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Concours-frauduleux
Les protestations des admis au concours frauduleux n’ont pas émoussé la détermination du gouvernement à entamer les poursuites judiciaires

Les personnes accusées de fraudes massives ou de complicité dans le déroulement des concours frauduleux au profit du ministère de l’Économie et des finances devraient répondre de leur crime devant les tribunaux. La justice saisie du dossier est à pied d’œuvre pour que les intéressés se mettent à sa disposition dès la semaine prochaine.

Les mis en cause dans le cadre des récents concours frauduleux organisés au profit du ministère de l’Économie et des finances, puis annulés, seront bientôt écoutés par la justice. Selon les informations, ils recevront les convocations d’ici la semaine prochaine. Saisie par le gouvernement à la suite des conclusions de l’enquête diligentée pour élucider le dossier, la justice est prête à jouer sa partition à travers le jugement des personnes épinglées par la Commission d’enquête. Ainsi, la promesse du gouvernement de juger les crimes commis dans le cadre de l’organisation de ces concours se concrétisera au grand bonheur des organisations syndicales et des structures des droits de l’homme qui avaient dénoncé  et condamné à l’unanimité les organisateurs avant d’appeler à l’annulation des épreuves et souhaité que les responsables soient poursuivis. La procédure enclenchée ira jusqu’au jugement pour garantir un procès équitable et juste aux accusés. En tout cas, l’idée d’entamer des poursuites pénales contre eux fait son chemin et du côté de la Justice, on s’affaire à donner réponse à la demande du Gouvernement. De hauts fonctionnaires et des agents de l’État  se retrouveront sur le banc des accusés et répondront de leurs forfaits. Si la procédure évolue normalement, il y a lieu de saluer les acteurs de la justice qui, sans doute, ont décidé de se tenir à l’écart de la lenteur des procédures ou même des actions en justice qui tombent souvent dans un trou. Contrairement à beaucoup d’affaires restées sans suite, parce que le gouvernement d’alors en a décidé ainsi, ce dossier sera un test grandeur nature pour le président de la République Patrice Talon et son Garde des Sceaux, Joseph Djogbénou qui avaient  battu campagne sur des thèmes évoquant la lutte contre la corruption et l’impunité. Si la procédure aboutit, on ne doutera pas de leur volonté de lutter contre ces fléaux. On peut parier qu’après les commissions d’enquêtes, la justice prendra effectivement le relais.  Dans le cadre de ces concours sulfureux, cette justice est vivement attendue. Car, à l’issue de la publication de la liste des personnes soupçonnées, des voix se sont élevées pour condamner le fait et clamer la présomption d’innocence. Bientôt, les mis en cause qui clament, depuis un moment, l’acharnement auront l’opportunité de s’exprimer devant le juge. Qui est coupable et qui ne l’est pas ? Les prochains jours permettront de l’élucider. Cependant, juger les menus fretins et ne pas se pencher sur le cas des ministres incriminés laisseront beaucoup de Béninois sur leur soif.

 AT