bretton Wood. Ainsi, après avoir fonctionné du 1er septembre 1993 au 31   octobre 1998, sur conseil de la Banque mondiale qui appuyait financièrement   le Projet Padme, ce dernier a été transformé en association Loi 1901 avec le   transfert des actifs et passifs. Cette opération fut consacrée par la Convention   n°99002-C du 6 septembre 1999 signée entre l’Etat béninois représenté par le ministre de l’économie et des Finances d’alors, Abdoulaye Bio Tchané et l’Association Padme. Nous  étions donc à la formule de gestion de l’association Padme, lorsque de manière impromptue en 2008, le Gouvernement de Yayi Boni s’immisce dans la maison, la gère et du jour au lendemain demande sa dissolution alors que selon l’article 4 des Statuts de Padme, sa durée de vie est de 99 ans. Encore que rien ne présage d’une telle dissolution vu que la trésorerie de Padme ne présente actuellement aucun signe d’essoufflement. Bizarre… n’est-ce pas ?
 
Les turpitudes d’un pouvoir grincheux
 
Parmi d’autres turpitudes développées par le Gouvernement de Yayi Boni pour dissoudre le Padme, dans le seul intérêt de servir les désirs  funestes   d’un   seul homme, il convient de souligner le micmac organisé en plan de déluge pour tenter de couler le Padme. En effet, à l’origine de sa création et selon ses Statuts, le Padme est constitué des membres fondateurs que voici : Association des clients fidèles du Padme dénommée Fidélia-Padme ; Fédération nationale des artisans du Bénin (Fenab) devenue Cnab ; Ong Africare-Bénin ; Papme ; Ccib ; personnel Padme représenté par le Dg Financial Bank devenue Orabank ; puis l’Etat béninois représenté par le Ministère du plan. Aussi, les statuts ont-ils précisé, que l’Etat béninois n’est pas éligible au Conseil d’administration. De même, une disposition de la Convention de transfert d’actifs et de passifs   stipule clairement et nettement que l’Etat béninois s’engage à ne pas s’immiscer dans le fonctionnement de l’association Padme. Mais contre toute attente, le régime Yayi Boni, sur la base d’un rapport d’une Commission d’enquête prétextant d’une mauvaise gestion au Padme, sur instruction du Conseil des   ministres révoque le Dg, suspend les membres du Conseil d’administration.   Puis, il met en place un Comité de suivi. Il n’en fallait pas plus pour que le Dg/Padme révoqué attaque cette décision gouvernementale devant le Tribunal de   Cotonou. Le Dg Azocli s’attendait à ce que le Gouvernement se   comporte en responsable en invitant les personnes morales du Conseil d’administration à désigner d’autres administrateurs. C’est avec stupéfaction   que l’on observa une turpitude mise en œuvre et qui consistait à la cooptation   de nouveaux administrateurs. C’est ainsi qu’à l’issue d’une Assemblée générale factice, ils mettent en place un nouveau Conseil d’administration fait de proches et amis. Des personnes morales qui n’y étaient pas au départ, s’y sont retrouvées. C’est le cas d’une nouvelle association de clients de Padme créée de toutes pièces, de Serfi Afrique, de Nsia Bénin et le Ministère de la microfinance substitué au Ministère du plan. Dans leur basse manœuvre, ils ont donc écarté  Financial Bank, le Papme et l’originelle Fidélia-Padme.
Dans cette situation pour le moins hallucinante, des recrutements fantaisistes ont été opérés, des responsables dégommés et remplacés par des moins expérimentés en matière de microfinance. Comme si le mal n’avait pas fini de   ronger le bon fonctionnement de Padme, version  Gouvernement   Yayi   Boni, le Dg intérimaire se permet de recevoir des instructions du Ministère qui heureusement sont rejetées par le Pdt du Conseil d’administration. Ainsi, le fonctionnement   régulier des activités de Padme étant devenu une salade russe, l’Etat   béninois intervient une fois encore, dissout le Ca et mets en place un nouveau Comité de suivi. C’est ainsi que le Conseil d’administration dissout intente un procès au Gouvernement qu’il gagne en 1ère instance et en appel. Le Gouvernement se retrouvant la queue entre les jambes, s’est résolue à pourvoir en cassation à la Cour suprême.
 
L’anachronisme d’une logique gouvernementale
 
C’est en ce moment où l’affaire est actuellement pendante devant la Cour suprême que le Gouvernement de Yayi Boni décide   de faire du dilatoire en sollicitant la dissolution purement et simplement de Padme. Et dans le même temps, des bras actifs de ce Gouvernement aux méthodes anachroniques s’emploient à rassurer les travailleurs de Padme au motif qu’ils ne perdront pas leurs emplois. Or, il est d’une logique implacable que lorsqu’une société est dissoute, l’on procède à sa liquidation qui débouche inévitablement sur le paiement des droits des travailleurs qui sont ainsi  licenciés. Alors que de l’avis des travailleurs de Padme, leur unité de production n’a aucun problème de trésorerie si ce n’est la mésintelligence entre certains membres créée de toutes pièces par la malencontreusement immixtion du   Gouvernement de Yayi Boni dans le fonctionnement régulier de leur association. Aussi, collant à sa logique de faire chuter Padme, avant la demande de sa dissolution, le Gouvernement a déjà prononcé le retrait  de son   agrément. C’est  donc  avec consternation  que l’on constate cet énième scandale économico-financier qu’opère le régime de Yayi Boni à quelques jours de la fermeture définitive de sa page de l’histoire politique du Bénin. Le cas de Padme s’apparente presque à celui de la Sodéco de Patrice Talon où ce même Gouvernement s’est invité maladroitement, comme à son habitude dans le fonctionnement d’une société à capital majoritairement privé pour s’arroger des droits de réquisition   de   son   outil   industriel. Dans le cas   où le juge prononcerait, par extraordinaire, la dissolution de Padme, d’ores et déjà, on a bien l’impression que le Gouvernement se prépare à faire transférer   les actifs et passifs de Padme au Fonds national de microfinance (Fnm), son bras opérationnel de propagande électorale qu’on mettrait   certainement au service   du candidat de Fcbe à la présidentielle de février 2016. En clair, on use de la   puissance publique pour satisfaire les désirs de vengeance.
 
Apol Emérico Adjovi