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Candide Azannaï, un éternel insatisfait

Il donne l‘impression de tenir, mais l’évidence convie à admettre le contraire. Le corps cède peu à peu à la charge de la lutte forcenée sans trêve à tout régime que s’est imposé l’homme. Candide et la lutte, pour combien de temps encore ?
Le tout bouillant politicien s’affaiblit tout doucement. L’opposition à tout régime entamé par l’homme depuis un moment a sans doute un prix. Il y a un temps pour toute chose. Un temps pour naître et un temps pour mourir. Un temps pour grandir et un temps pour vieillir. Un temps pour lutter et un temps pour se reposer. La fougue a un âge, les escapades aussi. La vieillesse convie à la sagesse même le plus débiles. Si ce n’est pas le corps qui cède sous le poids de la maladie, c’est la jeunesse qui se perd dans le flot inexorable des rides. Quelle que soit la bonne volonté, quel que soit le niveau d’engagement, on finit par lâcher prise parce qu’il n’y a plus autre choix qui s’offre. La sagesse conseille de quitter les choses avant que les choses ne vous quittent. On ne peut prendre toute sa vie pour lutter, la vie aussi est une course de relais. La nature a ses fonctions régulatrices qui échappent à la logique humaine. La lutte forcée et engagée a un âge. Candide l’a fait et il semble qu’il est temps qu’il passe à autre chose. A toujours combattre, si l’on ne tombe pas dans la routine, on est dépassé par l’âge. Le député est sans doute dans le second cas. Un pays n’est pas appelé à fonctionner normalement. Des fausses notes dans tout régime peuvent amener à un moment ou à un autre des gens à mener la lutte de leur époque. Les grands noms de l’histoire ont marqué le temps par des luttes ponctuelles. Quand on parle de Martin Luther King, Nelson Mandela et autres, on les identifie à une forme de lutte précise faite dans un temps défini. Ils n’ont pas lutté toute leur vie. On parvient à une conclusion simple. Pour avoir de la valeur, la lutte doit avoir une base idéologique lisible et se faire dans un temps déterminé. Ces formes de lutte sont souvent faites pour changer fondamentalement le quotidien des peuples qu’elle aspire délivrer. Elles portent des résultats qui durent dans le temps. La lutte qu’on observe avec l’homme politique est devenue une lutte routinière sur fond politique. Son engagement aux côtés du peuple n’apparait qu’aux lendemains de ses désaccords avec le régime en place et auquel il participe généralement pendant un moment. La difficulté à son niveau, c’est l’absence de lisibilité totale de son engagement. On a souvent du mal à comprendre les impacts de son engagement sur le peuple qu’il prétend défendre. Le peuple, le peuple et ensuite un siège à l’Assemblée nationale et un poste ministériel et puis silence radio. Candide Azannaï a fait sa lutte. Elle lui a certainement payé, car toute lutte a deux facettes. Soit vous mourrez, soit vous jouissez. L’homme politique est le seul à savoir s’il a joui de ses nombreuses luttes. S’il est vrai que la situation actuelle est perfectible, il est aussi tant qu’il y ait des hommes et femmes plus engagés véritablement au service du peuple, qui portent réellement ses aspirations et luttent véritablement pour que changent enfin ses conditions de vie. Le peuple n’aspire pas à mieux.

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