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Les religieux engagés dans le combat

La Coalition des Organisations de la société civile pour le repositionnement de la planification familiale au Bénin, en vue d’atteindre ses objectifs, s’est adjugé le concours des leaders religieux.

« Nous leaders religieux, déclarons que toute vie vient de Dieu et à ce titre est sacrée. Planifier les naissances n’a jamais été considéré comme un mal. A cet effet, pour promouvoir la planification familiale au Bénin et partout ailleurs, nous nous engageons…». Telle est en substance la déclaration, qui s’est voulue solennelle, des leaders religieux, vendredi dernier au Codiam à Cotonou. Déclaration par laquelle, des responsables de cultes chrétiens, musulmans et endogènes, font état de leur adhésion à l’instrument de bien-être au sein des ménages et de développement qu’est la planification familiale. C’était au terme de l’‘’Atelier de plaidoyer et d’orientation des leaders religieux sur les tendances de la planification familiale et leur implication’’ organisé par la Coalition des Organisations de la Société civile pour le repositionnement de la planification familiale au Bénin.

Les jeudi 20 et vendredi 21 octobre derniers en effet, une cinquantaine de responsables religieux ont été entretenus sur leur rôle dans la promotion de la planification familiale au Bénin. Mais avant, la situation en matière de planification familiale au Bénin leur a été présentée ainsi que la correlation entre les Objectifs de développement durable et la planification familiale.

Présentant la communication intitulée « Quel rôle pour les leaders religieux dans la promotion de la planification familiale au Bénin », le pasteur Ayi Mensah a indiqué d’entrée que « la Bible traite réellement de la contraception » et le démontre par le Psaume 127 selon lequel «…le fruit des entrailles est une récompense… ». Mais nuance-t-il, il ne faut pas « condamner la contraception et inciter les couples à faire beaucoup d’enfants avec pour prétexte que c’est Dieu qui l’a voulu ». Il faut s’assurer qu’on ne fait pas dire à Dieu ce qu’il ne dit pas, professe le pasteur Ayi Mensah qui invite à se débarasser des idées préconçues et à ne pas mal interpréter certains passages de l’Ecriture sainte de manière à les faire se conformer à ce qu’on croit ou à ce que colportent les rumeurs. Aussi, invite-t-il les couples au sens de responsabilité, à faire autant d’enfants que leurs moyens et capacités le permettent. La Bible, insiste-t-il, n’a jamais dit qu’il est mauvais ou que c’est un péché de pratiquer la contraception pour contrôler les naissances. Alliant science, religion et sens de responsabilité, pasteur Ayi Mensah a démontré que pour le bien-être du couple, pour le bonheur de la famille et le développement du pays, les conjoints doivent adoper un mode de reproduction basé sur la responsabilité et la sagesse, par l’adoption de la planification familiale autrement dit par la pratique d’une sexualité responsable.

Des indicateurs qui inquiètent

Les indicateurs en la matière au Bénin, prouvent largement la nécessité de contrôler les naissances. Et c’est ce que Jérôme Chatigre, coordonnateur de la Coalition des Organisations de la Société civile pour le repositionnement de la planification familiale au Bénin et Dr Gaston Ahounou, chef Service planification familiale et santé de reproduction des adolescents et jeunes au ministère de la Santé se sont attelés à démontrer, à travers leur communication conjointe sur ‘’Etat des lieux de la planification familiale au Bénin’’.

En effet, au Bénin, il y a environ 397 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, le nombre d’enfants par femme est de 4,9 et chaque année, pour 1000 grossesses, au moins 89 sont attribuées aux adolescentes, tandis que le taux de prévalence contraceptive c’est-à-dire le nombre de femmes sous planification familiale n’est que de 7,9% ! Autant de problèmes qu’une bonne approppriation de la planification familiale peut corriger, selon Jérôme Chatigre et Dr Gaston Ahounou. Aussi en appelle-t-il à l’augmentation de la part du budget allouée à la planification familiale et à un leadership plus affirmé des leaders d’opinion et des décideurs en sa faveur. Les communicateurs estiment qu’il faut aussi œuvrer pour la sécurisation des produits de la santé de reproduction, l’amélioration des services, la revue du plan d’action national, le renforcement des capacités des prestataires, ainsi qu’un meilleur suivi-évaluation. L’état des lieux du cadre législatif et le point des engagements internationaux notamment l’initiative régionale post Ouagadougou, ont été également faits aux leaders religieux qui ont pris ainsi connaissance avec les priorités et les enjeux liés à la planification familiale. Ce qu’a conforté la communication présentée par Josaphat Avocè de la Coalition des Organisations de la Société civile pour le repositionnement de la planification familiale au Bénin et portant sur les liens entre la planification familiale et les Objectifs de développement durable (Odd). Il en résulte que la planification familiale contribue directement à l’objectif 3 des Odd (Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge), et indirectement à tous les autres.

Saluant cette initiative de la Coalition des Organisations de la Société civile pour le repositionnement de la planification familiale au Bénin, qui les a éclairés, les leaders religieux, durant les deux jours de l’atelier, n’ont pas manqué d’apporter leurs contributions pour une meilleure promotion de la planification familiale désormais au Bénin. L’acte le plus marquant de leur engagement étant leur déclaration solennelle qui, pensent-ils, permettra « aux populations de connaitre l’épanouissement sur tous les plans. Ainsi nous pourrons amorcer le développement durable tant escompté pour notre Nation », promettent les leaders religieux très enthousiasmés.

AT