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Cour-d'appel-ParakouLa Cour d’assise de Parakou a clôturé  sa première session par un dossier d’assassinat dans lequel quatre accusés ont comparu,  le vendredi 22 juin 2018.  Au terme de l’audience, les sieurs Orou Bata Orou  Sira et ses co-accusés  Idrissou Soukourou, Séïdou Yacoubou et Noël Guida alias Jean Boubé ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité,  la plus lourde des sentences prononcées au cours desdites assises.   

La Cour n’a pas été clémente envers Orou Bata Orou Sira et ses complices   Idrissou Soukourou, Séïdou Yacoubou et Noël Guida alias Jean Boubé. Poursuivis pour assassinat, complicité d’assassinat et non dénonciation du crime ils ont écopé la réclusion criminelle à perpétuité.  La plus haute sanction pénale infligée aux accusés du  40ème et dernier dossier inscrit au rôle de cette première session 2018 de la Cour d’appel de Parakou. Mais que disent les faits ?  En effet, dans la soirée du vendredi 08 avril 2011 aux environs de 19heures, le sieur Sabi Gbirifa Issifou était couché devant la boutique du sieur Tchéba Tchanyenou,  dans le village de Ounet, Commune de Banikoara. Il était là,  quand Orou Bata OrouSira et Bio Gogué, des inconnus du propriétaire des lieux l’ont rejoint. Ensemble, ils ont bu  avant de vider les lieux avec une  bouteille contenant un liquide. Le lendemain, la mort de Sabi Gbirifa Issifou a commencé par circuler sur les lèvres. Son  corps sans vie  a été retrouvé avec amputation de sa bosse sur la route de Banikoara. Dans cette foulée, Idrissou Soukourou et d’autres personnes ont quitté Gogounou  pour se rendre   au domicile de Orou Bata Orou Sira à Ounet, samedi 9 avril 2011. Celui-ci leur aurait remis un sac contenant une bosse humaine. Parmi eux, Yacoubou Idrissou et Ayouba avaient pour mission de retrouver un acquéreur. De retour à  Gogounou, Séïdou Yacoubou  a remis le coli à  Noël Guida alias Jean Boubé dans son service. Ainsi, lors des enquêtes, Orou Bata Orou Sira a été appréhendé et Idrissou Soukourou, Yacoubou Idrissou et Noël Guida,  alias Jean  Boubé, ont été interpellés puis placés sous mandat de dépôt  en 2011 pour certains, et en 2012 pour d’autres. Leurs  casiers judiciaires ne font mention d’aucune condamnation antérieure. L’enquête sociale leur est favorable de même que leur enquête médico-psychiatrique et psychologique. A la barre, les accusés sont restés constants dans leurs déclarations. « Je ne suis pas l’auteur de la mort de Sabi Gbirifa Issifou », a déclaré chacun d’eux. « Mais qui l’a tué ? » demande le président de la Cour «Je ne sais pas celui qui l’a tué ?» répond Orou Bata OrouSira. Une réponse reprise par ses co-accusés. Malgré l’insistance de la cour pour situer le degré d’implication de chacun dans la commission du crime, les accusés n’ont pas été perméables. Ils ont nié les faits à toutes les étapes de la procédure.

 Une lourde sentence

Leur refus systématique n’a pu empêcher le représentant du ministère public, Alexis  Métahou, de faire sa  réquisition. Parti, de la poésie « Le laboureur et ses enfants » de Jean de la Fontaine et de la Bible dans le livre de la Genèse 3, il a fait remarquer que les accusés renvoyés devant la Cour sont des paresseux. Ils ont le goût du luxe et des ambitions démesurées. En s’appesantissant  surtout sur les  déclarations faites par  chacun d’eux à l’enquête préliminaire et devant le juge d’instruction, le ministère public a établi leur culpabilité tout en relevant les éléments constitutifs de l’infraction commise. Il s’agit de l’élément matériel, l’élément moral, l’élément l’égal et la préméditation. Au cours de son analyse au cas par cas de chaque accusé, il a requalifié l’infraction  de Noël Guida,  alias Jean  Boubé qui était au départ poursuivi pour non dénonciation du crime en complicité d’assassinat. Au bénéfice de ses observations,  il a demandé à la cour de déclarer   le sieur Orou Bata Orou Sira, coupable de crime d’assassinat,  fait prévu et puni  suivant les dispositions des articles 59, 60, 295 à 298 et 302 du code pénal. Quant aux co-accusés Idrissou Soukourou,   Séïdou Yacoubou et Noël Guida alias Jean Boubé, ils sont coupables de crime de complicité d’assassinat sanctionné par les dispositions du code pénal susmentionnées. Alors il a requis  contre chacun 20 ans  de  réclusion criminelle. Suite à cette réquisition, la réaction des avocats-conseil ne s’est pas fait attendre. La défense assurée par maîtres Yvon Détchénou, Charles Badou, Romain Dossou et Nadine Dossou- Sakponou, ont tour à tour démontré que « le dossier est vide » étant donné la partie poursuivant n’a pu apporter de précision par rapport au degré d’implication de chaque accusé. Unanimement, ils ont balayé du revers de  main la réquisition du ministère public qui,  selon eux,  ne saurait  être fondée  sur les renseignements de l’enquête préliminaire pour établir la culpabilité des accusés. Conséquence, ils ont demandé à la Cour  d’acquitter purement et simplement leur client au bénéfice du doute. La Cour présidée par  Ignace Edouard Gangny a déclaré le sieur Orou Bata et ses co-accusés,  coupables de crime d’assassinat  et complicité sur la victime Issifou Sabi Gbirifa, suivant les dispositions des articles 59, 60, 295 à 298 et 302 du Code pénal  et les condamne à la peine de réclusion criminelle à perpétuité. Il faut signaler que les assesseurs Gomina Séïdou Abdou-Moumouni et Genenviève Sohou, et le greffier François Nougbodohoué à  la plume de même les jurés Sakirou Mama Imorou, Léopold Chabi Boukoh, Emile N’Dah N’Yaba, Kpagré Tchooba et Amidou TchaniBoucari font partir de ladite cour.

 Z. T.

(Br Borgou-Alibori)