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justiceLa salle d’audience B de la Cour d’Appel de Cotonou a servi de cadre au jugement de l’affaire « Meurtre de Houssou Vodoukpè ». La séance qui a démarré à 09 heures a pris fin à 15h30 et a connu l’inculpation du sieur Akomagnon Vodoukpè, fils de la victime.

Quinze (15) ans de travaux forcés pour Akomagnon Vodoukpè ! C’est l’arrêt rendu par Maître Eliane Hortense Bada Padonou dans le cadre de l’affaire « Meurtre de Houssou Vodoukpè ». Dans cet arrêt, il est reproché à Akomagnon Vodoukpè d’avoir commis un parricide, c’est-à-dire un homicide volontaire sur un parent, notamment son père Houssou Vodoukpè. Face aux membres de la Cour, Akomagnon Vodoukpè a reconnu les faits qui lui sont reprochés à travers un récit chronologique des événements qui ont abouti à ce crime. Selon ses dires, la scène se produisait dans la nuit du 23 avril 2002 à Ananvié, Commune de Tori-Bossito. C’est une dispute relative à une houe qui l’a opposé à son père, un vieil alcoolique. Sous prétexte que ce dernier voulait vendre sa houe, son outil de travail, Akomagnon Vodoukpè s’y est farouchement opposé et, dans leur vive altercation, lui a asséné quatre coups de bâton dans le ventre et aux épaules. Des coups qui, vingt quatre heures plus tard, ont eu raison de la victime qui passa de vie à trépas. Au cours de son intervention, l’accusé a justifié son acte par la crainte de se voir tuer par son père, un sorcier redoutable qui aurait tué quatre de ses frères et sœurs. Après ce récit, le Ministère public (Mp), représenté par Maître Honoré Alowakinnou, a souhaité que l’accusé soit condamné à vingt ans de travaux forcés. Il a soutenu son argumentaire par l’article 323 du Code pénal dans lequel il est dit que le parricide n’est jamais excusable. Egalement, il s’est référé à la Bible, notamment Exode 12 versets 14 et 15 qui demandent aux enfants d’honorer leur père et mère, afin que leurs jours se prolongent. Enfin, il a estimé que cet acte doit être interprété comme le déclin des valeurs morales. « La société traditionnelle ne tolère pas qu’un enfant puisse lever la main sur ses géniteurs », a-t-il souligné, avant de conclure : « C’est une malédiction qui s’abat sur une telle personne ». A sa suite, Maître Magloire Yansunu, avocat de l’accusé, a, dans sa plaidoirie, démontré qu’il s’agit purement et simplement d’un accident regrettable. Car, a-t-il estimé, dans le cas d’espèce, il n’y a pas de preuves pour attester la volonté de son client de commettre un tel parricide. « Si tant est qu’il avait l’intension de tuer son père, il lui aurait frappé la tête et non le ventre », a-t-il fait remarquer avant de demander à la Cour l’acquittement du sieur Akomagnon Vodoukpè, un jeune de 34 ans qui, dans cette affaire, a déjà fait sept ans d’emprisonnement.

Avocè Vodoukpè acquitté

Dans ce même dossier « Meurtre de Houssou Vodoukpè », le sieur Avocè Vodoukpè, le frère de la victime, était aussi à la barre. Il était accusé de non assistance à personne en danger. Il lui était reproché de n’avoir pas amené son frère à l’hôpital lorsqu’il a appris la nouvelle de cette bagarre entre père et fils. Ce dernier s’est défendu en déclarant qu’il lui a donné, dans la même nuit, des comprimés « paracétamol ». « Je suis pauvre. Je n’ai pas d’argent pour amener mon frère à l’hôpital. De plus, le centre de santé se trouve à cinq kilomètres de notre village», a-t-il déclaré. Prenant en compte sa déclaration et considérant sa situation professionnelle (un cultivateur), le Ministère public a estimé qu’il n’est nullement fautif dans cette affaire. « Il a fait ce qu’il a pu », a déclaré Maître Honoré Alowakinnou, avant de demander qu’il soit acquitté. Cette décision a réjoui Maître Serge Pognon, l’avocat du sieur Avocè Vodoukpè, qui a salué la clairvoyance du Ministère public.

Joël Samson Bossou