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Martin-assogba
Martin Assogba a déploré le plan ourdi au profit de Bolloré

Suites à certaines publications qui dénoncent, depuis des semaines, ce qui se trame sur le dos des Béninois par les chefs d’Etat béninois et nigériens en complicité avec Vincent Bolloré, les Ong « Alcrer » et «Changement social» sont montées au créneau jeudi dernier à Cotonou. Les conférenciers dénoncent un projet qui ne «profiterait pas au peuple béninois».

Pendant la conférence de presse, Martin Assogba de l’Ong Alcrer a décrié le contrat qui est sur le point d’être signé entre le Bénin, le Niger et le groupe Bolloré dans le cadre de la concession de la société Béninrail Infrastructure au profit du Groupe français. Ce contrat, à l’en croire, ne prend en compte que les intérêts du Groupe Bolloré. En plus, sa mise en application contribuera à l’isolement du Bénin sur le plan sous-régional et international. Les conférenciers ont surtout abordé le projet sur son volet technique. Ainsi, ils ont conclu que « de Parakou à Niamey, Bolloré a prévu de construire une voie ferrée obsolète ». Selon leurs explications, le Groupe Bolloré n’envisage poser que des rails à écartement métrique d’un mètre. Or, disent-ils, les directives de l’Uemoa exigent un écartement de 1,435 mètres pour toute nouvelle construction de chemin de fer dans l’espace sous-régional. Selon Martin Assogba et Ralmeg Gandaho, il s’agit d’une stratégie pour imposer au Bénin des rails et des matériels désuets et obsolètes. «Le pays s’en trouvera endetté sur de nombreuses générations», retient-on de leurs explications. Aujourd’hui, le coût des travaux est encore au gré du vent devenu 1200 milliards, au lieu des 800 milliards initialement annoncés, sans aucun document et ne figure dans aucun contrat (…) Ce montant coûterait trois fois plus cher que le coût de la reconstruction d’une voie neuve à l’écartement standard demandée par l’Uemoa. Bolloré veut procéder à la recolonisation de notre pays le Bénin, et soumettre le peuple à l’assujettissement et à l’aliénation», a déclaré Martin Assogba. Les deux conférenciers ont également dénoncé le sort réservé au personnel de la défunte Organisation commune Bénin-Niger (Ocbn). « Les arriérés de salaire ne sont pas payés par Bolloré, ni les cotisations à la Cnss et au Fonds national de retraite du Bénin encore moins les rappels et autres droits échus avant l’entrée en vigueur du contrat », soulignent-ils, avant de demander que le contrat qui s’apprête à être signé, ne le soit pas en l’état.

 Les éclairages de Lazare Gnonlonfin sur Zone Franche

 «…Le projet a été conçu pour être intégré. Malgré cela, les gouvernements Béninois nigérien ont lancé un Appel d’offres pour les rails. L’appel d’offres a été lancé et les soumissions ont été déposées. Le Groupe Bolloré a acheté le dossier, mais n’a cru devoir déposer une offre. Par contre, le groupe Petrolin avait fait une offre. On lui a notifié la concession des rails Bénin-Niger ; une notification signée par les ministres béninois et nigérien. Cette notification faite, les négociations ont commencé pour rédiger une convention en bonne et due forme ; une convention acceptée des 3 parties à savoir, le Groupe Petrolin, le Bénin et le Niger. Par 3 fois, on a invité le Pdg du Groupe Petrolin, Samuel Aworet Dossou, à Cotonou pour signer la convention et chaque fois, on remet la signature à demain. Des raisons avancées pour justifier ces reports, on nous dit qu’il faut que les deux Etats s’entendent jusqu’à ce que ladite convention ait été finalisée en 2012. De 2012 à 2013, il n’y a pas eu de signature. En novembre 2013, le Pdg du Groupe Petrolin, Samuel Aworet Dossou, a été invité à une réunion à Cotonou avec le Pdg du Groupe Bolloré. C’est là que les deux Etats ont dit que le Groupe Bolloré sera désigné comme partenaire stratégique ; c’est-à-dire une entreprise qui a l’expertise et qui peut appuyer le projet sur le plan financier. C’était une manière d’écarter petit à petit le Groupe Petrolin du projet. Or, le Groupe Petrolin avait déjà investi dans les études pour la réalisation du projet. Le Groupe Petrolin a même signé un accord de confidentialité. Depuis, le Groupe Petrolin n’est plus associé à rien. Contrairement à ce que les gens disent, le Groupe Petrolin n’a jamais quitté la table de négociations. Nous avons rempli toutes nos obligations. Il suffisait que la convention soit signée pour que nous mettions en branle nos actions sur le terrain. A un moment donné, on a demandé au Groupe Petrolin de commencer la construction du Port sec de Parakou ».