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Léonce Houngbadji n’inquiète personne

En démocratie, il y a des délires qui apportent du piment. Léonce Houngbédji, le journaliste politicien veut s’essayer à une aventure dont il mesure sans doute la portée. Pour avoir créé ce weekend le Parti pour la libération du peuple (Plp), il mérite une salve, car ça ne court pas les rues par ici. Le seul conseil qu’on a pour l’intrépide, c’est de s’appliquer un tout petit peu par rapport à l’organisation de ses idées.
Il est toujours excusable, le jeune Léonce. La fougue délirante caractéristique de la couche juvénile le pousse à dire ou faire des choses conformes à son jeune âge. La politique n’est pas un jeu d’enfant, mais Léonce, quoiqu’on dise, s’y essaye tant bien que mal. Cela fait un moment qu’il vocifère et il semble qu’il est très bien à sa place. On peut lui reconnaître cette audace car, sortir la tête et affronter un homme de la trempe de Patrice Talon n’est pas une sinécure. Si Léonce pouvait vivre ce que vit actuellement son mentor Yayi Boni, il y a longtemps qu’il aurait abdiqué. Mais, n’empêche, il faut bien une contradiction. Dans un pays où même les tout puissants barons de Porto-Novo virent, il faudra saluer le courage du jeune Léonce. ‘’Chapô’’ Léonce ! Même si dans l’opinion, on agite qu’il en mission commandée par les joufflus sans couille du régime précédent, il faut saluer son courage. Mais n’est pas opposant qui veut, mais qui peut. C’est d’abord et avant tout un exercice d’intégrité. Il est malheureux de le vivre sous nos cieux, mais l’opposition, c’est un peu une affaire de règlement de comptes. C’est un petit regard sur le passé de l’opposant pour y trouver de petites anormalités. Mais c’est aussi, comme Yayi l’a instauré, l’asphyxie économique des opposants. Le régime Talon ne fera certainement pas une telle politique, mais il faudra être un peu propre pour affronter le ‘’félin’’ de la rupture. Peut-on parier que le jeune Léonce est pur comme l’eau de roche ? Les prochains jours nous le diront. En plus de cette qualité d’intégrité qu’exige sous nos cieux la qualité d’opposant, il faut dire que l’opposition, c’est un peu de culture. Une opposition forte, c’est la qualité de la conviction, mais c’est aussi et surtout l’élégance du style et du raisonnement. Léonce sur ce plan devra faire un peu d’effort, car il ne nous fait pas encore plaisir. On n’en a même pas la moindre impression.

Léonce et sa démarche bafouillée

Lorsqu’on se décide d’affronter l’intellectuel de la rupture, on y met la forme. Léonce a le droit de dire ce qu’il pense, mais il a le devoir d’intégrer le contexte. Sous l’ancien régime, on peut tolérer l’inculture et accepter le badaud à la Présidence. Mais cette fois-ci, c’est différent. L’élite a pris ses quartiers et gère-la citée avec la touche particulièrement éclairée. Vu la prestance qui caractérise le régime, le peuple a des raisons justes de réclamer une opposition à la hauteur de ses attentes. L’opposition déclarée au régime Talon doit nous faire jubiler en élevant le débat, en fondant les arguments sur une cohérence scientifique qui séduit. Ne confond pas le sage qui veut, mais qui en a la qualité. Léonce, sur ce plan, a du boulot. Sans fausse modestie, le jeune homme a du chemin. Rien qu’à lire un peu ses recommandations, on note une vraie salade. Une lecture apaisée permet de dégager trois niveaux de recommandations mais qu’il a mélangées dans un désordre indescriptible. Monsieur le journaliste politique devra hiérarchiser ses recommandations en court, moyen et long termes. Demander en 4 mois à un régime de créer une banque agricole, développer l’énergie renouvelable et améliorer les conditions de vie et de travail des forces de l’ordre et de sécurité publique est une distraction. Un peu de culture, de cohérence, de logique fera du bien au jeune opposant. Il était une fois, une opposition élégante face à Yayi Boni. La soif d’une opposition de cette trempe nous brûle. Opposants cachés sous Houngbadji, sortez-nous du jeu. L’injure est l’arme des faibles.

AT