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Ichola Jacob (à droite) prend la tête d'une entreprise qu'il connait bien
Ichola Jacob (à droite) prend la tête d’une entreprise qu’il connait bien

La journée du mardi 7 juillet 2015 demeurera une journée mémorable pour l’ex Directeur général de la Société nationale pour la promotion agricole, Idrissou Bako. Le syndicat des travailleurs n’est pas allé du dos de la cuillère pour étaler à la face du monde les nombreuses irrégularités qui ont caractérisé la gestion du directeur général sortant de la Sonapra. Le ton ainsi que les termes étaient accablants.

L’ex directeur général de la Sonapra, Idrissou Bako aurait dû ne pas assister à la passation de charges. En tenant illégalement les pouvoirs de la société après son élection à l’Assemblée nationale, il lui était préférable de se décharger entièrement en confiant la gestion au directeur général adjoint qui assurerait l’intérim et qui passerait service au nouveau directeur général. Ceci, conformément à l’esprit des dispositions du Code électoral en son article 364. S’il est vrai que le député Idrissou Bako a déposé sa démission, il a triché en gardant toujours le Pouvoir de directeur général. Ainsi, des dossiers sont accumulés dans son bureau depuis deux semaines. La direction générale de la Sonapra a été presque paralysée. En démissionnant et pour permettre le bon fonctionnement de la Sonapra, il était recommandé de confier l’intérim au directeur général adjoint. Hier, c’est l’intérimaire qui aurait passé service au directeur général entrant. Ainsi le veut la loi. Pour ne l’avoir pas fait, Idrissou Bako a dû regretter d’avoir organisé une telle cérémonie de passation de service. Car, contrairement aux habitudes où les travailleurs couvrent d’éloges le responsable sortant et le critiquent, peut-être, en son absence, c’est plutôt en sa présence que les langues ont été déliées. Dans chacun des discours prononcés par les syndicalistes, il y avait au moins un passage accablant. Cela se comprend quand tous placent leur espoir en la personne du nouveau venu.

 Abdourhamane Touré

 Extrait allocution Ultra SonapraIlliassou Ba-Agba

Monsieur le Directeur Général entrant, au nom du Bureau exécutif de l’ULTRA SONAPRA, je vous souhaite la bienvenue dans notre maison commune.

En toute honnêteté, votre nomination à la tête de cette entreprise apparaît comme une énorme chance et une opportunité pour son enracinement institutionnel définitif au sein de l’appareil étatique et sa présence continue dans la gestion de la filière coton.

Le choix porté sur votre personne est également une consécration et une marque de confiance pour le personnel de la SONAPRA à qui on confie la destinée de sa propre maison. Au demeurant, point n’est besoin de vous parler de cette entreprise que vous connaissez bien pour avoir dirigé la Direction Régionale d’Exploitation Zone Nord de Novembre 2006 à Mars 2012.

Je souhaite vivement, au nom de tout le personnel, que Dieu vous accorde la détermination, l’énergie et la patience requises pour consolider les acquis, poursuivre le noble combat d’enracinement et de rayonnement de notre entreprise au plan national et international entamé par votre prédécesseur depuis 2012.

Nous avons conscience que ce n’est pas facile car les détracteurs de la SONAPRA non pas totalement baissés les bras. Mais connaissant vos qualités intrinsèques et les valeurs que vous défendez, nous avons l’intime conviction qu’avec vous notre entreprise va poursuivre sa tendance au rayonnement et à l’épanouissement au grand bonheur de son personnel et pour le bien de la population béninoise.

Dans cette optique, tous les travailleurs de la SONAPRA vous assurent de leur soutien sans faille et sont prêts à vous accompagner dans toutes actions initiées dans le but de contribuer davantage à l’épanouissement de notre entreprise et à l’amélioration des conditions de travail de son personnel. Vous pouvez sans aucune crainte compter sur nous, de jour comme de nuit, pour atteindre des succès plus retentissants.

Néanmoins, Monsieur le Directeur Général entrant, je voudrais vous soumettre quelques doléances que les travailleurs souhaiteraient voir satisfaites dans un meilleur délai. Elles concernent notamment :

–             Le règlement définitif de la question du statut de la Sonapra,

–             La poursuite de la politique de renforcement des capacités du personnel

–             Le renouvellement du parc lourd de la Sonapra,

–             La construction de nouveaux bureaux,

–             Le paiement de la prime de motivation contenue dans notre accord d’établissement.

 Le message du Dg Jacob Ichola au monde agricole : extrait de discours)

 A vous les braves producteurs qui portent les semences en pleurant, à partir d’aujourd’hui vous moissonnerez avec joie. Comme Joseph dans le pays d’Egypte, Dieu va vous utiliser pour apporter des années d’abondances à notre pays le Bénin. Au travail mes amis et Dieu bénira le fruit de vos mains.

A chacun et à chacune je voudrais compter sur vous pour la réussite de ma mission.

Pour y arriver nous allons de façon participative installer une gestion axée sur les résultats. Chaque Direction, chaque Service aura une mission bien précise et vous serez évalués tous les trois (03) mois par une structure indépendante qui nous accompagnera dans l’atteinte des objectifs qui nous sont fixés par le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche.

 A nos collègues des Carder, de l’Ons, des Directions Techniques et Centrales du Maep, nous sollicitons votre appui indéfectible et soutenu.

 Aux syndicalistes, vous me connaissez comme un homme de dialogue, ma porte sera toujours ouverte à vous tous. Je veux compter sur vous tous pour une gestion apaisée transparente de notre maison commune. Je n’aurai pas pour ennemi les gens de la Sonapra, car une maison divisée contre elle est vouée à l’échec. Notre ennemi est ailleurs et comme un seul homme, restons souder à tout démantèlement de notre Société. Nous tendons la main ici et maintenant à tous les acteurs du secteur cotonnier et sollicitons votre franche collaboration pour une campagne cotonnière réussie et une meilleure gestion de la production de nos braves et dignes paysans.

 Aux producteurs de Bouhanrou, de Simpérou, de Founougo, de Soumabougou, de Poto, d’Abidjan, de Toura, de Sompérékou, de Kanderou, de Sam, de Kandi, de Gogounou, de Kérou, de Kouandé, Sinendé, N’dali de Ouassa Péhunco, de Djidja, de Djakotomey, à tous les producteurs du Bénin, à vous mes amis et parents, je veux compter sur vous.

 A mes amis transporteurs nous sollicitons votre franche collaboration

 Aux producteurs d’ananas, d’anacarde, du Bénin, aux pisciculteurs, maraîchers, je veux compter sur vous pour créer des pôles d’agrégation pour un décollage réel des filières agricoles.

 A chacun, à vous tous, main dans la main, apportons notre pierre à l’édifice. Pour ma part, je veux construire avec des briques en or, en diamant et non avec de la paille. J’espère que vous construirez avec nous avec des objets de valeur afin de produire des richesses et de rendre notre agriculture compétitive et attractive.

Je suis prêt, suivez-moi, point de regard en arrière, avançons et bravons les obstacles car à la tête de notre armée se trouve un Général qui est l’Eternel des Armées qui donne la victoire à ses enfants.

 Vive la Sonapra

Parcours de Jacob Ichola

 Après 26 années d’expériences professionnelles, Jacob Ichola a été nommé à la tête de la Sonapra. Jacob Ichola est Ingénieur Agroéconomiste, Expert en Gestion des Gestion. Né vers 1960 à Kilibo, Monsieur Jacob Ichola fit ses études primaires et secondaires de 1968 à 1981, année d’obtention de son Baccalauréat série Bg. Après son service militaire en 1982, il entreprit de 1983 à 1988 ses études universitaires à la faculté des sciences Agronomiques (Fsa) de l’université nationale du Bénin où il obtint un diplôme d’Ingénieur agronome, option Economie rurale. Il est également titulaire d’un master en sciences économiques de gestion, d’un Certificat d’aptitude à l’appui à l’autopromotion rurale de Fidespra. Il est expert en économie de la filière anacarde et a complété ses compétences par des formations de courte durée au Maroc, au Vietnam, aux Pays-Bas, au Canada, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, et au Ghana. Pendant plus de douze ans, Jacob Ichola a été Coordonnateur national d’une Organisation non gouvernementale qui œuvre pour l’autopromotion du monde rural à travers la mise en œuvre de plusieurs projets de développement intégré et les projets d’Etat tels que Agefib, Promic, Padear, Padse, Pamrad, Padsa etc. Il détient de solides expériences dans la conception et la sécurité alimentaire. Il a travaillé de novembre 2006 à mars 2012 à la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra) où il a assumé la responsabilité de Directeur régional d’exploitation zone nord à Parakou. Au cours de cette période, il a géré, de 2010 en 2012, le Complexe textile du Bénin (Coteb). Marié et père de quatre garçons, Jacob Ichola a de grandes responsabilités ecclésiastiques au sein de la communauté évangélique au Bénin. Il occupe actuellement le poste de Chef d’appui à la diversification agricole, financé par la Banque mondiale. Sur papier, Jacob Ichola est un homme qui connaît bien la Sonapra et le monde agricole.

 Ce que disent les syndicats de Jacob Ichola et de Idrissou Bako

A l’occasion de la passation de charges entre le directeur général entrant, Jacob Ichola, et le directeur général sortant, Idrissou Bako, ce mardi 7 juillet 2015, les représentants des différents syndicats ayant intérêt avec la Sonapra ont placé leur espoir sur le nouveau venu. Ils ont, pour la plupart, saisi l’occasion pour faire un réquisitoire sur la gestion du Dg sortant, Idrissou Bako. L’un d’entre eux a été très critique, en révélant des cas de gestion peu orthodoxe. Extraits des allocutions… Extraits de l’allocution de Clément Kodokpo, Sg Syntra Sonapra

(…)

Fruit de la fusion de trois sociétés, la SONAGRI, la SONACEB et le FAS, la SONAPRA est la première société à jeter les bases réelles de la diversification et de la promotion des filières agricoles avec les spéculations comme le cacao et le café jusqu’en être l’un des premiers exportateurs dans notre sous région. Fortifié par ces atouts, le gouvernement révolutionnaire lui a confié la gestion des usines cotonnières précédemment sous tutelle des CARDER. Très précoces, les résultats vont poindre à l’horizon.

A partir de 1990, les réformes institutionnelles et organisationnelles courageuses qu’elle va engager en son sein vont lui permettre d’aligner les performances records avec le coton, scientifiquement réorganisé en filière de rente porteuse de devise à notre pays.

Chers travailleurs, les bénéfices records que notre société va engranger de 1990 à 1996 vont lui permettre à juste titre d’allouer une contribution directe au budget de l’Etat : 25 milliards en 1994 et 15 milliards en 1995 pour ne citer que ces deux exemples. Voilà la vraie SONAPRA, celle des travailleurs.

Devenue et vue comme un eldorado financier, elle va susciter un vif attrait de la part du politique qui en prendra le contrôle au détriment de la volonté des travailleurs pour en faire ce qu’elle a été de 1997 à ce jour.

Les bâtisseurs de la SONAPRA, de la filière coton avec en amont nos braves et laborieux producteurs verront ainsi progressivement le fruit de leur sueur spolié, les produits de leurs réflexions subtilisés et dilapidés par les politiques.

Chers bâtisseurs, au nom de notre nation je nous rends hommage et ne nous décourageons pas, car le meilleur reste à venir. Quand ils sont restés sourds à nos cris d’alerte en 2008, il leur a fallu moins de cinq ans pour qu’ils comprennent que «le tout Etat tout comme le tout privé ne peut jamais concourir à la renaissance de la filière coton ».

 (…)

Quel exemple donnons nous si c’est le responsable syndical qui conseille mal le DG, le pousse au bord du précipice, et s’érige en son sauveur en lui prenant de l’argent pour des conférences de presse au contenu creux juste pour vilipender les acteurs qui se battent pour une saine gouvernance ?

Quel rôle de veille peut-on assurer efficacement, si c’est le syndicaliste qui négocie des avantages personnels, des postes, devient subitement commerçant et prestataires de service ? Comment peut-il encore refuser certaines dérives au Directeur Général, si ce n’est pour finir par en être un de ses supporteurs patentés.

Mais le Directeur général aussi, comme je l’ai souligné plus haut, à sa part de responsabilité dans le délabrement de notre édifice commun à travers la politique de diviser pour régner constamment instituée.

Comment comprendre Monsieur le Directeur Général sortant, qu’à la veille de votre départ suite à votre élection à laquelle les travailleurs et même leurs représentants ont contribué pour donner l’exemple que nos divergences ne sauraient assimilées à des querelles de personne mais à une saine divergence de point vue nécessaire avant toute action efficiente, que vous preniez unilatéralement la décision d’opérer ces nombreux recrutements, titularisations et renouvellements de contrats sachant pertinemment que le volume de la masse salariale devient intenable, que nos activités baissent en raison de certaines intrigues non fondées entre acteurs d’un même secteur?

Comment comprendre qu’au même moment que beaucoup de jeunes sont engagés à titre temporaire et espèrent légitimement un emploi définitif et stable : nos CISC, nos contractuels et nos saisonniers, des agents admis à retraite sont maintenus en activités alors qu’ils ne sont pas indispensables.

Comment accepter Monsieur le Directeur Général que les anciens travailleurs soient laissés sur le carreau, d’autres parfois mis au garage, et que les postes les plus juteux soient souvent attribués à des proches, des amis politiques, des militants et travailleurs recommandés ou parrainés par les politiques ?

Le reste, camarades travailleurs, nous en avons abondamment parlé et il serait inutile de continuer à ressasser le passé.