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wadagni-houdeLa plénière des députés n’a pas pu se pencher sur l’examen du budget de l’Assemblée nationale hier jeudi 20 septembre 2018. A l’ouverture des travaux,  une vive polémique est née au sujet du dossier en débat. La plénière est renvoyée à ce jour.   

Les incompréhensions sont parties de l’intervention du Premier questeur Valentin Aditi Houdé. A la suite de la présentation de son rapport, il a lancé le débat sur l’existence d’un budget dit de transition qui devait intégrer des charges réparties et non réparties pour la gestion 2019. Le rapport qu’il a présenté a fait état d’un budget évalué à 27 milliards  987 millions 186 mille 403 Fcfa sur une estimation de départ évaluée à environ 30 milliards. A la suite de l’examen du budget initial argumente-t-il, les arbitrages effectués ont permis de réduire le montant de 3 milliards environ. Visiblement, cette clarification du député n’a pas calmé la polémique qui s’est enflée de plus bel. Les commentaires croisés du questeur, du président de la commission des Finances, Raphaël Akotègnon, ainsi que les interventions des députés ont laissé subsister une incompréhension visible du document soumis pour étude. De son côté, le premier questeur a fait remarquer que la Commission des finances a produit deux rapports différents. Cette intervention n’a pas été du goût de Raphael Akotègnon qui a soutenu qu’il existe un seul rapport (accompagné des observations faites) qui a été adressé au Président de l’Assemblée Nationale. Au cours de la plénière qui devait débattre du rapport de la questure, la polémique s’est ainsi installée sur la hausse drastique du budget passé de 14 milliards environ pour la gestion 2018 à 27 milliards environ pour l’exercice 2019, soit un accroissement de 99.11%. De certaines interventions, il ressort que le budget ainsi concocté ne respecte pas la lettre de cadrage du gouvernement, envoyée aux institutions en date du 16 juillet 2018. Ce fort taux d’accroissement se justifie, selon les analyses de la questure par les dépenses exceptionnelles d’une fin de mandature, qui embrassent le sevrage des députés, le personnel contractuel sortant, les membres du personnel de la conférence des présidents, des membres du personnel politique et administratif pour 4 mois. Outre ces charges, le budget 2019 selon leur clarification, doit prendre en compte le renouvellement du matériel roulant des membres de la conférence des présidents, l’acquisition de matériels roulants et informatiques pour les députés de la 8è législature, les primes d’installation des nouveaux députés et d’éventuels suppléants, les primes d’animation des circonscriptions électorales, les arriérés d’avancement et de reclassement du personnel de 2016 à 2018, etc. Au regard des arguments étalés, le ministre de l’Economie et des Finance, dans une lettre envoyée au Président de l’Assemblée nationale, a fait observer que les prévisions faites par la questure sur le taux de renouvellement du Parlement à 70 ou 80 % et qui justifie en partie la hausse du budget, pourrait être ramené à 50%. Au demeurant, souligne la note, l’augmentation de toutes les dépenses réparties et non réparties ne devrait pas dépasser 1 milliard 600 mille. Cette position de l’argentier national a été très mal appréciée par la questure. Il soutient que le budget du Parlement, gestion 2019 est un budget de transition. Niet soutient le Ministre qui estime que ledit budget doit être élaboré, dans l’esprit du renforcement du cadre macroéconomique du pays. Dans le but de trouver une porte de sortie, le député Aké Natondé a suggéré au président de céans, une suspension afin que les questeurs et le ministre de l’Economie et des finances renouent le dialogue. La plénière de ce jour nous édifiera.

 Martin Aïhonnou

(Coll)