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ADRIEN-AMOUSSOU-TALON
Bruno Amoussou et Adrien Houngbédji ont intérêt à adopter Talon

L’année 2016 sera un tournant décisif dans l’histoire politique du Bénin. La classe politique,  à travers l’élection présidentielle, aura à condamner la gestion Fcbe, l’arrêter ou la poursuivre. Mais, au regard de leurs dernières batailles, les forces politiques de l’opposition devraient, logique politique oblige, porter leur choix sur le candidat Patrice Talon pour opérer la nécessaire rupture.

Il serait  un peu illusoire, à l’étape actuelle de la situation sociopolitique, de dire  vers qui se penchera la balance de l’Union fait la Nation (Un)  pour la présidentielle de 2016. Contrairement à ce que les uns et les autres supputent, la lenteur du processus de désignation du candidat de la coalition, et sa complexité, sont un signe assez évident du sérieux que les ténors de l’Un mettent à l’œuvre pour  parfaire les choses. Choisir  entre,  ou préférer  Eric Houndété à Emmanuel Golou, apparemment, n’est pas un acte de nature à consolider les bases de l’alliance. En auditionnant d’autres candidats de l’échiquier politique ces derniers jours, l’alliance dirigée par Bruno Amoussou, a fait le choix de sa survie, et rentre,  par la même occasion, dans une certaine modernité. De même,   du côté du parti de Me Adrien Houngbédji, le Prd, les réseaux sociaux bruissent de folles rumeurs chaque jour que le bon Dieu fait, et tentent de justifier l’impossible. Mais, visiblement cela n’émeut pas, ou peu,  la direction du parti. Malgré les invectives et provocations, les jeunes « loups » comme Augustin Ahouanvoebla, Raphael Akotègnon, et le Maire de la ville de Porto-Novo, Emmanuel Zossou, font, malgré tout, bloc derrière leur leader charismatique. On comprend bien pourquoi l’attente est aussi longue de ce côté. Pour avoir plusieurs fois répété à qui veut l’entendre, que le Prd fera partie du gouvernement d’après Yayi, on peut s’attendre à ce que le parti des « Ainonvi » ne mise finalement que sur le cheval gagnant. Cela ne sera pas un exercice très aisé. D’autant plus que le contexte de fin de mandat débridée, où les forces politiques en présence sont disloquées par les pressions du « mercato politique » s’y prête mal. D’ailleurs, le profond silence qu’observe un « vétéran » comme Séfou Fagbohoun, malgré  les incessantes visites à lui rendues par les candidats, est illustratif à plus d’un titre, des complications auxquelles les esprits sont en proie. Cependant, pour avoir été ensemble par un passé récent, l’Un, le Prd et leurs satellites se doivent de transformer l’essai. Parce que l’enjeu de l’élection de février prochain est clair et net : ne pas donner un blanc-seing au pouvoir Yayi, ni offrir l’opportunité d’un troisième mandat aux Fcbe.
« Lionel Zinsou sera victime à coup sûr du syndrome de l’oiseau rare »
Pour avoir dénoncé la gestion anti-développement du régime, et pour avoir subi de plein-fouet le k.o de 2011, les forces politiques de l’opposition devraient s’inscrire dans une dynamique de rupture. Car, dans tous les cas de figures, porter au pouvoir en avril prochain le candidat soutenu par le Chef de l’Etat sortant,  serait une manière de « rouler » pour lui. Le candidat Fcbe connu, le jeu politique devrait se clarifier. Ce n’est pas, observe-t-on  dans plusieurs officines, la « personne » du Premier ministre qui est aujourd’hui en cause. Même si, objectent les analystes, en fin de parcours, Lionel Zinsou sera victime,  à coup sûr,  du syndrome de l’oiseau rare.  Au-delà de ces critiques, on ne voit pas comment le Prd, l’Un, et dans une certaine mesure la Rb, qui ensemble et avec hargne, ont  combattu le projet de révision de la Constitution, peuvent complètement faire table rase du passé.  Certes, on ne peut jurer de rien en politique. Mais, il serait  dur, mais alors osé, pour l’une des alliances  de l’opposition  actuelle d’aller justifier, devant les électeurs, les scandales non soldés, les concours à polémiques, la posture du chef de l’Etat envers les hommes d’affaires, le peu de cas fait des décisions de justice, et  l’incapacité du régime à trouver les solutions idoines aux difficultés des Béninois. Car, malgré bientôt dix années de Refondation,  s’offrir trois repas par jour, avoir accès à l’eau potable, à l’électricité, ou à un emploi décent, sont toujours pour nombre de Béninois une épreuve.
Une nécessaire rupture
Or, au nombre des présidentiables, celui qui répond et dont le combat s’est, ces derniers mois et années, le plus confondu à celui de l’opposition, est sans conteste Patrice Talon. L’ex-magnat du coton a été de tous les coups, évitant de justesse que l’héritage de la Conférence nationale ne soit purement foulé aux pieds. Aussi, les propositions du candidat, sa volonté de réformer en profondeur un modèle politique suranné, sont-elles des signes d’une certaine démarcation. A l’entendre, on ne peut d’ailleurs nier que l’opérateur économique, par son diagnostic, détient les clés pour agir autrement et opérer la rupture. Ses accointances de longues dates avec la classe politique, font aussi  de lui le centre des attentions. Il ne reste donc qu’à fédérer les énergies autour du projet de société du candidat.
Wilfrid Noubadan