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Le préfet Toboula insensible aux plaintes des populations

La campagne de propreté de Cotonou dérange sérieusement le quotidien déjà précaire de nombre de Cotonois. Maintenir la ville propre, même au péril de la pitance des populations, telle est la devise de l’actuelle autorité préfectorale. Et si on pensait un peu aux dégâts collatéraux avant de décider ?

Les engins sont impitoyables. En broyant cabanes branlants et ateliers situés aux abords des grandes voies ou aux alentours des écoles et collèges publics, ils créent le désert. La décision préfectorale passe sur tout ce qui bouge. Ni les plaintes et les pleurs de ces populations dont la vie se résume aux revenus générés par ces activités n’émeuvent guère l’autorité de tutelle. Autre temps, autre mœurs.  Ici, c’est la Rupture. Les bruits de fond montent, les plaintes s’accroissent. Ces nombreux commerçants se retrouvent, du jour au lendemain, sans activité. L’accumulation des casses tous azimuts à Cotonou sans une approche cohérente d’accompagnement de ces populations accentue les frustrations.  Cotonou doit être propre, mais le gagne-pain de ces commerçants doit être préservé. La spécificité des pays pauvres, c’est la très forte proportion des gagnepetits. Arracher leur pitance sans penser à leur trouver des solutions alternatives serait une erreur. Réfléchir à reloger ceux-ci ne sera pas illogique. C’est d’ailleurs une impérieuse nécessité. L’autre difficulté des mesures préfectorales se trouve au niveau du suivi. Cotonou, malgré ‘’le savon’’ des opérations de  déguerpissement garde toujours ses crasses historiques. Rien n’a vraiment changé. Puisque,quandon chasse le nature, il revient toujours au galop, les anciennes habitudes reprennent leur quartier aussitôt après le départ de la force. Il semble que le désordre et les déchets sont culturels par ici. La force a été toujours sollicitée à Cotonou. Mais, depuis des années, les mesures de déguerpissement ont été toujours le baume. On a encore  en esprit  les actions fortes du tout puissant Chef de circonscription  Jérôme Dandjinou à, Cotonou. Léhady Soglo aussi a mené sa razzia à  quelques jours de l’arrivée du Pape Benoît XVI. Cotonou avait vraiment changé en ces temps,  mais ce n’était que le temps  d’une mesure.  La question qui apparait tout de suite, c’est de savoir si la force à tout prix et au prix ne présente pas enfin ses limites. Comment réussir à faire prendre conscience de la nécessité pour tous de maintenir la ville propre ? Comment réussir à faire de la préservation de la nature, de la propreté des infrastructures une question de conditionnement psychologique ? Que faire pour changer l’approche de chacun par rapport à la nature et à son environnement ? La question est plus sérieuse qu’on y pense.

Patients souffrant le martyre, élèves et enseignants poursuivant le marathon

Ils sont nombreux à souffrir de la décision préfectorale d’interdiction aux motocyclistes deux roues de circuler dans la zone de Missèbo. L’Hôpital de la mère et de l’enfant enregistre une baisse du nombre de patients. Selon les syndicats et responsables de ce centre public de santé, la fréquentation des patients a diminué en raison de la mesure préfectorale. La difficulté rencontrée par les patients, en l’occurrence les femmes en état, a interpellé l’Inde qui a offert à l’hôpital des tricycles pour transporter ces patients du carrefour jusqu’à l’hôpital.  Au cours de la cérémonie de don, le Préfet du Littoral Toboula a salué l’initiative, mais il a semblé qu’il s’agit, en l’espèce, d’un médecin après la mort. La décision de l’autorité a perdu de vue cet aspect que l’Inde a comblé en partie. L’Etat ne saurait se réjouir de la mort de ses enfants et il urge de trouver une mesure d’accompagnement à l’instar de celle de l’Inde. Ceux qui souffrent aussi de cette décision, ce sont les apprenants et enseignants du Lycée technique Coulibaly.  Sur ce tronçon, enseignants en costume et élèves en kaki se trouvent obligés de trainer, tout en sueur, les motos jusqu’à l’intérieur du lycée. Ces sports à toutes les heures de la journée sont imposés à tous les usagers du lycée. L’ambition de limiter les braquages crée d’autres effets non minimes.

HA