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Il faut que le Coordonnateur des Fcbe, Eugène Azatassou remobilise sa troupe

Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ne se font plus entendre. Sorties affaiblies d’une présidentielle, elles se sont peu prononcées sur des sujets brûlant de l’actualité. Une restructuration leur permettra de se fixer de nouvelles perspectives.

Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) doivent aller en congrès de restructuration. Cela s’impose à ce regroupement hétéroclite pour lui permettre de colmater les brèches, après la défaite au perchoir du Parlement et à la présidentielle de mars. Sept mois après, les Fcbe sont tombées progressivement dans l’inaction. Au lendemain de la présidentielle de mars 2016, beaucoup pariaient sur la survie de ce conglomérat de sensibilités politiques. A l’image de l’Union du Bénin du futur (Ubf), la coalition qui a soutenu les derniers moments du président Mathieu Kérékou au pouvoir, les Fcbe étaient appelées à disparaître. Car, la nature de cette alliance et son mode opératoire traduisant la volonté exclusive du chantre de la Refondation, n’étaient pas favorables à leur maintien sur l’échiquier politique national après le départ du pouvoir de Yayi Boni. En dehors du coordonnateur, Eugène Azatassou, qui n’a certainement pas l’étoffe nécessaire pour conduire les destinées d’une alliance aussi gigantesque et aux intérêts divergents, les Fcbe étaient réduites à la personne de Yayi Boni, qui a fait du cauri son emblème personnel. En témoigne sa matérialisation à l’entrée de son domicile à Tchaourou. L’homme qui a présidé aux destinées de la République béninoise au cours de la décennie 2006-2016, a imprimé sa marque à l’alliance symbolisée par son emblème le cauri. Sous l’autorité et l’influence de Yayi, les Fcbe étendaient leur hégémonie sur l’ensemble du territoire national à travers une hyperactivité faite de marches de soutien, de messes dans les églises, de prières dans les mosquées, de cérémonies de remerciements, de congrès, des conférences de presse, d’organisations de rencontres explicatives de décisions gouvernementales. Toutes choses relayées abondamment dans les médias sous contrats et les organes du service public.
 Le mode opératoire
 Le député Rachidi Gbadamassi du Groupe G13, interdit d’accès aux médias assurant la communication de Yayi Boni et de son pouvoir, a été autorisé à partir de 2009, lorsqu’il a rejoint les Fcbe. Le professeur Nassirou Bako-Arifari et son alliance politique « Amana » jouiront des mêmes avantages, lorsqu’ils ont été appelés au gouvernement. Ces deux députés des 1ère et 8ème circonscriptions électorales, en mesure de renouveler leurs mandats sans Yayi Boni, ont, de diverses manières pris, leurs distances vis-à-vis des Fcbe. Gbadamassi n’est Fcbe que de façade, après avoir soutenu à la présidentielle, Sébastien Ajavon, contre le choix de Yayi Boni qui était Lionel Zinsou. Nassirou Bako-Arifari, sous la bannière de son alliance Amana, a sollicité les suffrages des électeurs pour la même présidentielle. D’autres ténors non moins importants, ne serait-ce que l’évocation de leurs noms et sur la base de considérations subjectives telles que les liens familiaux ou de parenté, ont quitté le navire des Fcbe avant qu’il n’accoste. Alors, l’avènement de la Rupture avec un personnage économiquement puissant, a sonné le glas des Fcbe poussées dans le précipice.
 Violation de la Constitution
 En attendant de se référer aux dispositions transitoires et de se convaincre de ce que les Fcbe peuvent être dissoutes, elles continuent d’exister juridiquement. En conséquence, en tant que structure politique, les Fcbe doivent se consacrer à leur mission constitutionnelle. En effet, la Loi suprême dispose en son article 5 que : « les partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans les conditions déterminées par la Charte des partis politiques. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie, de l’intégrité territoriale et la laïcité de l’Etat. » Beaucoup d’acteurs politiques s’accordent à résumer cette disposition constitutionnelle en une phrase. « L’animation de la vie politique nationale incombe aux partis politiques. » Cette prescription du législateur ne manque pas de pertinence.
 Assumer le statut d’opposant
 Les Fcbe, en tant que première force théorique de l’opposition à l’Assemblée nationale, ne doivent plus se déroger à cette mission que leur prescrit la Constitution. C’est vrai qu’il faut reconnaître, avec le professeur Victor Topanou que l’animation de la vie politique au Bénin n’est pas un jeu d’enfants. Dans un entretien en 2014, le professeur Topanou, faisait savoir que l’organisation de la plus petite activité politique des Fcbe, dont il a servi le pouvoir, coûtait plus de 63 millions de francs. Une alliance minée par une déchirure à la suite d’un double échec n’est vraisemblablement plus en mesure de débourser régulièrement ce pactole pour de telles activités. On peut comprendre pourquoi Yayi Boni a tôt fait de réclamer sa pension de retraite, après avoir renoncé à la perception de salaire pendant qu’il était en exercice. La morosité économique ne permet pas de faire des dépenses de gala. Confrontées à cette réalité, les Fcbe constituées de partis, de mouvements, d’associations et de personnalités politiques se rétractent. Yayi Boni qui doit donner des ressources et des orientations se préoccupe de superviser des élections sur le continent. Yayi Boni donne l’impression qu’il n’a plus les moyens financiers d’assurer la survie de l’alliance.
 Jean-Claude Kouagou