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La gestion des marchés de Parakou ne relève plus du ressort de la Sgmp

Depuis hier jeudi 15 décembre 2016, les activités de la Société générale de gestion des marchés de Parakou ont été suspendues dans la cité des Kobourou. La mairie de Parakou a placé sous scellé, en présence d’un huissier, les locaux de cette société qui détient un contrat d’affermage avec l’administration communale.

C’est par une conférence de presse intervenue en fin de journée d’hier jeudi que le cabinet du maire Charles Toko a donné les motifs qui sous-tendent cette décision de suspension du contrat d’affermage avec la Sgmp. Du Directeur de cabinet, Idrissou Boucari au Conseiller technique juridique Aminou Mama Ibrahim en passant par le Chargé de mission Gildas Aïzannou, on retient que ce contrat d’affermage des marchés a été suspendu pour non-respect des clauses. Ils ont fait savoir que c’est le maire Charles Toko qui est allé signifier à la Sgmp, en présence d’huissier, cette décision de suspension du contrat d’affermage. Dans leur exposé, ces cadres de la mairie de Parakou ont laissé entendre qu’à situation exceptionnelle, des mesures exceptionnelles s’imposent. Pour eux, la mairie a décidé de reprendre en main la gestion des marchés de Parakou initialement confiée à la Sgmp à travers un contrat d’affermage. Non seulement les clauses ne sont pas du tout respectées, mais aussi la situation financière et patrimoniale ainsi que la gestion laissent à désirer. Depuis 15 ans environs, la Sgmp reverse seulement 735 000 FCfa par mois à la mairie pendant que des scandales financiers sont monnaie courante. Le dernier cas de mauvaise gestion a conduit le caissier de la Sgmp en prison pour un détournement de plus de 16 millions de FCfa.  Les conférenciers font remarquer que quatre moments forts sont à retenir dans la crise qui a caractérisé la gestion des marchés de Parakou. Selon eux, le premier a eu lieu en 2003 quand le maire de Parakou, Rachidi Gbadamassi, a tenté, sans succès, de mettre fin à la gestion de la Sgmp qui était décriée par la population. Le deuxième moment fort est intervenu en 2011 lorsque, face à l’échec de la mairie de Parakou, les usagers, à travers le syndicat des revendeurs et revendeuses des marchés, ont protesté contre la mauvaise gestion du marché central. Le troisième moment fort relevé en 2013 est le mouvement des actionnaires de la Sgmp qui exigeaient la tenue sans condition d’une Assemblée générale pour interroger l’équipe dirigeante sur sa gestion sans partage des dividendes. Enfin, le quatrième, ont-ils fait savoir, est celui en cours,  déclenché sous la houlette du maire Charles Toko. Ce dernier, selon eux, après avoir étudié de fond en comble ce dossier et mesuré la saignée financière que cela représente pour la ville de Parakou, a pris la responsabilité de suspendre le contrat avec la Sgmp. L’autorité municipale a le soutien du Syndicat des revendeurs et revendeuses des marchés de Parakou qui, d’ailleurs, lui a adressé une correspondance de dénonciation du pillage des ressources de la Sgmp et de sa gestion calamiteuse.

Prince Ouindé (Coll)