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L’archevêque de Lokossa exhorte les chrétiens catholiques à observer le temps de carême

Le carême est une période de jeûne et d’abstinence de quarante jours que le christianisme a instituée au IVe siècle en référence aux quarante jours de jeûne de Jésus-Christ dans le désert. Dans les départements du Mono et du Couffo,  les  fidèles Chrétiens catholiques observent  religieusement les prescriptions de prière, de jeûne et de partage qui a commencé depuis le mercredi des cendres.

 
Depuis quelques semaines, les fidèles chrétiens catholiques du monde entier observent le temps de carême. Dans les départements du Mono et du Couffo, notamment dans la Commune de Lokossa, cette période est observée religieusement par les fidèles catholiques. En effet, la période de carême est un temps d’approfondissement, de prières et de détachement des biens matériels en préparation de la Pâque. C’est un temps qui dure quarante jours et qui court du mercredi des cendres au dimanche des rameaux. A en croire le prêtre Victor Gninou de la Cathédrale de Lokossa,  la pratique du carême remonte au IVe siècle. « A cette époque, le jeûne consistait à ne prendre qu’un repas quotidien en fin de journée et à s’abstenir de toute nourriture les jours du Vendredi et du Samedi. Une justification de l’intérêt du carême est de considérer qu’il donnait aux populations, à l’époque, une bonne raison d’affronter les derniers mois de l’hiver, où les réserves en nourriture étaient au plus bas. La privation collective permettait d’atteindre le printemps sans vivre la famine », explique-t-il. Le carême n’est donc pas seulement un temps de sacrifice ou de pénitence. C’est avant tout une invitation pour tous les chrétiens de se concentrer sur l’essentiel qui est Jésus-Christ. Raison pour laquelle le prêtre demande de faire pénitence. Car, faire la pénitence c’est se détacher de ce qui retient, de s’ouvrir aux autres et de se convertir au Christ pour accéder à la vraie liberté d’aimer comme il a aimé l’humanité au sacrifice de sa vie. « Le Carême est  un cheminement marqué par la prière et le partage, par le silence et le jeûne, dans l’attente de vivre la joie pascale », ajoute-t-il.  L’abbé Gérard Dégbovi du diocèse de Lokossa, pour sa part, estime que le carême est un temps que l’église offre à tous les chrétiens catholiques pour se préparer sérieusement avant  la fête des pâques qui est la résurrection du Seigneur Jésus-Christ. « C’est une période d’entraînement pour vaincre le péché qui entrave la marche du chrétien vers la sainteté. C’est un temps où l’homme doit faire un effort de purification, de recherche d’une vie plus chrétienne. C’est aussi une période de privation qui oriente vers l’écoute de la Parole de Dieu et l’action charitable. Cette période est fondée sur trois piliers. Il y a la prière, le partage et le jeûne. Tous les jours, nous devrons prier et jeûner. Nous devrons venir à la messe et visiter les lieux  de prières », renchérit-il. En dehors de ces exigences, le jeune chrétien catholique doit aussi partager et être généreux au cours de ce temps de jeûne. « Il faut partager ce que l’on a. Car,  la Bible nous a dit que « La foi sans les œuvres est une foi morte ». Donc, il faut que nous puissions avoir un cœur généreux et de partage. Et là, ce temps de partage va nous ouvrir les portes du ciel », confie-t-il. Au cours de ce temps de carême, le jeune chrétien doit, selon les deux prêtres, revoir ses mauvaises habitudes. Par conséquent, les jeunes doivent selon eux, se donner la possibilité de vaincre le mensonge, la duperie, la cupidité, la vanité, l’orgueil, la jalousie, la haine, la rancœur, la médiocrité et de poser un regard nouveau sur les personnes et les situations d’injustice et de précarité spirituelle et matérielle du monde. « Le chrétien doit, au cours de ce temps de carême, s’abandonner  à son seigneur. Il doit se sacrifier pour les autres tout en se rappelant de la souffrance de son Sauveur », conseillent-ils. Au regard de ces exigences de la période de carême, les deux hommes de Dieu ont exhorté les chrétiens à se rapprocher davantage de Dieu et à s’atteler à la vraie vie de foi et de pratique des vertus : « Pour vivre ce temps de carême, il faut s’appuyer sur la Parole de Dieu dans laquelle nous trouvons toutes les ressources humaines, psychologiques, spirituelles et matérielles. Revenons au Seigneur en resserrant nos liens intimes avec lui, dans l’écoute et l’obéissante de sa parole, dans la conversion véritable », suggèrent-ils.
 La prière, le pilier fondamental du carême
Au cours de ce temps de carême, le jeune chrétien catholique doit beaucoup s’adonner à la prière. « La prière est l’arme de combat du chrétien. Elle a besoin d’être davantage aiguisée en ce temps. Le chrétien doit s’engager à être plus assidu aux séances de prières pour surmonter les tentations », rassure l’abbé Gérard Dégbovi du diocèse de Lokossa. En plus de la prière, le temps de Carême est une invite  à l’aumône et au jeûne. Dans leurs homélies des dimanches du temps de carême, les prêtres ne cessent de rappeler ce concept biblique aux fidèles chrétiens. « L’aumône consiste à aller vers l’autre. On ne peut pas vivre en vase clos. L’aumône nous met en communion les uns avec les autres. Une société ne peut s’édifier sans le concours des autres et l’Église ne peut vivre sans la solidarité agissante. Saisissez ce temps de Carême pour accomplir de petits gestes de solidarité, partager un sourire, visiter les malades, donner un coup de pouce à votre prochain, oser mettre la main à la poche pour secourir un nécessiteux, dans un esprit d’effacement et de discrétion totale » souhaitent-ils. Selon le prêtre Marie Salomon Dégbènyi, curé à la paroisse de Zogbédji du diocèse de Lokossa, le carême fait redécouvrir l’immensité de l’amour de Dieu en même temps que la laideur et la force dévastatrice du péché. A l’en croire,  le Carême est un temps qui fait redécouvrir l’immensité de l’amour de Dieu pour  les hommes en même temps que la laideur et la force dévastatrice du péché. Expliquant les avantages du jeûne, il confie qu’il permet de vivre avec courage, un renoncement disciplinaire et  vigoureux ce temps de carême. « Il empêche de dire du mal de son frère. Il permet de discipliner son corps et de savoir utiliser les moyens que Dieu nous donne. Un jeûne gai et enthousiasmant fait frémir le cœur de Dieu. Pendant le carême, nous sommes invités, le dimanche, à célébrer la Résurrection du Seigneur. A travers la messe de chacun de ces jours de carême, l’Eglise nous donne un nouvel élan pour profiter pleinement de ce temps de carême», explique-t-il.
Claude Ahovè
(Br Mono-Couffo)