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Lionel Zinsou en difficulté

(Le Matinal avait raison)
Il passe un sale temps actuellement. Le candidat malheureux à la présidentielle de mars 2016 perd le sommeil avec cette affaire qui lui « pourrit » définitivement la vie. Le patron d’Ebomaf déploie l’artillerie lourde pour entrer en possession des milliards de FCfa qu’il lui a prêté depuis mars 2016.
L’information publiée par votre journal que certains ont pris pour une farce a été confirmée avec force détail par un article de « La Lettre du Continent ». Ce journal a,dans sa livraison, exposé les contours d’un arrangement savamment fignolé par deux grands hommes, mais qui a explosé à la face du monde du fait de la mauvaise foi d’un partenaire. De quoi s’agit-il en réalité ? En fait, Lionel Zinsou a contracté auprès du Sieur Mahamadou Bonkoungou, président-fondateur du groupe burkinabè Ebomaf, une dette colossale évaluée à 15 milliards de FCfa (22 millions Euros) durant la campagne présidentielle de mars 2016. Selon les informations, cette somme prêtée en plusieurs tranches, entre janvier et mars 2016, a fait l’objet de sept reconnaissances de dettes manuscrites de l’ex-conseiller de Laurent Fabius. Ces lettres ont été reconnues le 16 mars 2016 devant Seydou Balama, notaire à Ouagadougou. Tous ces emprunts ont été effectués alors que le banquier était, le même mois, à quelques jours du second tour de la présidentielle dans son pays. Il a finalement perdu ce scrutin face à son concurrent Patrice Talon. Alors que l’échéance avait été fixée, quinze jours plus tard, au 31 mars, le temps pour Lionel Zinsou de procéder à une importante vente d’actions, aucun remboursement n’est intervenu à la date prévue. Mahamadou Bonkoungou a perdu patience et a enclenché sans tarder la procédure judiciaire. Son avocat Me Patrice Mouchon (cabinet Davies et Mouchon) a mis en branle la procédure à travers plusieurs saisies conservatoires. Celles-ci concernent un bien immobilier situé en Normandie, dans l’ouest de la France ainsi qu’un appartement à Paris. Du coup, le banquier bon teintapâli. Tout ce feuilleton a rafraichi la mémoire et a permis de situer le contexte de la grande générosité du gouvernement Yayi envers cette entreprise dans le temps. A l’époque, courant février 2016, des contrats avaient été passés entre elle et le gouvernement pour la réalisation de certains chantiers routiers. La célérité avec laquelle les contrats avaient été passés dans la période était d’ailleurs apparue suspecte aux yeux des observateurs avertis, mais aussi du gouvernement de la Rupture dès son installation. Il les avait d’ailleurs à juste titre, fait suspendre pour renégocier et redimensionner les axes autant que la texture des travaux pour en relever la qualité.

Autant d’argent à quelle fin ?

Pourquoi donc Lionel Zinsou a-t-il contracté ses « prêts » colossaux en cette période électorale ? S’agissait-il effectivement de prêts ou d’arrangements pour obtenir une fortune de guerre afin de gérer au mieux les sollicitations liées à l’élection ? Lui-même affirme dans l’article avoir été « extrêmement sollicité ». Par qui ? Sollicitations dans quel sens ? On pencherait bien pour des arrangements quand on voit avec quelle célérité on a sorti autant d’argent pour l’homme, alors candidat, et quand on considère qu’il était absolument convaincu, ses mentors avec, que l’affaire était pliée et qu’il allait être élu. Là-dessus, s’il y a eu arrangements, à quelles conditions ? Qu’a-t-on pu promettre au patron de Ebomaf pour qu’il consente à sortir autant d’argent en une période aussi critique ? Dans la certitude que la victoire leur était acquise, les chantres de la continuité n’ont pas monté ces arrangements au détriment du peuple béninois. En effet, il peut paraître logique, en l’espèce, de spéculer sur le fait qu’il ait pus’agir soit de ristournes sur les marchés conclus (et dans ce cas on s’interrogera sur la fiabilité des prix alors pratiqués), soit de prêts à rembourser sur les marchés futurs si le débiteur avait été élu. En somme, le promoteur d’Ebomaf a dû recevoir des garanties. Lesquelles, dans ces conditions, n’auraient pas été à l’avantage du Bénin. De toutes les manières, on ne doit pas être dupe. En contextualisant bien les faits dans la période décrite, il y a de fortes chances qu’ils aient des liens étroits avec les élections. Cette publication lève sans doute un coin de voile sur comment la présidentielle de 2016 a été gérée, financièrement parlant, dans certaines écuries.

De sacrés deals sur le dos du peuple

Ces faits ramènent au goût du jour les nombreuses combines des chantres de la continuité  contre le peuple béninois. Ceux-là qui se présentent aujourd’hui en sauveurs avaient tout mis en œuvre pour piller les ressources du peuple pour revenir. Qu’a-fait Lionel Zinsou avec cet important argent ? Pourtant, le maximum des frais à engager pour la campagne est de 2,5 milliards de Fcfa. Qu’est-ce que Lionel Zinsou et compagnie faisaient avec 15 milliards au moins ? Leur foi à l’achat des électeurs était telle qu’ils avaient misé gros pour torpiller le peuple et revenir. Heureusement qu’il était éveillé et les avait sanctionné. C’est donc le vrai visage de la continuité qu’ils miroitaient. C’est cette obsession qui justifie les manœuvres de ce machin de parti politique. Voilà le vrai visage de l’attelage de la continuité. Avec ces clubs, rien n’aurait changé dans la façon de gouverner ce pays. On comprend maintenant pourquoi certains d’entre eux s’en prennent toujours à la gestion du Président Talon. Ceci se comprend aisément puisqu’il n’admet pas les arrangements grotesques sur le dos du peuple.

Abdourhamane Touré