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Marie-Odile-Attanasso
Marie-Odile Attanasso, ministre de l’Enseignement supérieur a expliqué le bien-fondé de la réforme

Suite aux remous suscités par l’annonce de l’organisation des examens nationaux en licence, la ministre en charge de l’Enseignement supérieur est revenue à la charge. Par un point de presse tenu hier lundi 15 mai 2017 à son cabinet, elle s’est sacrifiée au devoir d’expliquer une nouvelle fois à l’opinion publique les motivations de cette réforme dont la mise en œuvre démarre en août prochain.

Dans sa dynamique d’assainir le secteur de l’enseignement supérieur, le gouvernement a initié une série de réformes dont l’organisation des examens nationaux au profit des étudiants en année de licence. Cette réforme a suscité beaucoup de polémiques au niveau des promoteurs des Etablissements privés d’enseignement supérieur (Epes). Estimant qu’ils sont reconnus par le Cames, ces derniers soutiennent mordicus qu’ils exercent dans la légalité. Mais quand on suit de façon religieuse la déclaration de presse de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, on se rend à l’évidence que l’éducation nationale est placée sous la responsabilité de l’Etat qui garantit aux citoyens la réalité du droit à l’éducation par la mise en place d’un système de formation. L’initiative privée, individuelle ou collective, peut dans les conditions définies par la loi, concourir à l’œuvre de l’éducation et de la formation. Pour encadrer tout ceci, l’Etat a pris certaines dispositions au nombre desquelles le décret 818-2008 du 31 décembre 2008 fixant les régimes ainsi que les conditions de fonctionnement des Epes.
Selon Marie-Odile Attanasso, depuis 2010, il est institué au Bénin, conformément au décret n°2010-297 du 11 juin 2010 portant condition de reconnaissance des diplômes délivrés par les établissements privés d’enseignement supérieur, un processus de reconnaissance délivrés aux étudiants par les établissements d’enseignement supérieur privé ayant rempli les conditions prévues à cet effet. Ces textes définissent clairement des conditions de fonctionnement et de reconnaissance des diplômes délivrés par les Epes. Des explications de la Mesrs, il ressort que c’est seulement lorsque l’Etat n’organise pas d’examen national que le mécanisme de reconnaissance des diplômes délivrés par les Epes, à savoir la co-signature, entre en vigueur. Pour l’autorité, la co-signature telle qu’elle est conçue et pratiquée, crée une énorme injustice aux parents et apprenants qui, parfois, bien qu’étant de bonne foi, n’ont toujours pas l’information juste pour choisir le bon établissement. Sur plus de 146 Epes autorisés pour la licence et le master, a-t-elle expliqué, seulement 52 bénéficient de la co-signature de diplômes et encore pas dans toutes les filières. «Les examens nationaux ne sont donc ni contraires aux textes en vigueur, ni au système Lmd, encore moins incompatibles avec l’appartenance du Bénin au Cames. Ils se feront dans une période transitoire de trois ans au cours de laquelle les Epes doivent se mettre en règle vis-à-vis des textes», a déclaré la ministre Marie-Odile Attanasso. A l’en croire, cette réforme participe de la justice sociale et de l’équité.
Odi I. Aïtchédji
(Coll)