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OP-CASQUESDepuis 2012, l’arrêté préfectoral n°2/0321/Dep-Atl-Lit/Sg/Spat a remis en vigueur dans les départements de l’Atlantique et du Littoral le port obligatoire de casques. Mais aujourd’hui, des usagers de la route ne se conforment pas à cette réglementation. 

Loin d’être une mesure de sécurité, le port de casque est une contrainte pour certains usagers de la route, en général et en particulier pour ceux d’Abomey-Calavi. C’est du moins ce qu’on pourrait dire face au comportement malencontreux des motocyclistes qui sont pour la plupart des jeunes. En effet, en conduisant sur les grands axes routiers, ces derniers portent le casque de façon à ce qu’il ne couvre que la tête. Et ceci, pour éviter de se faire arrêter par les forces de l’ordre au niveau des intersections de voies. A l’abri des regards de policiers, ces conducteurs d’engins à deux roues enlèvent ce dispositif et poursuivent leur course. En agglomération, puisque les voies pavées et autres sont souvent sans présence policière, le casque est carrément rangé. Il devient alors un accessoire de moto et se retrouve entre les jambes ou accrocher à l’avant des engins. Ainsi, nombre d’usagers contournent l’infraction. Et de jour en jour, c’est le scénario auquel on assiste à Abomey-Calavi avec les motocyclistes, aussi bien homme comme femme. Une situation dont les forces de l’ordre ont bien connaissance, mais n’arrivent pas souvent à réprimer en raison de quelques difficultés. « Dans les carrefours, la masse de motos qui vont et viennent est importante et rend la détection un peu compliquée. L’excès de vitesse des usagers empêche également de les arrêter. L’autre paradoxe, c’est que quand on arrive à mettre la main sur un conducteur en infraction, des usagers casqués, les zems en l’occurrence, se mettent à blâmer l’officier», explique un policier rencontré sur le terrain.

 Des justificatifs fallacieux

 Eric, un coutumier de cette dérive, se justifie : « Le casque m’expose à une chaleur insupportable et parfois, me donne des maux de tête. Pour ce faire, je ne le porte que quand j’arrive aux grands carrefours ». A l’instar de celui-ci, Reine, une jeune dame, justifie sa manie à ne pas porter de casque par le manque de confort et la gêne auxquels elle est souvent confrontée. Constant, par contre, indique que, « c’est pour entendre, à chaque fois, ce que dit son partenaire à l’arrière qu’il a souvent le casque enlevé ». Mais, selon les forces de l’ordre, ces prétextes ne portent aucune garantie de sécurité et ne doivent pas avoir de raison d’être. A les en croire, le port de casque est une mesure de sécurité salvatrice. Et il est impérieux que les motocyclistes prennent conscience du danger que cela comporte. C’est à juste titre qu’un officier ayant requis l’anonymat témoigne : « Devant moi, un conducteur de moto, alors qu’il roulait à vive allure s’est retrouvé soudainement au sol. Son casque était entièrement brisé mais sa tête était saine et sauve. A coup sûr, s’il n’avait pas porté ce casque, il serait passé de vie à trépas ». Comme pour dire que cet outil est nécessaire surtout, contre les éventuels désagréments de la conduite. Il faudra donc le mettre non pas pour éviter la police ou lui faire plaisir mais plutôt, pour son intégrité physique en cas de danger. Avoir le casque c’est bien, mais avoir un casque qui couvre entièrement la tête serait encore mieux.

Jacques Amour Kakpo (Stag)