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justiceLe dossier inscrit au rôle ce lundi 16 mars 2015, s’est penché sur un cas de détournement de deniers publics. L’accusé Médard C. Koudjagbagba est condamné à 5 ans de travaux forcés. Au civil, la Cour a renvoyé les parties à une session ultérieure.

 « Oui j’ai détourné des fonds, mais je ne reconnais pas le montant porté à ma charge ». L’accusé d’hier, Codjo Médard Koudjagbagba est resté constant jusqu’à la fin. Il a avoué avoir détourné, mais réfute constamment la dissipation de la somme de 22.450.000 dont on l’accuse. Les faits remontent à 2005. L’accusé d’hier Codjo Médard Koudjagbagba était facteur à la Poste du Bénin. En raison du déficit criard en personnel à l’époque, il a été commis aux taches de perception des redevances des boites postales et délivre des reçus aux clients de l’Agence Pk3 à Cotonou. Courant juillet 2007, un client du nom de Michel Avocè s’est porté à l’Agence pour se plaindre d’un certain nombre d’irrégularités au niveau de son reçu. De telles irrégularités ont été imputables au sieur Koudjagbagba et s’élèvent à 10.000 Fcfa. Les investigations menées ont révélé une anomalie et une commission d’enquête judiciaire a été mise à sa trousse. Les conclusions de l’inspection générale ont permis d’établir la dissipation par le sieur Koudjagbagba de 22.459.000 Fcfa. Selon les détails apportés par la partie civile représentée par l’Agent judiciaire du trésor Sévérine Lawson et consignés dans les différents rapports, l’intéressé a détourné 5.789.000 en 2005, 6.942.000 en 2006 et 9.728.000 dans la première moitié de 2007. Inculpé, l’accusé a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure, mais conteste le montant. A la barre ce lundi, il a affirmé avoir détourné 114.000 Fcfa. Il renchérit qu’ils sont à l’époque, 11 agents commis à la même tache et que chacun des agents a accès au registre. Il déclare qu’il est injuste de lui faire porter à lui seul la charge de ce montant. Dans son plaidoyer, le Ministère public représenté par Apollinaire Dassi, a affirmé qu’il n’y a aucun doute sur le fait que le sieur Koudjagbagba ait dissipé des fonds. Il a déclaré en revanche qu’au regard des documents en sa connaissance qu’aucun élément ne permet de retenir personnellement le détournement de ladite somme en sa charge. Il ajoute également que selon l’ordonnance 79-23 du 10 mai 1979 applicable en l’espèce, est qualifié de crime, tout détournement dont le montant est supérieur ou égal à 500.000 Fcfa. L’accusé a-t-il commis un crime puisque jusque-là le doute persiste toujours sur le montant réel des fonds dissipés. L’avocat de la défense Yaya Pognon enfonce le clou en affirmant que son client n’est pas nanti du montant dont on l’accuse. Avec un bref exposé de sa situation sociale, il a affirmé qu’il s’agit d’une vie volée en éclats qui aura de la peine à se reconstruire. Il a demandé à la Cour d’en tenir compte et d’alléger la peine de son client qui a déjà séjourné pendant 8 ans en prison. Ferme, la partie civile n’a pas bougé d’un pouce. Elle plaide pour le paiement d’une forte somme par l’accusé.

Le verdict

Au terme des plaidoyers, l’accusé Codjo Médard Koudjagbagba est condamné à 5 ans de travaux forcés. Ayant déjà fait 8 ans, il recouvre sa liberté. Les débats ouverts au civil n’ont pas permis de clarifier avec exactitude le montant détourné par l’accusé. La Cour a renvoyé les parties à une session ultérieure. L’audience est composée de Saturnin Avogon (Président), Apolinaire Dassi ( Ministère public), Damienne Lima Dossou et Georges Tomatou (Assesseurs) et Sévérine Lawson (Partie Civile). L’Avocat de la défense est Maitre Yaya Pognon

Hospice Alladayè