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Il ne reste plus rien de l’Un présidée par Bruno Amoussou

C’est peut-être trop tôt, mais la coalition Union fait la Nation (Un), regroupant les ténors de l’opposition au Bénin, n’a plus assez de jours devant elle. Les derniers développements de l’actualité politique nationale font savoir que cette Alliance tend vers son déclin. Sauf miracle, l’Un devra se vider de son contenu très prochainement.

« Alliance Wologuèdè», « G4 », « Force clé », « Union fait la Nation » et quoi encore ? Les prochaines semaines nous permettront de le savoir. Plusieurs raisons justifient la fin de cette grande coalition de l’opposition politique au Bénin. D’abord, il faut reconnaître qu’avant les élections législatives du 26 avril 2015, l’Un ne valait plus grand-chose. Mais, l’on faisait semblant de la présenter comme une Coalition qui ferait mal. Effectivement, elle a surpris (à Cotonou seul), mais avec l’adhésion temporaire de trois autres partis politiques à savoir : Alternative citoyenne ; Restaurer l’espoir et Union pour le développement d’un Bénin nouveau (Udbn). Ces différentes formations politiques ont permis à l’Union fait la Nation de se taper quatre (4) députés à Cotonou et à Calavi. Sinon, les forces des membres fondateurs restants (puisque d’autres sont partis, entre temps) se limitent aux sièges obtenus par le Partis social démocrate (Psd) dans le Couffo, ceux du Madep et de Force clé. Les partis venus en renfort à l’Un s’en vont déjà. Joseph Djogbénou de Alternative citoyenne a annoncé les couleurs à travers la cérémonie du mardi dernier au cours de laquelle ses militants l’envoient en mission. Claudine Prudencio de l’Udbn n’a rien dit officiellement mais, sur les réseaux sociaux, elle ne cache pas son soutien à Patrice Talon, annoncé comme candidat à la présidentielle de 2016. Candide Azannaï n’attendra pas l’avis de quelqu’un pour se mettre derrière le même Talon très prochainement. Ce qui signifie que l’Alliance se réduira désormais au Psd, Madep et Force clé (qui a perdu un pied : Désiré Vodonou). C’est peut-être trop dire. Mais, que peuvent ces trois partis, aujourd’hui diminués et affaiblis, face à d’autres candidats de taille en 2016 ?

Ensuite, il y a la question de la candidature unique qui est loin de trouver sa réponse au sein de l’Union fait la Nation. Quoiqu’on dise aujourd’hui, Eric Houndété et Emmanuel Golou ne vont pas réviser leur position. Ce n’est pas Antoine Kolawolé Idji qui cèdera à la pression de quelqu’un. De toutes les façons, tout dépendra des débats et de celui qui sera désigné. Chacun des prétendants se dit qualifié pour aller au front comme Houngbédji en 2011. Mais, il y a une chose : aucun des trois ne pourra réussir à faire l’unanimité. Toutefois, il faut déjà avoir le courage de dire que, contrairement à 2011, l’Union fait la Nation ne pourra pas avoir un candidat unique à la présidentielle de 2016. Les contextes sont différents ainsi que les enjeux.

 Un : nouvelle formule ?

 La dénomination peut changer. Mais, la seule possibilité pour l’opposition de pouvoir faire basculer la donne en 2016 est de se mettre ensemble. Les quelques militants restants de l’Union fait la Nation peuvent se mettre en Alliance avec les autres forces politiques à savoir : la Renaissance du Bénin, le Parti du Renouveau Démocratique, l’Alliance soleil (peut-être), Restaurer l’espoir, Udbn, l’And et autres. Une telle coalition, comme ce fut le cas en mai dernier, peut facilement faire changer les choses. Et, connaissant le stratège Bruno Amoussou, une telle machine serait en train d’être montée. L’Un va disparaître, mais son leader principal saura trouver une solution alternative pour maintenir l’opposition unie contre la volonté de Yayi Boni, puisqu’une devise unit tous, « le prochain chef d’Etat ne sera pas du camp Yayi ».

Avec cette opposition, nouvelle formule, certains prétendants au poste de président de la République peuvent commencer par réviser leur position de sitôt. Une chose est de se mettre ensemble et l’autre est de trouver un bon candidat pour gagner. Au Prd, on ne voit encore aucun doigt en l’air. Que ce soit à l’Un, à l’Udbn, à l’And et autres… ceux qui nourrissent l’ambition de succéder à Yayi ne font pas l’unanimité. Prendre quelqu’un parmi eux plongerait l’opposition, une fois encore, dans l’erreur. L’opposition pourra avoir le pouvoir si elle arrive à désigner un homme accepté de tous et capable de rassembler tout le monde dans l’intérêt national, recherché d’ailleurs par ces leaders.

 Ni un ami, ni un ennemi de Yayi en 2016          

La solution, c’est l’homme qui est ami de tout le peuple béninois. Tous les proches de Yayi Boni seront rejetés systématiquement par la majorité en 2016. C’est-à-dire que celui qui se proclamera candidat de la mouvance en février prochain aura des chances d’échouer avant les élections. Puisqu’il sera « châtié » avec les « chicottes » réservées au régime actuel. Il en sera de même pour son ennemi. Celui qui aura la chance de gagner les cœurs des populations ne doit pas être un belliqueux. S’il est quelqu’un qui ne rate jamais l’occasion de flécher Yayi Boni et son régime, il va beau être l’ami du peuple, mais ne pourra se faire élire en 2016. Car, ne l’oublions pas, Yayi aussi a des partisans et des collaborateurs qui ont besoin d’être en sécurité avec le prochain régime. Et donc, le gagnant de 2016 devra se montrer rassurant, tolérant, rigoureux et surtout pacifique. Il doit être celui qui donne des chances à l’opposition de se repositionner et réparer les injustices du régime défunt. La nouvelle plate-forme à mettre en place par Bruno Amoussou, Adrien Houngédji, Séfou Fagbohoun et autres, doit être déterminée à contrôler le pouvoir en portant la candidature d’un homme porteur de chance pour le pays, mais surtout qui ne les trahira pas.

 Félicien Fangnon