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CelestineAnalyse de la situation sociopolitique du Bénin de 1960 à nos jours, décryptage du dernier discours de Boni Yayi à l’occasion de la fête du 1er Août et de sa gouvernance au cours de ses deux mandats présidentiels, présentation de la vision qui doit conduire le Bénin les jours à venir au développement. Ainsi se présente les grands axes autour desquels a tourné l’émission cartes sur table de ce dimanche 02 Août. L’invité a pour nom Célestine Zanou, présidente de la dynamique du changement pour un Bénin debout.

Le Dahomey d’hier aujourd’hui Bénin, a traversé plusieurs périodes depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale.Célestine Zanou estime qu’en cinquante-cinq ans d’indépendance, quatre grandes périodes sont à retenir dans l’histoire du pays. Il s’agit dans un premier temps de la ‘’période de l’espoir’’qui va de 1960 à 1963 avec la mise en place des attributs de l’Etat par le père de l’indépendance Hubert Maga et ses congénères. Mais cet espoir n’était que de courte durée puisqu’elle mentionne que de 1963 à 1972, le Dahomey d’alors a été marqué par une dizaine de coups d’Etat faisant de lui, l’enfant malade de l’Afrique. Un moment qualifié d’‘’errance’’par l’invité de Serge Nonvignon et d’Hospice Houénou de Dravo. Elle a poursuivi son analyse en notant que l’errance a laissée place à l’’’égarement’’ avec la période révolutionnaire 1972-1989 où l’on parlait du régime du Marxiste-léniniste avec le général Mathieu Kérékou. La dernière période dans laquelle se retrouve actuellement le pays en dépit des péripéties a été baptisée par la présidente de la dynamique du changement pour un Bénin debout de ‘’période de l’explication’’. Cette période a démarré en 1990 avec l’avènement de la conférence nationale des forces vives de la nation et a eu pour corollaire l’expérimentation du renouveau démocratique. A en croire Célestine Zanou, ancienne directrice de cabinet du général Mathieu Kérékou à l’ère du renouveau démocratique, les régimes se succèdent mais les problèmes du pays vont de mal en pire. Préférant se prononcer sur la période des années 90 à nos jours, elle reconnait que tout n’était pas rose à l’époque des présidents Nicéphore Soglo et Mathieu Kérékou mais qu’à cette époque, les détournements de deniers publics ne s’estimaient que dans l’ordre de millions alors qu’aujourd’hui, l’on ne parle qu’en terme de milliards. Allusion a été faite aux multiples scandales qui ont éclaboussé le régime de Boni Yayi notamment de 2010 à 2015. Des scandales qui selon elles, ont mis le peuple dans un profond désarroi. Célestine Zanou s’est beaucoup plus focalisée au sujet du détournement des huit milliards de francs cfa dont environs trois milliards sont destinés pour le projet PPEA 2 financé par le contribuable néerlandais. Pour Célestine Zanou, le chef de l’Etat a toujours montré ses limites dans la gestion des affaires courantes du pays. L’actuel gouvernement cacherait encore des choses au béninois peut-on lire dans ses propos. Elle estime que les vrais coupables de l’affaire détournement de 8 milliards ne sont pas ceux qui sont indexés tels que les opérateurs économiques dont les noms ont été cités ces derniers jours. Madame Zanou pense que la haute cour de justice est un machin dont il va falloir s’en débarrasser puisque depuis sa création, elle n’a jamais jugé aucun responsable. Il n’existe dans aucun pays du monde des juridictions spéciales pour juger des responsable au sommet de l’Etat à part le Bénin a-t-elle martelé tout en citant l’exemple de la France ou l’ancien président français Nicolas Sarkozy a été gardé à vue pendant des heures comme on pouvait le faire à n’importe quel citoyen. D’autres exemples ont été donnés comme ceux des ministres français Eric Woerth, Claude Guéant,qui ont comparu devant les juridictions de leurs pays. Au sujet de l’allocution du chef de l’Etat à la veille de la célébration de l’indépendance, Célestine Zanou pense que le discours de Boni Yayi est resté à l’image d’une gouvernance de mensonge.« Je m’attendais à un discours plus politique mais il était question d’un mélange avec des incohérences » a-t-elle clamé. Le chef de l’Etat a confondu son discours de la veille du 1er Août à celui de l’Etat de la nation qui se fait à la veille du nouvel an en ce sens qu’il a apporté des détails sur la réalisation des infrastructures routières et autres réalisations qui n’en valaient pas la peine à ses yeux. Elle a aussi regretté le fait que le 1er magistrat du pays n’ait présenté ses excuses au peuple béninois face aux nombreux scandales qui selon elles, sont à la base de la célébration insipide du 1er Août. La présidente de la dynamique du changement pour un Bénin debout a exhorté ses compatriotes  à oublier le régime en place avec son cortège de malheur.« Le bon choix doit être fait en 2016. Nous invitons le peuple béninois dans sa plénitude à nous rejoindre sur le chemin rose du développement » a-t-elle signalé en guise de conclusion.

Marcus Koudjènoumè