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Le Pasteur Raphaël Houessou retrace le parcours de Patrice Talon

 Qu’est-ce qui s’est passé ? Le président Patrice Talon, a reçu les charges présidentielles des mains de celui que nous pouvons désormais appeler ancien président du Bénin Thomas Boni Yayi. Suite à une passation de charge, le nouveau président a été solennellement et majestueusement installé dans ses nouvelles fonctions le mercredi 6 avril 2016 conformément aux dispositions constitutionnelles de notre pays le Bénin. C’est donc dans la liesse populaire rehaussée des 21 coups de canon que Patrice Talon a été investi dans ses nouvelles fonctions et a prêté serment  en qualité  de chef de l’État, chef du gouvernement. Si nous jetons un petit regard sur les années 2011 et  2012 quant à  ce qui s’est passé dans la vie de celui  qui devient le premier  citoyen de notre pays aujourd’hui, nous ne pourrions qu’avoir la chair de poule, ce sentiment qui n’aura  sur nous autre effet que de nous amener à craindre l’Éternel Dieu. Qu’est ce qui s’est passé pour que la victime d’hier devienne  le héros d’aujourd’hui ? Qu’est ce qui s’est passé pour que l’accusé d’hier devienne  le premier magistrat d’aujourd’hui ? Qu’est qui s’est passé pour que celui sur qui l’opprobre a été jeté, qui a été  l’objet d’anathème, considéré comme un assassin, un  meurtrier, un fossoyeur  et qui aurait pu être facilement lynché, eh bien, qu’est ce qui s’est passé pour que ce soit celui là   qui  tienne  la grande couronne aujourd’hui avec à sa suite des griots qui de partout  chantent ses éloges. Ceux-là même qui ont organisé des messes, des cultes, des prières  dans les églises, dans les temples, les mosquées  et les couvents afin de soutenir disait-on le président victime d’une tentative d’empoisonnement  et de coup d’état, les voilà à la suite du nouveau président. Comment les nombreuses marches à n’en point finir, les imprécations,  et toutes sortes de malédictions organisées et jetées sur  une seule personne pourraient être un tremplin par lequel il est  hissé au haut sommet de la hiérarchie avec la plus haute distinction de grand croix, chef d’état et de gouvernement de notre pays le Bénin ? Qui l’eut cru, et quelle aussi, grande surprise ?   L’on se pose encore la question de savoir si ce qui s’est passé le 6 avril 2016 au stade Charles de Gaule de Porto-Novo, est-il un rêve, une fiction,  ou une réalité ?  La leçon comme je l’ai dit, est qu’il faut craindre l’Éternel et le psaume 75 dit : » Je dis à ceux qui se glorifient, ne vous glorifiez pas, et aux méchants, n’élevez pas la tête,  n’élevez pas si haut votre tête, ne parlez pas avec tant d’arrogance car ce n’est ni de l’orient ni de l’occident, ni du désert que vient l’élévation. Mais Dieu est celui qui juge, il abaisse l’un et il élève l’autre ». Celui qui a été gardé à vu  pendant 48 heures, celui qui a simulé la folie en se mettant en haillons pour fuir loin de son pays, celui qui a été menacé d’extradition et pour qui les geôles du Bénin avaient largement ouvert leur bouches béantes pour l’engloutir menottes au bras, eh bien, c’est devant celui-là que les tapis rouges  se dressent aujourd’hui avec tous les honneurs qui sont dus à son rang en tant que  premier citoyen d’un pays, chef de L’État, chef du gouvernement. Ce qui est surprenant est que tout ceci se passe dans la semaine sainte et  l’image ressemble à tout ce que Jésus a vécu dans la semaine pascale où il a été soumis à toutes sortes d’horreur pour triompher de tout le dimanche de pâques par sa résurrection glorieuse. C’est un signe que personne ne doit ignorer. Comme vous pourriez vous en douter, mon analyse n’affiche aucune position politique mais me porte vers l’exigence de mon ministère qui consiste à être éveillé et tirer leçon de tout ce qui se  passe autour de nous et surtout du message que Dieu nous envoie au travers de chaque événement. Tout ce qui s’est passé  nous redit avec insistance que toute âme opprimée ou oppressée aujourd’hui trouve demain sa libération et sa victoire dans la même forme d’oppression à laquelle elle  a été  soumise.

Le magasine réalisé sur ces affaires d’empoisonnement, de coup d’Etat et de Pvi et qui est diffusé sur la  télévision Canal 3 Bénin doit nous faire profondément réfléchir, car tout ce que cette télévision a pu compiler pour nous avec un esprit de professionnalisme avéré  doit nous interpeller. Plusieurs  doivent avoir honte aujourd’hui, lorsqu’ils ont l’occasion de visualiser tout ce qui s’est  passé  et qui est d’ailleurs perçu comme une honte nationale. On pouvait nous éviter ce vilain scénario  car notre pays en a souffert physiquement, économiquement et moralement.  Heureusement que tout cela relève désormais du passé et  Patrice Talon devient  président de tous les béninois. Comme l’ancien président Boni Yayi  l’a dit, il n’aura qu’à considérer tout ce qui s’est passé,  pendant la campagne et j’ajouterai, et  même avant,  comme relevant des intrigues politiques. Boni Yayi en parlant ainsi fait indirectement son mea culpa afin de permettre au nouveau président de   réfléchir rien que pour le bien-être de ce peuple qui l’a préféré lui, Patrice Talon, à tous les autres candidats. Le président Patrice Talon voyant la main de Dieu dans ce qui s’est passé dans sa vie, ne peut pas régner sans ce Dieu là. Il doit avoir à cœur tout ce qui relève de la foi et de la spiritualité et remercier chaque jour le Seigneur qui l’a projeté de l’exile (Prison) au palais, car la parole dit : « De la poussière il retire  le pauvre et du fumier il relève l’indigent pour les faire asseoir avec les grands, avec les grands de son peuple. » Je voudrais donc  m’adresser au nouveau président, pour lui dire  que compte tenu de ce que Dieu lui a fait, le grand service qu’il aura à rendre pour son Dieu en tant que croyant chrétien baptisé, c’est d’avoir à cœur la situation de division dans laquelle vit ses frères en Christ de l’Église Protestante Méthodiste. Mon vœu le plus cher est que le nouveau président use de tous ses droits et de toutes ses prérogatives  pour faire de l’Église Protestante Méthodiste une seule et même Église. Le regretté président  Matthieu Kérékou l’a tenté en vain. Le président Thomas Boni Yayi l’a également voulu, mais rien n’y fit. Mais si Patrice Talon, dans sa volonté et détermination d’élimer tout calcul politique de sa gouvernance,  faisant ainsi  de son mandat un mandat unique, eh bien, s’il veut unir ses frères méthodistes conformément à  la vérité de la  parole de Dieu, il le fera et cela aura été une  grande action de grâce qu’il aura rendue à son Seigneur qui l’a élevé à une aussi grande place. Si patrice Talon réussit cette  grande œuvre, il sera à jamais inscrit dans les annales de cette  église et dans  celles de ses partenaires internationaux qui ont, eux aussi,  tenté par tous les moyens cette réconciliation sans aucun résultat.

Excellence Monsieur le président de la République  Patrice Talon,  

Je voudrais donc vous  dire qu’avec  votre avènement, l’heure de  la réconciliation de vos  frères protestants méthodistes a sonné pour qu’ils sortent de cette division qui a fait tant de victimes au sein des familles, des amis et de tout le peuple de Dieu depuis bientôt 20 ans. N’oubliez pas qu’une communauté chrétienne unie, forte, est aussi un facteur de développement spirituel, moral, social  voire économique pour un pays, ce que vous désirez si tant pour notre pays le Bénin.  La parole de Dieu dit, heureux ceux qui font œuvre de paix car ils seront appelés fils de Dieu. Vous serez déclarés heureux, monsieur le président,  si vous le faites pour le Seigneur. Je suis sûr   que plusieurs de mes frères méthodistes partagent avec moi aujourd’hui cette préoccupation qui nous est chère et qui est   exprimée sous forme de demande adressée au nouveau président. Si nous l’accompagnons de nos prières, le Seigneur la marquera d’un sceau de réussite et bientôt, nous nous réjouirons ensemble de nous retrouver au cœur d’une seule et unique communauté où la division sera à jamais bannie. C’est ce que je crois.

Je vous remercie pour votre aimable attention. Au revoir et à la prochaine.

 Rév Raphaël Houessou