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harcelement-sexuelTenir des rapports  sexuels avec les jeunes filles des lycées et collèges est fréquent avec les enseignants. De ce fait, le phénomène du harcèlement sexuel résiste aux mesures répressives contenues dans la loi n°2006-19 du 05 septembre 2006. Le harcèlement sexuel en milieu scolaire demeure un sujet d’actualité. Le phénomène continue de s’observer dans les collèges de Cotonou.
Les élèves filles se retrouvent souvent dans la délicate situation d’avoir des séances de jambes en l’air avec leurs professeurs. Certains enseignants menacent de ré-primer un refus de leur part. Et le plus souvent, la colère de l’enseignant indélicat se ressent sur les notes de l’apprenante. En cas de dénonciation, une solidarité incroyable est constatée au sein des enseignants et fait échec à toute velléité de la victime de se faire justice. « J’ai été victime de ce phénomène pendant cette année scolaire. Mais c’est difficile d’en parler parce que les professeurs se soutiennent entre eux. Du coup, le débat ne servirait à rien », explique Viviane Quenum, élève en classe de seconde A dans un collège de Cotonou. « Le problème du harcèlement sexuel au niveau de nos écoles aujourd’hui n’est plus un sujet nouveau, ce qui est déplorable c’est le fait que, malgré les nombreuses sensibilisations effectuées dans ce domaine, les professeurs et mêmes certains membres de l’administration scolaire continuent de faire des avances aux élèves», ajoute Clotilde Zoumènou, élève en classe de terminale D. Et c’est en déplorant cet état de choses qu’Augustin, Directeur d’établissement à Cotonou déclare que « toutes les précautions sont mises en place dans son collège pour réprimer ce mauvais comportement de certains enseignants et membres de l’administration. Il ajoute que sur cette question la responsabilité est partagée. Car, certains de ses apprenants séduisent et provoquent les enseignants quand elles ont des ennuis de moyenne pour passer en classe supérieure.  De ce fait, il invite  les parents d’élèves à suivre les enfants de près et qu’un dialogue permanent s’instaure entre eux entre. En effet, le dialogue favorise les échanges et permettent aux filles de se confier à leurs parents. Ainsi l’on pourrait amorcer efficacement la lutte contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire. Toujours soucieux de la réussite de leurs enfants, certains parents condamnent le phénomène. «Je suis personnellement contre cet acte ignoble et j’invite les membres des administrations scolaires  ainsi que les acteurs de la justice à redoubler de vigilance pour punir avec la dernière rigueur ceux qui s’adonnent à cette pra-tique », souligne Margueritte Biaou mère d’une jeune fille en classe de terminale B à Yénawa à Cotonou. Le harcèlement sexuel est un phénomène qu’on retrouve non seulement en milieu scolaire, mais aussi dans plusieurs autres secteurs. Les auteurs s’exposent à des sanctions prévues par la loi.
 
Débora Koffi
(Stag)
  De peines lourdes
 Les sanctions retenues contre les pratiquants du harcèlement sexuel confor-mément à la loi n°2006-19 du 05 septembre 2006 portant répression du harcèlement sexuel et protection des victimes en République du Bénin, sont d’une part disciplinaires et d’autre part pénales. Au nombre de celles-ci, on retient que « toute personne rendue coupable ou complice de harcèlement sexuel est punie d’une  amende de cent mille (100.000 FCfa) à un million (1.000.000 FCfa) et d’un emprisonnement de un (01) à deux (02) ans. » Le maximum de la peine sera prononcé dans le cas où le harcèlement sexuel est commis par une personne ayant abusé de l’autorité que lui confèrent ses fonctions ou sa qualité à l’égard de la victime ; par un ascendant légitime, naturel ou adoptif  de la victime.  En cas de récidive, la peine sera portée au double.
D. K (Stag)