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Han lanLa viande de porc, communément appelée « Han lan » chez les « Hogbonou to », se mange toujours, malgré la peste porcine survenue en début du mois de janvier. La peste porcine dans la vallée de l’Ouémé et environs n’a pu dissuader les consommateurs invétérés de cette fameuse viande connue pour son goût délicieux.
La viande du porc fait toujours des heureux à Porto-Novo.  Il est 12 heures, mercredi 31 janvier 2018 quand nous sommes arrivés à Houinta, un lieu très fréquenté par les consommateurs de Han lan. L’affluence est celle des jours ordinaires. Le chef du lieu de vente tente de nous démontrer le contraire. « Nous avons appris, comme beaucoup de citoyens béninois, cette information relatant les effets de la peste porcine. J’avoue que ma production a considérablement diminué. Si je n’avais pas mon cahier de contrôle vétérinaire à jour, je ne saurais quoi dire», déclare Avocè Mèvowanou, vendeur de « han-kpètê ». Les clients rencontrés à ce point de vente confirent être informés de la survenue de la peste porcine dans la vallée. « L’information a bien circulé », déclarent-ils. George Hontongnon, vendeur de la même viande, qui a ouvert son restaurant au cœur de la ville capitale, dit ne pas sentir les affres de cette maladie qui a décimé le cheptel porcin de la zone infectée. «  Je ne tue pas les cochons venant de ces contrées affectées. Le nombre de porcs que je vends chaque jour n’a pas connu de changement », nous explique-t-il. Si l’exportation du porc est devenue  un souci majeur pour les habitants de la vallée et ses environs, sa consommation n’est pas une contrariété pour les adorateurs de la viande dans les villes voisines.

Le gouvernement apporte son soutien

Selon les vétérinaires, on ne devrait pas prendre à la légère ce mal. C’est pourquoi les producteurs de la vallée de l’Ouémé sont désemparés depuis que le virus a commencé à décimer leurs cheptels. Après l’abattage en masse des animaux atteints, le gouvernement du Président Talon a volé au secours de ces producteurs qui ne savaient plus à quel saint se vouer. Le vendredi  5 janvier 2018, le gouvernement a dépêché les ministres de la santé et de l’élevage dans les zones atteintes par le virus de la peste porcine pour sensibiliser les populations et apporter son soutien aux éleveurs. Avec les abattages systématiques des animaux atteints (plus de 25.000), les éleveurs de porcs de Dangbo, des Aguégués et de Sèmè-Podji ont connu une récession économique, parce que les bénéfices économiques issus de la vente des animaux leur permettaient de subvenir à leurs besoins. Les problèmes financiers qu’ils rencontrent, aux dires de certains, proviennent de cette épidémie de la peste porcine déclarée dans leurs localités. Le revenu direct (financier) de cette frange de la population a pris un grand coup. «  Je ne voudrais pas parler pour me soulager. Depuis 13 ans que mon mari est mort, je m’en sors avec l’élevage des porcs. Je possédais 16 porcs dont 2 mâles, 3 femelles et 11 porcins. Un jour, tout a disparu », déclare  Christine Koukpo, éleveur de porc, à Dangbo. Dans le village de Kodonou, situé dans  l’arrondissement de Kessounou, dans la commune de Dangbo, c’est la tristesse qui se lit sur le visage des victimes.  « Nous sommes obligés de vendre les animaux à un prix forfaitaire de 2 à 5 mille francs », explique un jeune éleveur. « Parler encore de l’événement, c’est comme remuer le couteau dans la plaie qui se cicatrise », conclut-elle. Denise Kpéchèkon, un autre éleveur, nous raconte comment le mal s’est manifesté dans son bétail : « Au début, mes animaux ne répondaient plus à l’appel. Ils n’arrivent plus à se tenir debout. Ils étaient paralysés. La situation a duré au maximum 24 heures. La maladie a gagné chaque concession » […]

Le geste nuisible

Au début de l’épidémie, les populations ne savaient pas où jeter les animaux morts. Certains les jetaient dans le fleuve ; d’autres sur les tas d’ordures. Pour éviter des conséquences fâcheuses aux populations, la mairie a pris quelques dispositions. Selon Emmanuel Voglozin, 1er adjoint au maire de Dangbo, le maire Mathias Kouwanou a sensibilisé les citoyens de la ville sur les conséquences de ces animaux qu’ils jettent dans les fleuves et qui planent sur l’eau, à longueur de journée. Deux ministres du gouvernement sont descendus pour constater les dégâts .Il s’agit du ministre de la santé et de celui de l’agriculture. Des mesures ont été prises pour pallier les conséquences du fléau. Une fois sur le terrain, des mesures ont aussitôt été prises pour arrêter le massacre : « Nous avons interdit la consommation et la vente du porc jusqu’à nouvel ordre dans la ville», nous a confié  Mathias Kouwanou, maire de la ville de Dangbo. En attendant l’éradication définitive de cette peste dans la vallée, l’espoir des  populations repose sur le créateur et leur regard est alors tourné vers le Chef de l’État, Patrice Talon. Ils comptent énormément sur lui, pour accompagner et subventionner leurs maris pour cultiver le champ, ou renouer avec un nouvel élevage de porcs.

Martin Aïhonnou, Perpétue Egoulety, Wadjoud Alokpo

& Méchack Lovi (Stag) (Br. Ouémé-Plateau)