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En s’offrant une visite de travail dans l’Hexagone, Yayi Boni s’éloigne un peu de ses problèmes quotidiens au Bénin. L’homme du changement cherche à se ressourcer avant de se pencher sur la constitution de son gouvernement. A dix mois de la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, le roi des Fcbe a toutes les peines pour livrer sa nouvelle équipe. Ses ministres préfèrent le Parlement à son dernier gouvernement. L’échec enregistré par les Fcbe lors des élections législatives de 2015, les scandales qui s’enchainent, notamment le détournement de 3 milliards des Hollandais ont encore plongé un peu plus le régime dans l’abîme. C’est l’ambiance de fin de règne… Le roi des Fcbe n’est pas sûr de compter sur ses ‘’hommes forts’’. Les caciques dont parle Marcel de Souza veulent vraiment se libérer du système Yayi. Humiliés et vilipendés pour faire plaisir au chef, ils veulent maintenant prendre leur destin en main. Le beau-frère national est sur la première ligne. Sans demander l’avis du roi des Fcbe, il a annoncé son désir d’aller au Parlement… Accusé de Judas dans les médias et par les Fcbe après l’élection du nouveau bureau de l’Assemblée nationale, le ministre de Souza a visiblement envie de découvrir autres choses au lieu de se laisser humilier par un chef qui se croit obligé de lui demander sa procuration lors du vote à l’Assemblée. Si le beau-frère national et ami de Yayi depuis 38 ans est enclin à filer au Parlement, quel ministre aura le courage de rester ? Le roi des Fcbe connaît déjà le choix de chaque ministre élu député. Il lui reste à convaincre quelques-uns de boucler les dix mois restants avec lui ! Mais quand ils doivent s’imaginer qu’il détienne un mandat de quatre ans et qu’en tant que ministre ils sont sous la menace permanente, il leur est difficile d’accepter la volonté du chef qui cherche maintenant des ministres avec une torche en main ! Comme si les ministrables sont de plus en plus inexistants dans la République. Même si c’est le cas, il est contraint de monter son équipe gouvernementale. Il peut faire du rafistolage, mais le remaniement doit être effectif avant le 15 juin…

En neuf ans de règne, Yayi a fini par galvauder la fonction de ministre ! Il a même nommé un vendeur de pièces détachées au marché Dantokpa !!! Aujourd’hui, l’équation qu’il doit résoudre est bien complexe. Il doit gérer le départ massif de ses caciques. Il doit alors faire un bon casting pour réussir à finir en beauté. L’essentiel, c’est de maintenir en place une équipe pour gérer les derniers mois. Eric N’da Kouagou, Gustave Sonon, Alassane Soumanou Djemba, Simplice Dossou Codjo, Jean-Michel Abimbola, Théophile Yarou… peuvent donc quitter la barque. Surtout que certains ont des ambitions pour 2016, il est temps qu’ils se démarquent du chef pour se tracer un destin hypothétique de président. A moins que le roi des Fcbe les rassure comme il peut parvenir à contenir les velléités du jeune Komi Koutché. Promu candidat à la présidence de l’Assemble nationale pour le compte de la mouvance, l’actuel ministre de l’Economie et des Finances peut encore attendre. La seule possibilité qu’il pourrait avoir avec Yayi, c’était de prendre le perchoir… Mais l’opposition l’a empêché de concrétiser ce rêve. François Abiola et Nassirou Arifari Bako, eux, ne pourront plus attendre. Le temps presse vraiment puisque 2016 est à nos portes. S’ils ont l’ambition de devenir président de la République, ils se doivent de prendre position pour mieux travailler sur le terrain. D’autant que le roi des Fcbe n’a toujours pas choisi de dauphin ! Il paraît même cynique avec tous ceux qui tentent de montrer le bout de leur nez. Il leur tape sur les doigts comme des enfants de la maternelle qui doivent obéissance et soumission à leur maîtresse…

Le roi des Fcbe ne pourra pas longtemps résister à lâcher ses caciques qui n’ont commis aucun péché en ayant des ambitions. C’est logique qu’ils aient envie de présider le Bénin. Lui Yayi, avant 2006, personne ne l’avait empêché de se positionner dans la course à la Présidentielle. Pourquoi doit-il alors barrer la voie aux autres qui ont des ambitions légitimes ? Il doit plutôt se préoccuper de la constitution du nouveau gouvernement au lieu de s’attaquer à ses potentiels successeurs ! Peut-être qu’il réussira à mettre en place une équipe composée d’incultes prêts à s’en mettre plein les poches avant le requiem du régime. L’homme qui veut donner des cours de droit à l’avocat Me Adrien Houngbédji et au Professeur Mathurin Nago à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur ? C’est mieux de ne pas y penser au risque de perdre la tête.

Epiphane Axel Bognanho