Spread the love

justiceUn choc émotionnel et l’on aperçoit des larmes visibles sur les regards. Le père de  l’accusé était inconsolable. La réquisition  du Ministère public a mis au tapis les proches parents de l’accusée. « Travaux forcés  à perpétuité ». La victime, sous le choc, a failli s’écrouler pendant la plaidoirie de l’avocat de la défense Me Arthur Balle. Assez d’émotions, mais pourquoi Ruth Genèse Konkoen, âgée de 22 ans, était à la barre vendredi 10 août 2018? En fait,  Ruth a jeté son enfant dans une fosse sceptique dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 mai 2018. Pour les faits, l’accusée est la compagne d’un jeune-homme qui n’a jamais eu la notion de la responsabilité. Après avoir eu deux enfants dont il se soucie à peine de la survie, il s’est arrangé pour enceinter une fois encore la jeune fille. Pendant que le fœtus se développait, le jeune homme n’a eu autre idée que de conseiller l’accusée d’avorter. Ce qu’elle n’a pas accepté. Pendant les 9 mois, Ruth qui avait déjà à charge les deux enfants n’a pas vu les traces de ce dernier. En dépit de la défaillance des précautions pour un accouchement réussi, Ruth a finalement accouché seule dans sa chambre au milieu de la nuit. À la barre elle a affirmé qu’elle a entendu le cri de l’enfant mais que juste après, elle s’est assoupie et a dormi pendant deux heures. Au réveil, elle a déclaré que  l’enfant  était  déjà décédé. « Je ne connaissais personne dans la maison. Que vais-je faire? J’ai alors mis dans la bouche de l’enfant un morceau de tissu et je l’ai jeté  discrètement dans la fosse », a-t-elle laissé entendre. Au réveil, ses colocataires qui n’ont plus aperçu la grossesse ont commencé par l’interroger. L’enfant a été finalement retiré de la fosse et Ruth a été interpellée. Au cours de sa réquisition, le Ministère public représenté par l’avocat général, Emmanuel Opita, a cité l’article 302 du code pénal qui punit de la peine de travaux forcés à perpétuité le crime d’infanticide. Le conseil de l’accusé, Arthur Balle, s’exclame. « Que recherche vraiment la justice ? Sacrifier l’accusée ou l’éduquer? Pourquoi condamner une fille de 22 ans à la peine de travaux forcés à perpétuité? Pourquoi sacrifier une vie alors même qu’une autre est déjà sacrifiée. Pourtant c’est son enfant qu’elle a tué. Ce n’est pas votre enfant », a-t-il laissé entendre. Il a demandé à la Cour de tenir compte, dans son délibéré, des dispositions de la loi portant code de l’enfant qui fixe la peine maximale à 20 ans. La Cour a sans doute écouté son appel. Le Président de céans, Hubert Arsène Dadjo, a condamné Ruth Genèse Konkoen à la peine de 5 ans de travaux forcés. La salle d’audience se relâche, l’accusée pousse un grand soupir tel une délivrance.

Hospice Alladayè