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Selon Me Migan, la Cour a vu juste en prenant sa décision
Pour Me Migan, Lionel Zinsou a des atouts pour briguer la magistrature suprême

 Dans une réflexion sur les chances de potentiels candidats à la présidentielle de 2016, l’ancien bâtonnier, Me Jacques Migan, est parvenu à la conclusion selon laquelle le premier ministre, Lionel Zinsou, est le meilleur candidat. La démonstration de Me Migan donne l’assurance à ce dernier de se retrouver, le 06 avril 2016, dans le fauteuil présidentiel.

« Le gouvernement que le Président Yayi Boni vient de former retient toutes les attentions, aussi bien des hommes politiques que des acteurs de la société civile ou des journalistes. Avant sa constitution, nous avions menés des réflexions (parues dans La Nouvelle Tribune, La Presse du Jour, La Tribune de la Capitale, le Matinal en date du 5 juin 2015), intitulées « Ultime remaniement ministériel : un gouvernement du développement, c’est possible ». Ces réflexions ont été plus ou moins entendues, bien que certains voient, non pas sans quelque raison, dans le gouvernement formé, un gouvernement de « gratitude », de « récompense » ou de « remerciement ». Mais ce qui semble échapper à plus d’un, est que, sous les apparences de « récompense » et de « gratitude », Yayi Boni a formé un véritable gouvernement de combat électoral. Si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, le candidat porté par l’alliance Fcbe, parti au pouvoir, serait assurément au 2nd tour, fort de sa position de première alliance de partis contrôlant plus de 30% de l’électorat, de l’homogénéité et de la discipline de groupe qui caractérisent cette alliance.

 Des germes de fragilisation de l’opposition

 A contrario, il est malaisé de pronostiquer des chances d’arriver au 2nd tour, pour l’un des nombreux candidats que comptent les forces de l’opposition. Pour preuve, trois députés de l’Alliance Soleil, à savoir, Robert Gbian, Sacca Lafia, Issa Salifou seront probablement candidats à l’élection présidentielle. Messieurs Abdoulaye Bio-Tchané, Léhady Soglo, Janvier Yahouédéou, Mathurin Nago seront très probablement également candidats à la même élection. Vraisemblablement, Messieurs Eric Houndété, Emmanuel Golou et Joseph Djogbénou membres de la première force politique de l’opposition seront également candidats à cette élection. D’autres candidats potentiels qui ont des affinités avec le parti de l’Un, pourraient disputer l’électorat habituel des candidats précités (Messieurs Fernand Amoussou, Patrice Talon le cas échéant). Pour garantir sa place au 2nd tour, le candidat porté par les Fcbe pourrait compter, non seulement sur le Président sortant et l’ensemble de son gouvernement (qui compte malgré les départs, la présence de plusieurs forces mobilisatrices à savoir, Monsieur François Abiola désormais vice-premier ministre et Messieurs Alassane Soumanou et Komi Koutché promus chacun ministre d’Etat) ainsi que les députés du groupe parlementaire Fcbe pour battre campagne. Et puis, la multiplication des candidats issus de l’opposition provoquera un émiettement des suffrages qui aura pour conséquence de l’affaiblir et de profiter au candidat Fcbe.

 Des qualités de l’oiseau rare

 Mais, pour les Fcbe, le candidat désigné devra faire montre de compétences en matière politique et de gestion de l’Etat. Il devra être étranger aux différents scandales qui ont entaché jusqu’alors la gestion du Président Yayi Boni ; il devra avoir un grand sens des responsabilités de l’Etat, être un patriote. Autrement dit, les Fcbe doivent rechercher un homme neuf. Monsieur Lionel Zinsou répond-il à ces attentes ? Sa fine et profonde connaissance des affaires et de la haute finance, son expertise acquise auprès de plusieurs Chefs d’Etat (Sénégal, Côte d’Ivoire, Bénin, Burkina-Faso, Cameroun, Gabon) et autres hommes politiques d’Afrique et d’ailleurs font-ils de lui « l’oiseau rare » recherché ? Par ailleurs, la création, depuis 10 ans par l’actuel premier ministre, de la Fondation Zinsou, démontrant l’attachement de l’intéressé à la promotion des valeurs culturelles, un des piliers de tout processus de développement, suffit-elle pour voir en lui quelqu’un qui croit et contribue au développement quotidien des Béninois ? Dans l’hypothèse où Monsieur Lionel Zinsou serait le candidat de la mouvance présidentielle actuelle, il serait, d’une part, dans la posture de Monsieur Alassane Ouattara, issu du Fonds monétaire international (Fmi), jadis sollicité par le Président Houphouët-Boigny pour occuper le portefeuille de Premier-Ministre alors que la Côte d’Ivoire traversait une situation économique difficile. A l’instar de Monsieur Alassane Ouattara, Monsieur Lionel Zinsou apparaît aujourd’hui comme une caution morale et une garantie pour les différents partenaires et financiers qui désirent accompagner le Bénin dans son processus de développement. D’autre part, nous ne pouvons que dénoncer et déplorer les critiques racistes dont il est aujourd’hui l’objet. Ces mêmes personnes s’étaient réjouies de l’élection de Monsieur Barack Obama en 2008. Rappelons que ce dernier est né à Hawaï d’un père kenyan donc noir et d’une mère blanche originaire du Texas. Il est Noir et c’est une Amérique majoritairement blanche qui l’a choisi comme leader. Ces précédents historiques montrent bien que Monsieur Lionel Zinsou pourrait être le prochain président du Bénin, pour le salut et le développement de notre Nation. Monsieur Zinsou pourra compter, dans cette bataille pour gagner « le palais de la Marina », sur son carnet d’adresses, ses réseaux, sur le soutien que lui apporteront les Fcbe et bien évidemment le parti de son oncle, le Président Emile D. Zinsou. On peut espérer en définitive, que Monsieur Zinsou n’assumera, n’endossera et encore moins ne couvrira les malversations et autres scandales qui ont jalonné la gestion du Président actuel.

 Jacques A. Migan

 Ancien Bâtonnier

 NB: Le titre, le chapo et les intertitres sont proposés par la Rédaction