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justice1Jusqu’à ses dernières confessions, l’accusé d’hier lundi 23 avril 2018 continuait d’affirmer qu’il ne savait vraiment pas ce qui l’a poussé à porter les coups. Sa description des faits assez diffuse est  entrecoupée de litanies d’excuses et de contrition. Il reconnaît les faits, mais dit avoir jusque-là une idée vague du film réel de l’acte. Son avocat devine l’intrusion du surnaturel, mais une chose est sûre, les coups portés lui ont été imputables et portent la qualification de coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente. De quoi retourne l’affaire ? C’était courant décembre 2013 à Adakplamey dans la commune de Kétou. Un matin, alors que Augustin Koukoï était en train de se désaltérer, il vit Adam Idrissou Mamadou et son jeune frère Alidou conduire leursbœufs dans son champ de maïs. Frustré, il a réagi et les deux bouviers se sont enfuis laissant les bêtes. Dans sa course, le jeune frère de Adam a été rattrapé par Augustin et conduit à la maison. Ayant appris la nouvelle, le père d’Augustin a calmé l’affaire. Il a invité Augustin et son jeune frère Marcellin à raccompagner le jeune Alidou à la maison (les deux familles se connaissant parfaitement). Les deux jeunes hommes ont donc obtempéré et se sont mis en route. Sur le chemin, ils ont été pris au dépourvu par Adam, armé d’une machette. Sans poser trop de questions, il a assené un violent coup de machette à Augustin. Le coup était si dur qu’il a pratiquement sectionné le bras de ce dernier. Il a assené également un violent coup au pied et au bras de Marcelin. Les victimes sont tombées, le sang giclait et Adam a pris la fuite avant de se faire rattraper. A toutes les étapes de la procédure, l’accusé  a reconnu les faits. A la barre lundi, il est resté constant. Il a soutenu tout de même qu’il n’aurait jamais posé un acte pareil s’il était vraiment en possession de toutes ses facultés. « Quand j’ai fini de poser l’acte, j’ai senti une sorte de voile s’échapper de mon esprit et je me vis en sang, machette à la main, les deux victimes tordant de douleur devant moi. Je me suis demandé : Que se passe-t-il ? ». Le Ministère public, représenté par l’avocat Général Mario Mètonou, a rassemblé, un à un, les éléments constitutifs de l’infraction et a conclu que Adam est bel et bien sous le coup de l’infraction coups et blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente.  Il a demandé à la Cour de le condamner à 10 ans de travaux forcés. La défense ‘’presque à genoux’’,a plaidé la clémence. A l’avis de l’avocat de l’accusé, la personnalité de l’homme est en parfaite inadéquation avec l’acte sordide qu’il a posé. Il a exploré les pistes du surnaturel et demandé à la Cour d’apprécier le dossier avec sagesse. Au terme des débats, le Président Georges Toumatou a condamné Adam Idrissou à 5 ans de travaux forcés. En détention depuis le 30 décembre 2013, il comptera encore quelques mois avant de recouvrer sa liberté.

 HA