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Pascal Todjinou invite la Cour à prendre ses responsabilité

Après Sévérin Adjovi le dimanche dernier, c’est le tour du Secrétaire général de la Cgtb Pascal Todjinou d’annoncer son engagement sans faille à lutter contre la liste révisionniste de la Constitution. Il était hier dimanche sur l’émission Cartes sur table de la Radio Océan Fm.

Océan Fm : Monsieur le Secrétaire général de la Cgtb, quel était l’objectif visé par la rencontre du 2 mars dernier ?

 Pascal Todjinou : Ce qui se passe dans mon pays sort de l’ordinaire. Lorsque vous laissez une petite marge au gouvernement du Dr Yayi Boni, il en abuse de façon exagérée. Au point où, si vous lui faites confiance, et que, vous ne savez pas faire, il va vous plonger. Qu’il vous souvienne que le 27 décembre 2013, nous avons été foudroyés, bastonnés, comme de vils individus à la Bourse du travail, parce que nous voulons exprimer notre ras-le-bol face à un certain nombre de choses qui ne se passent bien dans le pays. C’est suite à cela que nous avons déclenché une grève d’avertissement, d’abord pour voir si l’autorité va se raviser ou chercher des solutions. Par la suite, nous avons enclenché un mouvement de grève qui a duré presque 3 mois et demi. Mais, la situation sur le terrain, a amené la Cgtb, la Cosi Bénin, la Csa et la Cspib à prendre la décision de suspendre leur mouvement de grève. Ce qui a permis aux enfants de reprendre l’école. Les examens de fin d’année ont pu avoir lieu dans de bonnes conditions. Nous avons eu le sens de patriotisme nécessaire pour suspendre le mouvement de grève. Tout en disant au gouvernement : attention nous avons suspendu, mais nous n’avons pas levé la motion de grève. D’où, la nécessité de s’occuper d’un certain nombre de problèmes, tels que l’extension de la mesure de 25 % au salaire des enseignants et la sédentarisation des enseignants vacataires pour ne citer que ces revendications essentielles. Bien sûr, nous avons aussi demandé, qu’on relève de ses fonctions le Commissaire central de Cotonou. Heureusement, cela a été fait en douce. Par contre, le Préfet Azandé, à la date n’a pas été relevé. Nous nous sommes dit que nous avons sauvé l’école, parce que vraiment la psychose était à son paroxysme. Nous avons estimé que le gouvernement devrait se saisir de cette occasion pour pouvoir prendre langue avec nous. D’avril on est arrivé jusqu’en juillet et nous étions obligés de saisir le gouvernement nous les quatre (Cgtb, Csa Bénin, Cosi Bénin Cspib), et nous avons commencé les négociations. Le 22 septembre 2014, le gouvernement a suspendu les négociations. On a attendu, et début février nous avons écrit au gouvernement, pour lui dire qu’il est en train d’attiser le feu, et que lorsqu’une buchette d’allumette va passer par là, cela va prendre. Aussitôt, ils nous ont répondu pour dire que le 2 mars nous devons nous voir. C’est cela qui nous a amené à la rencontre du lundi 2 mars dernier. L’ordre du jour, ils l’ont modifié, en programmant, l’incitation à la fonction enseignante. Nous avons dit non, ce n’est pas l’incitation à la fonction enseignante qui nous préoccupe. L’incitation à la fonction enseignante était déjà gagnée par les enseignants avant que Yayi Boni n’arrive. L’incitation à la fonction enseignante a été accordée par le président Kérékou. Donc on ne négocie plus cela. C’est le gouvernement qui a pris sur lui-même la responsabilité d’augmenter le salaire de tous les agents de l’État de 25 %.

Il faut plutôt l’accorder aux enseignants. Mais, vous connaissez nos amis d’en face. Ils ont commencé à faire de grands bruits. Nous avons appris, nous autres, à négocier et nous sommes restés dans le schéma de négociations. Nous avons demandé à nous retirer pour aller nous concerter avant de donner notre point de vue. Lorsque nous sommes revenus, la Cgtb, la Csa Bénin, la Cosi Bénin, la Cspib, l’Unstb et la Csub donc 6 centrales syndicales ont dit, ce que vous avez proposé, c’est qu’on donne 10.000 francs par mois et par enseignant. Deuxième chose, vous avez promis que dans un délai relativement cours, vous allez trouver de solution au problème et que vous allez sortir un statut particulier aux enseignants pour que ce problème soit réglé. Nous avons dit que nous prenons acte de cela et que nous irons rendre compte, ce que nous avons fait. Le mardi prochain, nous allons rendre compte effectivement au gouvernement. Je sais qu’au niveau de la base de la Cgtb on a compris la situation. Voilà ce qui a motivé notre rencontre avec le gouvernement le lundi 2 mars dernier. Il est prévu que le mardi 10 mars prochain, on se retrouve pour peaufiner les choses afin de ne pas hypothéquer les activités pédagogiques au niveau des enseignants.

 Que vous a dit la base ?

Nous avons les techniques de négociation. Je ne peux pas encore rendre public les résultats des négociations avec ma base. Etant donné que nous sommes ensemble, 6 sur 7 à dire que nous prenons acte et nous irons rendre compte, je ne peux pas, sans les voir, dévoiler déjà ce que ma base a dit. Je me fais le devoir militant et syndical d’attendre d’abord de rencontrer les autres collègues pour qu’on mette en commun ce sur quoi nous allons nous entendre.

 Quand est-ce que vous allez le faire ?

Nous avons la journée d’aujourd’hui, celle du lundi. Nous avons même la toute petite matinée du mardi. Donc nous avons la possibilité de nous voir.

 Selon la Cstb, cette prime de dix mille francs que vous réclamez est déjà un acquis.

Je ne vais pas me prononcer sur la position d’une cette centrale. Non. Je ne sais pas quand est-ce qu’on avait déjà pris la décision de donner cela aux gens. Je ne sais pas. La revalorisation de la fonction enseignante, j’étais déjà Secrétaire général de la Cgtb. On est rentré dans la salle de négociation avec le Président Kérékou à 18 heures. Et c’est le lendemain à 4h et demi que le Président a donné son accord et a dit au Ministre des finances de mettre cela en musique. Moi je ne sais pas à quel moment on a dit que les 10 mille qu’on est en train de donner sont déjà accordés. Je ne sais pas c’est pourquoi je ne vais pas du tout me prononcer sur la position d’une certaine centrale.

 Vous avez cité 6 centrales sans la Cstb. Est-ce que le gouvernement ne profite pas de cette division pour vous tourner en rond ?

Cela est un fait. Parce que quand nous étions tous ensemble, janvier, février, mars et même début avril, les choses allaient bien. Mais à ce micro, je me fais le devoir de ne pas mettre le couteau dans la plaie. Parce que nous autres (6), nous pensons que nous avons la possibilité de nous retrouver toujours. Et par voie de conséquence, un gouvernement responsable qui sait qu’il y a 7 centrale avec lesquels il négocie et que sur les 7, il y a 6 qui donnent leur position, c’est à lui d’apprécier. Si ce sont les 6 centrales qui sont les menus fretins, c’est à lui d’apprécier.

 Mais qu’est-ce qui se passe réellement entre centrales syndicales ?

Non, rien. Tout va bien. Maintenant, quelqu’un de là-bas peut dire ce qui ne va pas.

 Mais vous venez de citer 6 alors que vous êtes 7 !

Il faut éviter de mettre le couteau dans la plaie. J’estime, pour ma part, qu’un jour ou l’autre, nous allons nous retrouver ensemble pour discuter des vrais problèmes des travailleurs. Moi, je ne veux pas qu’on m’utilise à d’autres fins. Non.

 Peut-on dire que la période a été choisie à dessein vu qu’elle est électorale ?

Non, cela n’a rien à voir avec la période électorale. Nos revendications ne sont pas des revendications électoralistes. Toute période est bonne pour le syndicaliste. Il n’y a pas de période particulière. Nous choisissons le moment qui nous plait. Non pas, en tenant compte d’un événement. Encore que, pour qu’on commence par voir le ciel s’éclaircir pour ces élections, il a fallu qu’on envoie un ultimatum aux politiciens et la Cour constitutionnelle en a profité pour dire stop et fin à la pagaille. C’est la première fois dans l’histoire politique de ce pays que la Cour constitutionnelle fixe la date des élections. Comme cela profite à certains, elle a été péremptoire en fixant les dates. Cela est inédit.

 Au Cnhu les agents regroupés au sein de l’Intersyndicale des ressources humaines en santé veulent marche le 12 mars prochain. Votre appréciation.

J’ai l’impression que le Président Hougbédji a maudit ce gouvernement. Le fait d’avoir dit que ce gouvernement est ventilateur, cela le suit jusqu’à présent. Les gens avaient une certaine prime. De part, le combat d’un groupe de cet ensemble, ils ont pu obtenir quelque chose. Maintenant, s’ils ont pu donner aux médecins, ils ne peuvent pas travailler sans les autres agents de la médecine. S’il y a des risques que les médecins prennent, les autres agents que ce sont les contrôleurs d’action sanitaire, infirmiers sage femmes, aides soignants ils prennent les mêmes risques et j’estime qu’ils sont énormes au niveau de ceux-là que d’autres. Lorsqu’on prend la décision de donner un montant aussi faramineux à un groupe, pensez immédiatement aux autres qui travaillent avec les intéressés. Comme les gens ont commencé par des mouvements, nous avons décidé de rencontrer la Ministre de la santé pour voir ce qu’il faut faire. Lorsqu’on l’a rencontré, nous avons dit qu’on a discuté avec les nôtres jusqu’à retenir les 6 points, deux point. Nous lui avions dit d’essayer de trouver de solution à cela. Ce jour là j’ai constaté une certaine disponibilité et une disposition à régler ce problème. Mais à la date d’aujourd’hui rien ne se fait. Il se fait que des gens meurent sans que le gouvernement ne s’en soucie. Moi, j’ai perdu une petite nièce à Porto-Novo la dernière fois. J’ai dit cela à Madame le ministre. Si un membre du gouvernement ou un conseiller tombe malade, le premier avion qui quitte le sol béninois le transporte ailleurs. Alors, ils se soucient pas mal, des revendications de ceux-là. Le 12 mars nous serons là. Nous allons appuyer fortement cette marche.

 Ils veulent déclencher l’opération Hôpitaux morts. Est-ce que ce n’est pas nous qu’ils sacrifient une fois encore. Est-ce que vous n’en faites pas un peu trop ?

C’est cette conclusion qui me désole. Pourquoi vous ne vous attaquez pas à ce gouvernement. Messieurs les journalistes, que ce soit en français ou en langue nationale, faites passer l’information. Le gouvernement en fait suffisamment trop. Il ne se soucie pas de la vie de ceux qu’il dirige. Il veut que nous pauvres, qu’on meurt.

 Est-ce que vous ne pouvez pas mettre de l’eau dans votre vin en sachant que c’est nous qui souffrons.

L’eau est suffisamment dans notre vin. Si on continue d’en mettre, cela ne sera plus vin. C’est le gouvernement qu’il faut attaquer pour cette affaire de grève dans le secteur de la santé. Quand on a dit hôpitaux morts, c’est nous qui avions dit à nos militants de ne pas aller jusqu’à ce niveau. Mais pourquoi le gouvernement ne peut pas réagir vite à la grève dans le secteur de la santé. Pourquoi ? Nous devons rester ensemble pour critiquer cela.

La Bourse du travail soutient quelle liste pour les législatives ?

Oh ! Quelle question ! En tout cas, la Cgtb ne soutient , et ne soutiendra jamais une liste. Parce qu’en notre sein, il y a pratiquement toutes les formations politiques. Quelle consigne de vote je peux donner ? Cette question, attendez de la poser à quelqu’un d’autre

 On est quand même surpris de ne pas vous voir sur une liste puisqu’il y a beaucoup de vos collègues qui sont candidats !

D’ici quelques mois je vais dire au-revoir à la direction de la Cgtb. Les gens m’ont fait la cour pour me dire de laisser le syndicalisme pour me positionner. Ils ont même dit qu’ils vont me financer. J’ai dit que la chose politique ne m’intéresse pas parce que les politiciens sont instables. Peut-être que demain on ne sait jamais, à un moment donné cela peut me tourner la tête. Mais pour l’instant, je n’y pense pas du tout.

 Ou bien vous voyez que cela ne donnera rien ?

Je suis de la vallée. Si vraiment chacun s’engage pour moi, on va mesurer les résultats par la suite.

 Mais le Chef de l’Etat est désormais en campagne tous les jours. Qu’est-ce que cela vous fait ?

Sur les 27 ministres, il y a 20 qui sont sur la liste. En principe tous ceux là doivent démissionner. L’administration béninoise est totalement paralysée. Si c’était un mouvement de grève on dira que c’est nous. Aujourd’hui c’est du fait de ces ministres que l’administration est paralysée. Le Président est en campagne électorale et la Cour constitutionnelle doit mettre fin à cela. C’est dangereux. Et pis, aucune formation de l’opposition ne dénonce cela. Il devrait avoir plusieurs recours envoyés à la Cour constitutionnelle. Moi je vais personnellement lutter contre une liste qui parlera de la révision de la constitution. J’appellerai mes travailleurs à lutter contre toute liste qui parlera de la révision de la constitution. Parce que dès que la constitution sera révisée, il aura une nouvelle République et les dérives vont se multiplier. Il est nécessaire de dire non à une liste qui parlera de la révision de la constitution. D’ailleurs les travailleurs savent déjà ceux qui prônent la révision de la constitution et qui veulent avoir la majorité à l’Assemblée pour réviser la constitution. Pardon travailleurs, votez contre cette liste. Cela, je le dirai. Pendant la campagne électorale, les pamphlets qu’on va utiliser, vous verrez.

 Transcription : Hospice Alladayè