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OP-CASQUES
Les usagers de la route renouent avec le port de casques

En lieu et place d’une répression, les populations de Cotonou et d’Abomey-Calavi ont assisté à une journée de sensibilisation. L’opération port de casque, ceinture de sécurité et piste cyclable a été beaucoup plus pacifique, contrairement aux grandes annonces de la hiérarchie policière.

Il n’y a pas eu de répression, il y a eu sensibilisation. La fougue déployée à travers le supposé communiqué du Directeur général de la Police n’était pas au rendez-vous. Les éléments de Louis Philipe Houndégnon ont fait preuve d’une attitude plutôt pacifique. Tôt dans la matinée de ce mardi 14 juillet, ils ont occupé les grandes artères de Cotonou et d’Abomey-Calavi. La démarche était instructive. Tous les motocyclistes qui n’avaient pas de casque étaient gentiment priés de le faire. Contrairement à ce qui était annoncé, aucune moto n’a été retirée, aucun motocycliste n’a été contraint d’aller chercher son casque. L’attitude des motocyclistes, à la vue des forces de l’ordre déployées, était celle de la stupéfaction. La plupart n’étaient pas informés et se demandaient même la raison de leur arrestation. Il a fallu quelques minutes d’explication pour les amener à comprendre qu’en fait, l’opération a repris et qu’il va falloir qu’ils s’y conforment. Ils acquiescent poliment et promettent le faire. Ceux qui l’ont sur eux et ne l’ont pas porté, le portent. D’autres rechignent sans être, pour autant, contraints. Pas d’acte de résistance ! Pas de geste déplacé ! Il n’est pas rare de noter des contestations éparses, la majorité l’a bien accepté.

 Relâchement dans la soirée

 L’opération de sensibilisation a, sans doute, duré la matinée. Dans la soirée, le grand déploiement noté s’est retiré. On observe juste des policiers positionnés au niveau des postes de contrôle qui font juste ce qu’ils peuvent. Mais, ce qui impressionne dans le geste de certains motocyclistes, c’est que déjà, juste à l’annonce de la nouvelle, certains ont déjà commencé par ‘’se faire ami’’ aux vendeurs de casques. L’affluence à ce niveau a connu une légère hausse. Le geste est spontanée et démontre qu’en réalité, on n’a pas besoin d’une répression ‘’sucrée’’ pour amener la majorité à changer de comportement. En tout cas, la tendance dans la journée d’hier est beaucoup plus à une légère hausse. Les brebis galeuses ont, sans doute, continué par circuler sans casque, mais une sensibilisation plus accrue permettra à ceux qui avaient tout de même acquis l’habitude de se conformer. La force devra être l’ultime recours.

 La Police très modérée

 On a noté un fort contraste entre le supposé communiqué et l’attitude des agents sur le terrain. Beaucoup se sont même demandé si l’autorité n’a pas revu sa position. La journée d’hier, contrairement à ce qui a été annoncée, même par les autorités policières, a été tout sauf répressive. On aurait pu lever l’amalgame en parlant de sensibilisation. Du coup, on se demande s’il y a eu un souci syntaxique ou s’il s’est agi d’une volte-face. L’autorité policière a-t-elle reçu des ordres ? Ce qui est sûr, la force publique n’était pas au rendez-vous. Les prochains jours le seront-ils ? Attendons de voir.

AT

  Réactions de quelques usagers et de la Police

 Nous avons sillonné la ville de Cotonou hier pour le constat et avoir l’avis des usagers de la route sur la reprise de cette opération par la police. Le porte-parole du commissariat central de Cotonou nous a aussi apporté quelques précisions sur les motifs de ladite opération. Lisez plutôt.

François Dohou, usager de route à moto : « C’est inutile de porter les casques »

« C’est inutile de porter les casques, car quand on porte les casques on a du mal à entendre souvent ce qui se passe autour de nous, on ne reçoit pas bien les klaxons de derrière. L’essentiel c’est qu’avec ou sans casque, les gens meurent par accident »

 Alice, cliente d’un taxi-moto : « je n’ai pas les moyens de m’acheter un casque »

« Moi, je n’ai pas les moyens de m’acheter un casque. C’est pour cela que je suis sorti sans casque. En plus, je ne sors pas beaucoup ».

 Salami Moudachiri Wilfrid : « les casques sont chers »  

«Je suis venu ici pour acheter le casque pour éviter les accidents de la circulation. Et c’est parce que j’ai appris aussi qu’ils vont recommencer par réprimer le non-port de casque. Mais ils sont chers car, ils m’ont dit 12 000 FCfa »

 Richard Akodandé Honma, chef service des accidents et constat au commissariat central de Cotonou : « …il ne s’agit pas d’une répression mais d’un rappel à l’ordre… »

« Le port de casque à moto et de ceinture de sécurité est inscrit dans l’application du décret n°72-127 du 27 avril 1972 rendant obligatoire le port de casque. Donc, il ne s’agit pas d’une répression mais de rappeler à l’ordre les usagers sur certains axes pour leur dire l’importance du port de casque ; car aucune répression n’aura lieu. Ceci a d’ailleurs porté ses fruits car, sur 10 usagers, on voit 8, à présent qui portent leur casque. Le port de casque est un acte citoyen »

 Propos recueillis par Rosemonde Pognon (Stag)