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Abiola
François Abiola plie enfin l’échine

Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ont officiellement présenté leur candidat le vendredi 18 décembre dernier. Il s’agit du franco-béninois qui a ravi la vedette au professeur François Adébayo Abiola. Mais, chose curieuse, le Vice-premier ministre a participé à cette cérémonie. Ce qui suppose qu’il a renoncé à ses ambitions.

François Adébayo Abiola a fait contre mauvaise fortune, bon cœur. Professeur de rang magistral, ancien dirigeant d’une université sous-régionale, les compétences de l’homme ont été sollicitées pour la première fois par le président Yayi Boni le 22 octobre 2008, date de son entrée au gouvernement. François Adébayo Abiola appartenait, à l’époque, au Mouvement africain pour le développement et le progrès (Madep) de Séfou Fagbohoun. François Abiola a dû créer son propre parti afin d’être plus en phase avec les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Depuis 2008, le chef du gouvernement n’a de cesse renouvelé sa confiance à ce cadre de Sakété. Avant la formation du gouvernement du 18 juin 2015, François Adébayo Abiola, de par sa position, occupait la troisième place dans la hiérarchie de l’Exécutif, après le président Yayi Boni et le premier ministre, Pascal Irénée Koupaki. Mais, à partir d’août 2013, où le premier ministre a été remercié, le ministre de l’enseignement supérieur, auréolé du titre de ministre d’Etat, est devenu la deuxième personnalité du gouvernement béninois. L’homme qui a quitté le Madep et a passé tout son temps à vouer fidélité et loyalisme aux Fcbe et à son chef, Yayi Boni, se mettait naturellement dans la peau du dauphin de son patron dont les jours à la magistrature étaient désormais comptés. C’est, semble-t-il, dans cette perspective qu’il a accepté de soutenir, en mai dernier, la candidature au perchoir du jeune ministre des finances, Komi Koutché. Malgré, le degré de militantisme et de loyalisme, la carapace de dauphin du ministre d’Etat François Abiola sera brisée avec la nomination, en juin, du franco-béninois Lionel Zinsou, comme premier ministre, en charge des questions de développement. Du coup, Abiola qui était la deuxième personnalité du gouvernement sera déclassé troisième. Le leader politique de Sakété dont les compétences intellectuelles sont avérées au plan extérieur avait encore l’espoir de succéder à son chef. Mais, contre toute attente, les choses ont évolué autrement. En défaveur du professeur Abiola, et en violation des textes de l’alliance Fcbe, selon Alexandre Hountondji, ex conseiller du chef de l’Etat, le franco-béninois est désigné candidat à la succession de Yayi Boni. En acceptant une énième fois de subir des humiliations, le professeur fait profil bas. Dès lors, il s’en remet à la providence. Comme beaucoup, il pense que le pouvoir est l’œuvre de Dieu. Le professeur Abiola au sein des Fcbe fait modestement partie de ceux qui étaient les mieux placés, pour prétendre à la succession de Yayi Boni en 2016. Il remplissait mieux les critères que Lionel Zinsou. Car, Abiola est un chef de parti politique. Il a un mandat électif. Il a un fief électoral. Depuis 2008, il a participé à la gestion des affaires publiques avec Yayi Boni, qu’il connaît depuis le Lycée Mathieu Bouké. Abiola peut poursuivre les réformes engagées par le président Yayi Boni. Il est plus comptable, de fait, de la gestion du chef de l’Etat que son rival. Seul peut lui faire défaut, le statut d’homme peu fortuné comparé à Lionel Zinsou, patron de nombreuses firmes en Europe qui lui procurent beaucoup de pécules.
Jean-Claude Kouagou