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justice audienceLa 1ère session des assises de la Cour d’appel de Cotonou s’est ouverte lundi 27 mars 2017 avec un dossier d’assassinat. L’accusé à la barre, le nommé Honoré Gbèdè, retourne méditer, car il a devant lui près de 6 années encore à passer derrière les barreaux. Les faits remontent en 2012. En effet, tout était parti d’une mésintelligence a priori anodine entre lui et la nommée Dohounsi Gbèto qu’il accusait vertement de sorcellerie. La preuve que détenait Honoré était ses cauchemars répétés et le décès de  son fils Albert Kokou Gbèdè suite à la menace verbale de mort proférée par cette dame. Apparemment excédé par ces représailles mystiques et craignant certainement pour sa vie, Honoré a décidé de passer à l’acte fatal. Alors que Dohounsi Gbéto se reposait, il a aspergé sa moustiquaire d’essence et a mis le feu. Avec les appels au secours, Gbèto grièvement blessée, a été conduite d’urgence au Centre de santé de Grand-Popo, mais n’a pas survécu. A la barre, Honoré dont les propos souffraient de cohérence, a déclaré qu’il a agi en état d’ivresse. Il a affirmé que son acte était inspiré par son amour trop poussé pour l’alcool. Le Ministère public représenté par le Procureur général Mardochée Kilanyossi a affiché son insensibilité aux arguments de l’accusé et a brandi 20 années de travaux forcés à perpétuité contre lui. Les avocats de la défense conduits par le bâtonnier Yvon Détchénou ont avancé le défaut de preuve, l’imputabilité des faits et les aveux de l’accusé. Pour la défense, l’état d’ivresse est un élément central qu’il ne faudra pas balayer du revers de main. « Celui qui est sous l’effet de l’alcool n’est pas libre », a argué sans ménagement la défense. Au terme des plaidoiries des avocats et du réquisitoire du Ministère public, la Cour a tranché. 10 ans de travaux forcés pour Honoré Gbèdè qui retourne purger le reste de sa peine.
 
HA