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ques-unionL’expert-analyste des politiques publiques Cyrille Gougbédji a apposé son regard sur la dynamique progressiste en cours actuellement. L’enseignant à l’Université pense que les formations politiques partis au contrat progressiste étaient originellement progressistes. Lire son analyse intitulée : « Un bloc progressiste au Bénin, pour quel idéal ? : éléments d’analyse politique ».

Tout Homme veut le progrès. Mais tout Homme n’est pas prêt pour faire le progrès. La question la plus difficile est alors de savoir comment mettre l’Homme au service de son propre progrès ? Cette équation traduit le cœur du progressisme politique.

Depuis quelques temps, la réforme du système partisan a engendré dans le discours politique béninois l’usage de terminologies référentielles de l’action politique à savoir : bloc progressiste, bloc républicain, etc. Ces éléments qui conditionnent et formatent le discours politiques dans ce pays apparaissent de prime abord comme l’expression de la volonté des uns et des autres d’appartenir à l’un des deux blocs qui, manifestement soutiennent l’action du Président Patrice Talon ou qui, du moins, n’ont de choix que d’appartenir à la famille politique de la mouvance au pouvoir.

Lorsqu’il m’a plu de m’intéresser à ces déterminants du discours actuel, je me suis rendu compte que, si pour beaucoup, appartenir à un bloc est un jeu de folklore ressemblant à ce que les anciens fons appelaient midoyémè « nous aussi, sommes parmi eux, » pour d’autres, il doit s’agir d’un acte de foi, de doctrine. Comment les partis politiques d’hier ont-ils opéré le choix d’appartenance aux blocs progressistes et républicains ? Question difficile à résoudre.

Je me suis alors évertué à écouter certains leaders politiques du bloc progressiste qui m’ont démontré que leur choix est purement la conséquence de la ligne philosophique de leur parti politique qui n’autorisait pas d’aller dans autre bloc que ce qu’ils ont choisi. En voici la démonstration.

 Fondement idéologique antérieur

 L’Union fait la Nation de Bruno Amoussou, de Idji Kolawolé, de Lazard Maurice Sèhouéto et autres avait été constituée autour des idéaux de la sociale démocratie qui est une tendance du progressisme. En effet, le progrès du socialisme avait entraîné dans le monde une évolution de la notion du progressisme vers une prise en compte de la nécessité de surmonter la misère et d’offrir à toutes les couches de la société des conditions de vie dignes de la richesse produite par les nouveaux moyens techniques. Le Programme d’action du Gouvernement du Président Patrice Talon inclut une forte dose de progressisme en ce que la transformation de la société qu’il prône est assise sur des piliers de partage de la richesse nationale au profit des populations les plus démunies et par le travail de la masse active dont les compétences doivent être renforcées pour garantir le développement national.

Cet idéal, le Président du Rassemblement pour la Nouvelle Conscience, Monsieur Irénée Koupaki le partage profondément. La rigueur qu’exige le progressisme est ce qui a toujours caractérisé l’Homme. A un moment donné, n’était-il pas l’épouvantail de la réforme de l’Etat ? La refondation qu’il prônait était construite autour du management de qualité de l’action publique et l’obligation de compte-rendu. Le chemin croisé entre Pascal Koupaki et Patrice Talon révèle un carrefour d’anéantissement des sortilèges de l’Etat obscur pour promouvoir l’humanisme et la rationalité. La Nouvelle conscience qui parle de citoyen engagé au service de la transformation de la société est du progressisme pur, ses méthodes d’interventions que sont la rigueur, l’abnégation, la culture de la procédure et le respect mutuel font de ce courant politique le creuset des hommes qui sont capables de faire bouger des montagnes pour implanter à leur place des aires d’épanouissement de la société.

« Pas de réformes sans casse » ou « le bonheur est au bout de la besogne »  sont les crédos des progressistes. Sans l’autorité gouvernementale consciente de la charge de gouvernance, le progrès n’est pas possible. L’idée de ne pas rester sur place, le « Et maintenant, Avançons ! » de Pascal Irénée Koupaki est un commandement de progressiste. Quand on voit bien le Programme d’action du Gouvernement, on comprend que le Bénin a changé de cap depuis 2016.

Les changements radicaux dans la gouvernance administrative, la pé-éminence de l’intérêt général sur les intérêts particuliers, expressions de la tendance républicaine du progressisme ont permis au Président Patrice Talon d’élaborer son Pag. On comprend pourquoi Progressistes purs et progressistes républicains sont les deux grands blocs qui accompagneront les prochains mois, le Président de la République dans sa gouvernance. L’enjeu, c’est le Bénin révélé. C’est le progrès du béninois.

 Position doctrinale

 Y a-t-il autre doctrine qui pourrait mieux endosser ce Pag qui ne vise que la construction des bases fondamentales du développement du Bénin ? Soit vous êtes progressistes, peu importe purs ou républicains et vous bénéficiez des compatibilités doctrinales pour accompagner le Pag du président Patrice Talon ou alors vous êtes opposants du Progrès et vous vous retrouvez dans le troisième bloc du pays sinon les béninois ne vous comprendront pas. En effet, le Pag prône le progrès de chaque béninois et vise à établir les conditions d’une véritable transformation des conditions sociales afin que demain soit mieux qu’aujourd’hui.

On pourrait comprendre par-là pourquoi, le Président Patrice Talon, ayant mis ensemble rupture et nouveau départ au service du développement du Bénin qui se révèle déjà au monde entier, a pesé de tout son poids pour faire naître deux blocs politiques qui pourront dans la cohérence doctrinale, accompagner son action politique. En réalité, la plupart des formations politiques que l’on retrouve dans le bloc progressiste étaient déjà progressistes dans leur idéologie politique de base.

Progressisme vient du latin progressios qui signifie action d’avancer. Le progressisme induit un cheminement vers l’amélioration de la condition humaine. C’est une doctrine de réforme au profit des conditions humaines. Elle prône la lutte implacable contre la grande pauvreté et contre la déprédation de la richesse nationale.

De cette analyse, on est tenté d’affirmer que le Bénin a besoin des progressistes pour avancer !

 Cyrille Gougbédji

Expert, analyste des politiques publiques