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le Président Boni Yayi reconnait avoir échoué dans la lutte contre la corruption
L’appui de Yayi Boni au Guoce est déterminant

Le chef de l’Etat est soucieux de la compétitivité du Port autonome de Cotonou. Après la création en 2011 de la Société d’exploitation du Guichet unique du Bénin (Segub) dont les performances en matière d’amélioration des recettes de l’Etat ne sont plus à démontrer, le Bénin dispose en effet depuis quelques mois d’un autre outil pour accélérer les échanges commerciaux. Il s’agit du Guichet unique des opérations de commerce extérieur (Guoce). Au sein de certains acteurs portuaires, cet outil fait grincer déjà les dents.

Plusieurs marches de protestation ont été organisées pour présenter le Guoce comme un outil qui va contribuer à mettre plusieurs transitaires mandataires au chômage. Malheureusement, le Guoce est tout sauf ce que ces transitaires qui ne sont qu’une minorité perdue en disent. Contrairement à ce qui se dit çà et là, le Guoce est bien le fruit du partenariat entre les autorités béninoises et la société publique-privée d’exploitation du guichet unique du Bénin (Segub) sur la base d’un contrat de partenariat signé en décembre 2014. Cet outil reflète une réelle volonté du Bénin d’améliorer dans la sous-région et en Afrique, le traitement des opérations de prédédouanement. Dans sa conception, cet outil s’inscrit dans une optique de modernisation par la dématérialisation de la liasse documentaire nécessaire au dédouanement des marchandises en allégeant la gestion administrative, tout en les sécurisant.

Dans sa mise en œuvre, chaque structure émettrice de certificats et autres autorisations ministérielles a bénéficié d’une approche personnalisée. En fonction du diagnostic, des actions d’optimisation de gestion ont été validées par les acteurs dont la forte implication a été déterminante pour la réussite du projet. Cet engagement singulier et remarquable permet désormais la délivrance en ligne de certificats, tout en permettant aux usagers de suivre en temps réel l’avancement de leur demande. De plus, l’outil offre aux administrations la possibilité de coordonner leurs actions en leur donnant une vision transversale des données et non cloisonnée par structure.

 Un projet bien pensé et innovant

 La création du Guoce en plus du Guichet unique portuaire ne s’est pas faite sur un coup de tête. L’Etat béninois a fait de ce projet une priorité pour rester à l’avant-garde de la facilitation du commerce et réduire les délais et les coûts associés aux opérations de prédédouanement tout en continuant d’assurer la sécurité et la santé de la population. Ce projet s’inscrit dans la droite ligne de la plateforme innovante du Guichet unique portuaire lancée en 2011 et qui a été le symbole des changements réussis par le Bénin. La reconnaissance de cette réussite a été saluée par les instances portuaires internationales par le prix Ipcsa. Lors de l’analyse de l’existant réalisée en collaboration étroite avec les structures émettrices de certificats et les acteurs de l’activité portuaire, plusieurs constats ont été faits. Il s’agit notamment : d’une quantité élevée de documents de prédédouanement avec des informations redondantes, d’une multitude d’intervenants avec une hétérogénéité de processus, d’un traitement manuel des demandes et d’un faible recours à la bureautique, des coûts conséquents pour la plupart des formalités de prédédouanement, parfois sans justification, des longs délais pour la préparation des documents de prédédouanement (14 jours sur 25 pour l’importation, soit 56% du temps, 16 jours sur 25 pour l’exportation, soit 64% du temps). A partir de ces constats faits, des axes d’amélioration tant fonctionnels, techniques, qu’organisationnels ont été définis et partagés avec les différents acteurs, l’objectif ultime étant la facilitation du commerce. Dans le contexte de simplification des procédures, la dématérialisation de la liasse documentaire répond aux besoins d’innovation pour améliorer toujours plus l’attractivité économique et le commerce du Bénin. Selon ses concepteurs, le Guoce répond d’ailleurs à plusieurs objectifs : faciliter les échanges avec l’extérieur par la simplification des procédures de prédédouanement (normalisation des documents, formalisation des procédures de transparences, ciblage…) et des échanges d’informations qui leur sont associés ; permettre aux opérateurs économiques d’être plus compétitifs en réduisant les délais de préparation des documents ainsi que les coûts (directs et indirects) liés à ces procédures, tout en les homogénéisant et enfin faire du Bénin un partenaire économique de choix pour les acteurs du commerce international. Cette nouvelle plateforme oriente d’ailleurs le Bénin vers des solutions dont pourront bénéficier les acteurs des secteurs publics et privés.

Pour les administrations publiques et la Nation, cette plateforme permettra : d’enregistrer des avancées en termes de modernisation et de renforcement de l’efficacité opérationnelle de l’administration ; d’optimiser les délais de délivrance des documents de prédédouanement avec un contrôle plus simple, plus rapide et plus sûr grâce au système de validation informatisé ; d’avoir un gain de temps pour tous les agents des ministères avec la dématérialisation des procédures et un archivage électronique facilitant la recherche d’information et enfin de réaliser une meilleure synergie interministérielle grâce à un partage des informations et un module de statistiques performant au service des décideurs.

Pour les opérateurs économiques, les avantages du Guoce sont énormes. Cette plateforme va garantir plus de visibilité et de rapidité dans le traitement des procédures de prédédouanement avec une transparence dans le traitement des dossiers, une réduction des informations redondantes à fournir, une facturation centralisée et transparente et un accès simple aux réglementations en vigueur avec des mises à jour régulières. Comme on peut donc le constater, le commerce béninois va concrétiser un vaste projet qui bénéficiera à tous les acteurs à travers le Guoce.

 Une réforme saluée par plusieurs acteurs portuaires

 Mis à part quelques groupuscules de transitaires mandataires télécommandés, l’avènement du Guoce est salué par plusieurs acteurs portuaires, notamment ceux-là qui sont soucieux du renflouement des caisses de l’Etat. Pour la plupart d’entre eux, les remouds qu’on observe en ce moment ne sont qu’une tempête dans un verre d’eau et ressemblent à ce qui avait été vécu avec l’avènement de la Segub qui a bousculé des habitudes et surtout des intérêts. Toujours pour ces acteurs vertueux, le gouvernement ne doit pas baisser les bras. Il doit aller plus loin dans ses réformes afin que l’espace portuaire soit débarrassé par des gens qui n’y ont pas leur place et qui trouvent leur salut dans des pratiques douteuses (falsification de documents, surfacturation, corruption, fraude douanière…).

 Le Guoce en 05 étapes

 Le Guichet unique des opérations du commerce extérieur (Guoce) est un outil qui a été développé de manière à simplifier le flux de traitement tout en sécurisant et sans entraver l’expertise des ministères et Directions émettant des certificats. Le schéma général du Guoce compte cinq étapes majeures.

  1. Le commissionnaire agréé en douane (Cad) se connecte à la plateforme www.guocebenin.bj à l’aide de son identifiant et mot de passe,
  2. Le Commissionnaire agréé en douane se connecte au Guoce dans le but d’annoncer une expédition (importation, exportation ou transit) de marchandises. Il saisit les informations demandées (importateurs, exportateurs, pays, produits, quantité, poids, valeur, devise…) et joint les documents requis (Factures, Bl, carte d’importateur, autres….) nécessaires au traitement de sa déclaration. Une fois les informations renseignées et les documents postés, le système détermine si l’expédition requiert un ou plusieurs certificats.

Dans le cas où l’expédition ne requiert pas d’autorisations ou certificats, les informations et documents sont automatiquement accessibles à l’administration douanière. Sinon, le Guoce identifie automatiquement les autorisations/certificats exigés et les transmet vers chacune des structures concernées pour le traitement.

  1. Après avoir effectué les contrôles adéquats, chaque autorité compétente se prononce sur la conformité de l’autorisation, établit la facture correspondante puis valide le dossier dans le système.
  2. Lorsque la dernière autorisation liée à une demande est traitée, le Cad reçoit une notification lui indiquant la finalisation du traitement de sa demande. Le Bordereau Unique de prédédouanement (Bup), listant l’ensemble des frais récapitulatifs des structures émettrices est alors disponible pour paiement auprès de l’une des banques partenaires.
  3. 3. Après paiement du Bup, toute la liasse documentaire est disponible pour téléchargement par le Cad et la douane en vue du dédouanement des marchandises.