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justiceLe  procès relatif au dossier « crime d’incendie, de vol à mains armées et de coups et blessures volontaires commis à Sèmèrè » a pris fin jeudi dernier à la cour d’assises de Parakou. Alassane et Sabikou Kpimbi ont été condamnés à 2 ans d’emprisonnement assortis de sursis et les 12 autres accusés à 5 ans dont 3 ans assortis de sursis.
Les débats à la cour d’assises ont mis en confrontation les 14 accusés et les témoins. Ces derniers ont tous affirmé avoir vu ces inculpés prendre part activement à l’incendie. Elle a ensuite procédé à l’écoute d’une dizaine de victimes qui se sont constituées partie civile. Certaines d’entre elles ont réclamé le dédommagement de leurs biens incendiés ou pillés et d’autres ont souhaité des excuses publiques de la part des accusés en vue d’une véritable réconciliation des filles et fils de Sèmèrè. Mais pour le ministère public, on ne peut parler de réconciliation sans parler de vérité et justice. Selon Emmanuel Opita, tous ces accusés étaient porteurs d’armes dont ils ont fait usage et c’est ce qui justifie les faits mis à leur charge. Il a requis 10 ans de travaux forcés contre chacun d’eux. Le collège des avocats de la défense s’est focalisé sur les faits et la question de la procédure judiciaire qui, selon eux, n’honore pas la justice béninoise. Ils ont déploré le fait que le procureur de Natitingou n’ait pas jugé bon de poursuivre 3 éléments du camp Wallis qui ont fait usage de leurs armes alors que la justice est une institution qui garantit les droits et devoirs de chacun. Pour eux, il n’y a pas d’imputabilité collective en droit pénal et il faut écarter l’infraction de coups et blessures pour absence d’éléments d’appréciation. Tous ont plaidé pour la relaxation de leurs clients. Au subsidiaire, ils ont demandé à la cour l’acquittement au bénéfice du doute. La cour, dans son verdict, a déclaré les accusés coupables des faits mis à leur charge. Elle a condamné Alassane et Sabikou Kpimbi à 2 ans d’emprisonnement assortis de sursis. Quant aux 12 autres accusés, ils ont écopé 5 ans dont 3 ans assortis de sursis. Pour le dédommagement des victimes, la cour a décidé de reporter ce volet du dossier à une session ordinaire ultérieure afin de permettre l’établissement d’un rapport d’expertise pouvant valoir justification.
 Hervé M. Yotto
(Br Borgou-Alibori)