Spread the love

simplice-codjoUn travail de la Police béninoise a permis de découvrir que plusieurs élèves, dans plusieurs collèges, se munissent d’armes et de munitions. Cette situation met en doute l’état de sécurité du pays en cette veille des élections.

C’est une affaire à prendre au sérieux ! La prouesse faite par la police nationale ne doit pas être prise comme une victoire ou un résultat. Elle doit plutôt inquiéter. Les munitions retrouvées, hier, chez ces élèves, selon les informations et images qui ont circulé sur les réseaux sociaux, ne sont pas blanches. La qualité des munitions n’est pas aussi à négliger. En dehors de cela, c’est une menace sérieuse qui pèse sur la sécurité de tout le pays en cette période sensible des élections. D’abord, la main a été mise sur des élèves de trois différents établissements. Ce qui signifie que c’est probablement un réseau qui se développe. Personne ne sait encore si cela s’est arrêté au niveau de ces établissements d’enseignements seuls. Peut-être que c’est étendu à l’intérieur du pays ! Qui sait ? Ensuite, le Bénin est en période électorale, c’est-à-dire qu’on est à un mois des élections législatives ; deux mois des communales et locales et un an de l’élection présidentielle. Mieux, la ville de Cotonou est à quelques kilomètres seulement du Nigéria où se dérouleront les élections présidentielles dans quelques jours. Dans ce pays, justement, tout le monde connaît ce qui prévaut, depuis quelques années, avec les organisations terroristes. C’est dire donc que la Police, dans ses analyses, doit éviter de se réjouir d’une action, mais plutôt pousser loin la réflexion sur l’origine et l’idée qui se cache derrière la détention de ces armes par les ‘’enfants’’. Hier, les commentaires sur les réseaux sociaux ont tendance à faire croire que ce sont des jeunes qui sont attirés par le braquage. D’autres ont interpellé la conscience des parents, et surtout celui des forces de l’ordre et armées béninoises, sur la gravité de cet acte des élèves. Le Directeur général de la Police nationale aurait, d’ailleurs, demandé à ses éléments de fouiller désormais les élèves et enfants. Certes, toutes ces mesures sont salvatrices, mais le mieux serait de regarder loin et voir la main noire qui manipule les ‘’enfants ‘’.

 La thèse d’organisations terroristes  

Pour ceux qui connaissent le fonctionnement des organisations terroristes, ils savent qu’ils n’ont besoin d’avoir de bases ou de nids. Ils prennent tout leur temps pour se développer et sont souvent les plus proches des populations. Ils n’ont pas besoin de venir d’ailleurs. Leur stratégie est de prendre d’assaut leurs localités cibles et d’utiliser des autochtones pour agir. Ils infiltrent le plus souvent le rang des jeunes qu’ils convainquent et corrompent. Bref, on ne doit pas exclure la thèse du développement d’un réseau terroriste dans cette affaire. Que la Police fasse son travail avec le professionnalisme qu’il faut pour détecter le réseau et le maîtriser, si c’est encore possible. Les forces de l’ordre n’ont pas à s’en tenir aux déclarations des jeunes élèves. Si, éventuellement, l’on se met à accuser les enfants de policiers ou forces armées dans cette affaire sans analyser minutieusement ce qui se passe, on risque de passer à côté. L’arrestation hier de ces trois élèves reste inquiétante ; car, rappelons-nous, le président Yayi Boni avait déjà déclaré la guerre aux terroristes. Tout est possible !

 Félicien Fangnon